C'était
la batterie de mon ordinateur qui était trop pleine d'énergie.
Je suis allé à Paris, bus de 12h10. Un petit tour à
la FNAC informatique, et hop, mon ordinateur est de retour. Mon ami,
mes textes, mes grandes colères de la semaine du gâchis.
De la semaine radicale de ma vie, j'ai 27 ans, te rappelles-tu Jimi,
Janis, Kurt, Jean-Michel
De tes promesses. De ce feu fol laid.
Te souviens-tu de toi Stéphane ? Benoît
Duteurtre a été omis de la couverture de Bordel
mal au ventre, cataclysme, même là, Caroline ne
s'oublie pas, ses réponses lentes de la veille, sa voix, son
souffle qui répandent le doute, et la certitude de " je
ne t'm pas ". Je ne peux aimer si on ne m'aime pas, c'est
bien également une de mes règles, à la con. Je
repense à ce grand flasque poisseux, qui m'obsède depuis
la nuit avec elle. Je suis
revenu avec un large sourire. Ma visite à Paris, mes épanchements,
" je suis triste d'amour " à Juliette, à Martine.
Se couler, pour remonter. Ma tactique. Je suis concentré, fort,
en moi. J'écris des mails dans le bus qui me ramène, il
est 15h15. Le bus est parti au moment même où je montais
en lui. Le bus, de la belle danseuse inconnue. J'écris
à Caroline, je lis les autres mails, des personnes qui veulent
des invitations. Des personnes que je ne connais pas, mais qui se disent
importantes pour la communication de Bordel. J'ai envie de leur
chier dessus, cloportes. Mais je suis trop vide. Et j'ai déjà
bien assez chié depuis ce matin. Je peux
enfin lire mes messages, et le poème aedificabo et destruam
de Caroline. " Les yeux qui blessent ". Je réponds,
me sens loin, très loin. Le matin, j'avais appelé Cyril
pour lui dire que j'avais parlé la nuit entière avec elle,
et encore ce matin. Qu'elle avait donc de lui en elle. Que moi je ne
le tolérais pas. Il m'a demandé son mail et son téléphone.
J'ai dit non. Il m'a dit qu'une fille l'avait appelé à
6h30, " peut-être Caro ". J'ai dit si c'est elle, elle
ne me l'a pas dit, et j'en serai triste guéri. J'ai dit aussi
que je ne serai plus le tampon. J'ai dit que je ne voulais pas le revoir
avant mercredi. Le poème m'enrage. M'éloigne et m'élève. C'est là que je dépose deux messages sur son répondeur, " je ne peux pas " et l'autre où je le lui lis. Là, je pars en vélo, me laver, de l'écume de rage. Je me sens plus puissant que tous les beaux gosses à l'infini + un La chair est faible, dit-elle. Elle me trouve laid, dit-elle. Pédaler
me donne de la légèreté et de la gaieté.
Gai comme une pédale ! Discussion téléphonique Trop long, et trop absurde à retranscrire dans ce journal. Une main me fait sursauter, Cyril. Caroline à l'autre bout du fil, je me retiens de lui dire " tu veux lui parler ", j'en aurais pleuré. Souffle, être et paraître, fort et puissant. Tel que je suis. Mon attente en atteste. Je parle avec Cyril. Je doute toujours. Ce n'est pas tout à fait disparu. Bordel. Je rappelle
Caro et nous parlons jusqu'à 01H23
1 2 3, on raccroche.
On perd tous les deux. Mon cerveau est fort. Fort en tête, têtu. Plaisirs de sa voix, plaisirs du message de Valérie qui me réconforte à propos de l'article du Magazine Littéraire, plaisirs du message de Benoît Duteurtre qui me rassure un peu. J'ai dit " je t'aime " ce soir. A 00h58. Je m'en souviens. Je me souviens aussi du poème Mon seul don est la mémoire, ne l'oublions pas
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