Je pédale plein soleil, maillot jaune, les fleurs de chardon sont mauves et étincelantes… Je pédale et le soleil se couche, commence à décliner, sur un horizon où les lignes de son visage se momifient à l’éternité. Mon index dessine les traits clairs-obscurs d’une lumière lunaire… Un grand doigt pour l’humanité. Je devrais pleurer en tel événement ; mais ma faiblesse blindée m’y échappe. Je pédale pleine cuisse, et le bitume défile ainsi que ce week-end de l’amour, de l’amitié et d’un ami en larmes. De part mon impuissance à agir, à croire en Elle, je bascule dans cet état de bile, d’atrabile et de geysers lacrymales qui coulent dans mon ventre d’âme. Je pédale d’un trait jaillissant de doutes et de sourires blancs. Je devrais pleurer en tel événement ; mais ma triste joie m’y fuit. Je glisse sur ce visage, qui jadis d’il y a quelques secondes s’éclairait d’une lumière cathodique d’un visage bien plus beau que le mien. Je glisse sur ce tarmac d’un zeugma indéfini. Je pédale et les chocs de la route me reviennent en vertébrale colonne. Une à une s’entrechoquent et se déflagrent irréfragablement. Je file et débobine bien plus qu’un fil. Pelote que je confiais à l’aller à mon ami Pascal, qui craint de ma fouge emballée. Pelote de sentiments qui se joue sans griffes, sans miaulements. Je pédale plein soleil, maillot jaune, les fleurs de chardon sont mauves et étincelantes… d’une carcasse métal du fil de ma bobine…