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J'aurais pu, et j'ai mal dormi d'ailleurs. Les sarcasmes de Caroline
dans la tête, comme autant de punitions à un cynique de
pacotilles, que je n'arrive pas à être.
Pourquoi ne me dit-elle pas merci pour Cyril, de ce don que je leur
ai fait ? De ce film de leur vie que j'ai si bien mené, comme
un génie, ceux de Vasari, qui mourraient de leur création,
qui devenaient leur création
J'ai été Caroline,
quelques jours, ou heures, les jours sont aussi des heures, j'aurais
pu l'être des années, encore beaucoup plus d'heures. Ce
ne fut pas ainsi. C'est toujours l'autre qui profite de notre uvre.
Dans le grand lit, je pense aussi aux très gros seins d'Isabelle.
Regrette de n'avoir pas vu leurs aréoles, leurs tétons.
Leur blancheur, leur texture, leur douceur. Je bande, et j'ai envie
de me branler. Longtemps, mais j'ai pas envie d'éjaculer, juste
me toucher, me caresser, entre ses seins. L'air est frais, l'excitation
née de nos messages entame ma conviction, et c'est un jet puissant
qui s'étale sur tout mon torse, moi qui m'imaginais éjaculer
là où sa médaille navigue. Comme un con, avec mon
petit kleenex, je suis mal barré. Je me lève discrétos,
la bite en avant, mate que personne ne me voit par les fenêtres
et pars pieds nus aux toilettes, merci PQ.
Je me recouche, les rires moqueurs de Caroline, se mêlant aux
douceurs laitières d'Isabelle. Je repense surtout aux propos
du mail de Xavier, je sens que je dérive. Que comme Sophie me
le faisait remarquer, mon obsession de la bite, née depuis quelques
mois, l'emporte sur mes digressions farfelues d'avant. Je repense à
mes manuscrits, " Héloïse ", " SM ",
oui, Xavier, je dois me mettre à l'uvre, à mon uvre,
je suis aussi venu chez mon père pour faire le travail de préparation
avant la réécriture d'Héloïse. " SM "
sera complètement réécrit. Xavier, oui, je reprends
la route, le chemin, la bonne voie. Je ne dois plus dériver ainsi,
bondir en moi aux premiers mots cruels, bondir en moi aux premiers mots
doux. Une chose est sûre, ma quête continue, mais je ne
serai plus un lâche.
Il est 7h52, le soleil flambe. Dernier jour à 5, demain, nous
serons plus que trois. Je rayonne.
Pas longtemps, je bouillonne, à la vue des nombreux messages
de Caroline de la nuit dernière. Elle revient sur ce journal,
sur tout ça
M'envoie le sien (qu'elle vient de finir),
que je ne peux ouvrir (pas power point sur mon portable)
Je réponds,
je n'arrive pas à ne pas m'en foutre. Je l'ai aimée cette
petite. Aucune fuite nulle part ne peut m'enlever ce souvenir. J'essaie
de clore notre relation, sur une juste vision des choses. Que cherche-t-elle
? Je ne la comprends pas. Je ne pourrai lire ce " journal ".
Si tout est là, il me faudra du temps, les passages du début,
me feront mal, ceux de notre rencontre, me feront mal, ceux avec Cyril,
me feront mal. Je ne suis pas SM.
ARRETE
!
ARRETE !
Putain,
que tu es sotte, là, m'écrire cette nuit, encore un mail
à 3h47... j'échangerais tout, tout, pour vivre ce que
tu vis, aimé et être aimé...
Bordel, toi, tu perds du temps à m'écrire, alors que tu
m'as effacé de ta vie en aimant mon ami, après moi !
Je ne lirai pas ton journal que tu m'envoies, même une fois ouvert
sur mon Mac.
