J'ai pris une douche froide, le chauffe-eau ? J'aime bien l'eau froide sur mes fouets de soleil, tel un bagnard, je me soulage… Par contre, je ne me suis pas lavé les cheveux, mais je me suis tondu ma légère barbe, reste que du piquant minime. Je m'apprête à aller à Agen, ville phare du coin, ville de mon pote Olivier, mon DC, mais bien plus encore, l'un des trois du site bordel. Et surtout un supporter tenace de la belle équipe ovalistique. " Olivier Ovalli "… lui siérait à merveille.
En " Ovalie ", agenaise, il n'y a que des troglodytes, petits hommes, trapus, ronds et souvent chauves. Ils dépassent à peine de la poignée des caddies. Les femmes, elles, sont souvent de même nature physiologique, costaude, rougeaude, mais plus souriante. Je ferais un malheur dans les night clubbing du coin, à condition de tomber sur de jeunes filles moins pataudes, plus élancées et blasées des quelques géants de la première ligne. Je me suis aperçu de ça en allant à Castorama avec mon père.
… Téléphone sonne… je n'ose décrocher, je ne suis pas chez moi. Momo répond, un journaliste de Sud Ouest, il passe demain pour un papier sur la revue. Ce qui plaira à mon ami Olivier, justement j'étais en plein délire sur lui. Dehors, une chape de nuages blancs abreuve nos sillons, mon père fait des tas de sable près de la piscine, avec une grosse pelle et une grosse brouette. Momo bricole dans son coin après une petite sieste. Le chat, enfant chéri de la maison, ronfle fort à côté, dans la pièce adjacente à l'endroit où j'écris, lis. J'ai lu Bonheur de Denis Robert. Jeux érotiques, définition de l'Amour, à lire, vous le conseille. Ce matin, à la librairie d'Agen, j'ai acheté des poches : Les enfants rouges (Guillaume Cherel), L'apiculteur et Le violon noir de Maxence Fermine, L'habit ne fait pas le moine (Philip Roth), En l'absence des hommes (Philippe Besson), Désagrégé (e) (Christophe Ono-Dit-Biot), enfin Le diable par la queue (Paul Auster) et Le diable au corps (Raymond Radiguet) me furent offerts…

En lisant Denis Robert, j'atténue, puis souffle braises brûlantes dans la culotte d'Isabelle, de ma saillie d'hier soir, laissée sans suite, la laissant sans réponse, pleine de moi, ses doigts ne comblant pas mon absence… Je m'endors paisiblement.
Envenimée, elle est, ses achats de lingeries ce matin, m'imprègnent d'elle. Mais je domine, marmoréen. Dur.

Ce midi, avant tout cela : lecture de Robert, torride tempête avec Isabelle, rectification intrinsèque avec Claire F., j'écris à Patrick Eudeline, Patrick Williams, Anna Rozen, Thomas Gunzig, Régis Sa Moreira pour Bordel2. Eudeline, ok, du tac o tac, Thomas, partant, un peu plus dans l'après-midi, je réjouis…
Au moment même où je reçois un message qui me glace, moi, le tisonnier de la chair d'Isabelle. Je, n'est plus un jeu. Excitation, soumission, domination, usurpation. Je décroche.
Me sens propulsé, sorti de ce commandement.
Douche froide… Douche froide aussi ce matin, je l'oubliais, parti dans mes troglodytes, mais revigorante avec Chloé D…
Extrait :

…je persiste à dire que Bordel c'est la Star Academy de la littérature. Les gagnant sortent un livre chez Flammarion, et comme d'hab la seule personne qui soit rigolote là dedans c'est Alexia La Roche Joubert.

Il y a des personnes que j'aime comme ça, comme dit Jérôme, naturellement, Chloé en est. Pourtant, elle se refuse toujours à… Bordel. Jeune fiancée, sirène de la stylistique, le plus trognon des circonflexes…

Isabelle, me renvoie l'image de l'irrésistible, l'irascible meneur de mots, de sens, de puissance que je peux être, je domine.
Claire me touche, me cale au sol, me calme, me tempère. Je suis à son écoute, à son attente. Nulle domination. Nulle soumission. C'est le romantique, qui baisse les yeux, pour la dévorer, dès qu'elle regardera ailleurs.
Annabel, regrette mes dérives branchouilles (lesquelles ?), ne reconnaît pas le doux et tendre moi de notre unique rencontre.
Je sais plus trop. Qui, que, quoi…

Sauvé par mon père, nous partons acheter du vin de table, de pays. Routes qui montent, routes qui descendent. De petits hommes ramassent des fruits à de petits arbres. Dans un champ, de petites chèvres. A la ferme de Dolmayrac, un gros chien, noir, haut, nous remontons nos vitres. Le chien doit être gentil, c'est un chien de ferme, non ? Un homme survient, allez-y, il n'y a rien à craindre. Nous sortons, l'air de celui qui n'est pas impressionné, peur d'un chien, moi, ha, ha, ha, t'es mignon toi, hein, tu sais… On vient pour du vin de table…
10 litres en carré plastique, deux bouteilles pour bibi, une pour boire avec Olivier à mon retour.

Jean-Pierre C. m'envoie spontanément un texte, je suis heureux spontanément, j'ai lu avec délice son dernier recueil de nouvelles. Mais suis un peu triste, d'un passage cynique sur … Son texte s'intitule Pornographie, Bordel serait-elle qu'une revue de cul ?
Je voyais surtout bordel, dans la frénésie de textes, d'histoires loufoques mal barrées…

Quant à Philippe, il attend de suivre mes tribulations féminines dès mon retour parisien.

Quant à Caroline (muette aujourd'hui), elle pense que de parler des filles qui m'écrivent ici, de façon crue, ça les fera partir.

Quant à moi, j'écoute encore et encore Vu de l'extérieur… Je lis des nouvelles reçues, toujours et encore, de mieux en mieux.
Quant à mon âme, oui, elle est tiraillée, bigarrée, désynchronisée, elle voudrait n'avoir jamais aimé.