J'achète à L'arbre à lettres de République deux livres : Univers, univers de Régis Jauffret et Défaut d'origine d'Oliver Rohe. Le libraire commence à me connaître. Bordel y est bien achalandée. Je lui demande son avis sur Rohe - que j'achète car elle m'a dit que c'était un grand livre, et que je veux voir à quoi ressemble un grand livre de Littérateur avec de la Littérature dedans - Il n'est pas très enthousiaste, trop dense, bien écrit soit, mais la fin bancale un peu. Avec Jauffret, pas de (mauvaises) surprises, on pénètre dans un cyclone lent de portraits. Une tempête en arrêt sur image, les humains tourbillonnent au cœur, à l'intérieur. On observe en ethnologue des matins gris.

Lucas " Lestat " Degryse m'accompagne. Un type que j'apprécie et que je voie rarement. Ses deux textes pour la revue sont d'une veine Jauffret, Houellebecq, irriguée de Degryse, philosophe et névropathe urbain. Je crois en ce type, à une terrasse, je l'appelle même " Georges Lucas ". Je vide ma Carlsberg. Je quitte sa candeur blafarde. De roux albinos. De penseur prostré. De génie plaisant.

A la librairie, le libraire avait vendu son exemplaire de Mammifères. Il avait plein de Nothomb et plein de Beigbeder. Je me demande si les classements tiennent compte des ventes ou des achalandages. Pour les stars du disque, les classements sont pipés par cette pratique, est-ce identique pour les scribestars de la rentrée littéraire ? Nous sommes le 2 septembre, sainte Ingrid. Dans le 20 minutes, une page entière sur Mérot ; ça compte, une bonne chose pour Flammarion. Sur Chronicart web, un joli chapeau et un lien vers le texte de Régis sur Cantat et Trintignant. Il l'ignorait. Le petit papillon de la soirée espagnole revient en plein jour et me propose des crêpes jeudi midi. Demain soir, je serai avec Jessica, Jérôme, Florian et peut-être Bénédicte. Boire de l'Evian, et la vie serait presque délicieuse.