ARRETE
ARRETE
Se mettre
au boulot, prendre le soleil, se balader dans le jardin, ne pas entendre
les râles de mon grand-père, se baigner, finir un café
tiède, pisser, courir, gigoter, parler, ranger sa tasse vide,
préparer des affaires à laver, se raser la barbe, revoir
les seins d'Isabelle, se toucher, aider son père avec ses parpaings,
aller chercher du pain au village, écouter les oiseaux, faire
son lit, prendre une douche, se laver les dents, lire le journal, ouvrir
Héloïse
Pour ne plus penser à Caroline, à ses propos surtout,
sur tout
M'évader, m'enlever, m'élever, m'oublier,
m'enfuir, m'enfouir, m'abandonner, me quitter, me retrouver, m'enlacer,
me recroqueviller, me blinder, m'ouvrir, me sortir, me libérer
Je mets
du temps à m'éloigner des pensées, des mots, de
la voix de Caroline. L'envoi de son journal marque certainement la fin
(pour elle aussi) de notre connaissance. Je relis le premier chapitre
d'Héloïse, je suis là aussi pour ça : revue,
journal, roman. Je décide du présent, du présent
du passé, du présent du présent, du présent
du futur. Un choix de grammaire, moi, le mauvais grammairien. Je lis
sous un marronnier, puis écris sur la terrasse de derrière,
les râles de mon grand-père m'indisposaient, ils sont désormais
partis à l'hôpital. Ma grand-mère devant faire une
prise de sang, suite à son entorse au pied, fait le premier jour
de son séjour. Dans la salle de bain. Eh ben.
Un chapitre fait, je vais procéder de la sorte jusqu'au dernier.
Puis, nous verrons bien. Sur le Net, Isabelle me confirme ses nombreuses
caresses nocturnes autour de mes jolis mots, et photos, me dit aussi
que Xavier est furieux qu'elle me titille de la sorte, m'allume, non,
c'est moi qui pointe, pique, attendri, pénètre, cette
petite coquine chafouine dodue et goulue
Non ?
Un déjeuner le 8, avec Carole F., soyons sérieux, j'ai
adoré sa nouvelle lue hier. A L'atmosphère, 12h30, près
du Canal St Martin, en face d'Antoine et Lili
Succession, lecture, écriture, messages informatiques, réponses
informatiques, je tique, trique, bique, je suis rouge comme
Poisson, gland, écrevisse, tomate, pivoine, cerise, cul de babouin,
vagin, rose
L'orage
est passé, je barbotais dans la piscine
Belle matinée,
bien bossé, un chapitre d'Héloïse, des nouvelles
lues, des lettres écrites
Je tourne en moi, cela tourne
en moi. Entre une sorte d'obsession de la chair et l'envie, de me retrouver,
celui d'hier, de l'avant Caro
Les Mérovingiens ? Isabelle
m'écrit un mail étrange, aurait-elle été
effarouchée par ce réveil de la bite, par un esprit un
peu trop salace ? Elle viendra, ou pas. Sa chair, je veux me repaître.
Mais elle reste pour le moment de l'autre côté du miroir
Caroline m'envoie un message, mieux, moins agressif, j'aime mieux, sincère
Me demande de ne pas en parler. Cyril et elle quitteront ce journal,
car ils ont quitté ma vie
Elle me donne des conseils, pour
les prochaines
Je lui précise que ce sont mes erreurs qui
ont fait son bonheur. La fin d'une histoire ; ce n'était pas
un cauchemar, ce que j'ai écrit, parfois, étaient mes
cauchemars, car je suis un conteur, un raconteur de soi, mais ce n'était
pas un cauchemar. Je suis heureux que la fin soit ce message, tendre,
non ?
Tu me dis qu'il ne s'agissait pas de ton journal en pièce jointe,
quoi alors ?
Te laisse, Caroline, va à la plage, bordel !
(Tu nous reliras, en décembre prochain
et puis tout, au
printemps, je l'espère
).
Amélie tourne en moi, fabuleux destin
Comme le temps
passe
Nous déjeunons
de nouveau dans ce qui sera le salon, la grande salle, la salle à
manger, peu importe. Toujours tendu, m'accrochant au moindre bruit de
mâchoire, d'où vient cette rage ? Nous mangeons, le Grand-Père
parle encore et encore, dehors il flotte
Je le sentais. Je n'arrive
pas à m'enlever de la tête que j'ai une responsabilité
là-dedans. Que ce qui est en moi conditionne l'arrivée
des orages, ô rage, dirait le poète à froufrous
Moi, je m'en fous, et prends une grosse part de Cantal. Est-ce du Cantal
? Je dis ça mais j'y connais que dalle
Moi, en dehors du
Brie et de la vache qui rit
Ma grand-mère joue avec son
dentier, ou plutôt, un pruneau enrobé joue avec celui-ci
Je me casse. Têtu, je suis. Encore les méandres de l'Internet
Long message d'une force évidente, effrayante, un caractère,
une puissance qui vous pète au visage à chaque mot, à
chaque image, Claire F. Caro est encore là, je sais tout cela,
Caro, je sais aussi pour Emma. C'est d'autant plus triste. Je l'avais
aimé aussi cet " enfant ". Mort-née, born-née
Trop fier je suis, le resterai. Tu le sais. Je te l'écris.
J'écris trop, mais Isabelle est là, son désir aussi,
moi dans sa chair. C'est fait. Venin SM, venin à moi, vous serez
pardonnez, béni, ainsi sois-je
Ariel me fait part de la mise en ligne de son
papier sur Bordel, et je découvre qu'il s'agit plus d'un
papier sur moi (un lien vers ici, nous étions déjà
nombreux)
Bel article, cher Ariel, je repère quelques noms
massacrés, Brasillach, Cadaÿs, Beigbeder
Lui dis.
Le remercie de ce sympathique article.
Il pleut encore
Lis un truc sympa de François K. Je sors
des toilettes, la totale
Ne peux me retenir. Ça tend, tout
seul. Repense à cette phrase récente, l'un des derniers
messages, de Caroline, sur ma jolie b
Ma gueule dans le miroir. Par hasard et pas rasé
Cette journée in progress, est étrange
Les
choses éclatent, se reforment, se dissipent, se métamorphosent.
C'est le don du Créateur.
Je lis la nouvelle complète de Carole F, une merveille, le goût
de la phrase, de la langue, je lui écris enthousiaste, je pensais
à tel éditeur, à telle collection, je m'emballe,
si rare de lire un si belle prose, qui reste tranchante comme une herbe
haute.
Toujours en progression, la journée, prénoms féminins
sur ma boîte mail, Ingrid (qui m'invitait à son anniversaire),
Isabelle, Nadine (pour me faire suivre une lettre), Carole (pour le
déjeuner), Juliette (pour connaître ici), Claire (son message
me torpeur), et encore Caroline
Je lui aurais aussi donné
l'envie d'écrire, enfin susciter. Je pense qu'elle
Je pense que tout cela est étrange, comme quand Rhett se barre
Mais Cyril, rassure-toi, quitter SM, c'est un acte amoureux unique
On ne peut pas trouver mieux. Donc, rassure-toi, petit père.
Tu es un moi brut(e) sans mes névroses, mes obsessions, ma torture
Tu as les tiennes, mais tu vis simplement. Reste ainsi. Hein, elle t'aime.
Moi, tout cela, c'est dans une dimension qui n'est pas la mienne. Je
flirte avec
Sans être chrétien
Je sens qu'une
aura m'entoure, un super Sayan ?, une folie douce ?, un rayon Gamma
déréglé ?, je ne sais pas. Mais je la sens. Tout
le temps. Me réconfortant, me déstabilisant.
Du vent
Que souffle, peu m'importe, je sieste dans la chambre Blier. Les chênes
se déchaînent. Le vent emporte mes images, mes pulsions,
mes obsessions. Je m'endors presque. Il n'y a pas de moustiques, mais
une odeur désagréable de produit anti-insectes. On s'y
habitue.
Toujours la même valse en ce jour venteux, je lis dans un coin,
une nouvelle, me nourris, de cela, de ces proses multiples, puis, j'observe
ce qui se passe sur Internet. Xavier, l'ami d'Isabelle qui l'avait initiée
à ce journal, m'apprend que c'est en tapant " grosses loches
" dans google qu'il a atterri sur une page de ce journal
Enorme. Isabelle prend ici toute sa circonférence. Elle qui me
titille toujours avec son départ au sport, ses strips, son corps
enlacé au mien, mes reins tressaillent.
Torpeur, tremblement, les mots chavirent, je ne sais quoi écrire,
c'est rare
Claire F. Sa tendresse conquérante m'intimide, me fait douter,
m'impressionne. Je perds un instant ma joie répartie. M'accueille
sur son buste
Jeune fille, je suis, Régression,
me tannerait Thomas
Ce lundi-là.
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