Le temps est au grand soleil, la météo au retour de la pisse. Je dois en profiter. Je me fixe un but, ça aide à pédaler, aller acheter ma carte Orange. Je dois désormais prendre une 7 zones, avec le maudit appareil où passer le coupon. Je dois être équipé pour le lendemain, il serait dommage de se retrouver à l'arrêt, avec Anne Cécile à bord.

Mais… paisible… Tranquille… Je prends mon temps. Un léger café chez mémé, pépé est en Ancien Combattant dans une salle des fêtes du coin. Il est midi, tranquille… Répondre aux mails et voilà, un tour aux chiottes, la carte bleue en poche, 6 euros pour si je veux terrasser dans un bled. Me voilà parti. Je tourne dans le village, la providence pouvant m'emmener un partenaire de tennis, rien. Je fends le vert et le jaune de la campagne, le soleil à la place du mort. Je fonds sur le tarmac. Je décolle. Je regarde au loin les petits bosquets verdoyants, bientôt ce sera des forêts où je chantonnerai de vieux tubes français en l'honneur de toutes celles que j'aurais aimé baisées. Elles sont nombreuses. Une derrière chaque arbre. Pas de voitures sur la route de Pézarches, non plus en direction d'Hautefeuilles. Je passe devant la mare de Pézarches, sourires, souvenirs, une carpe respire. Je prends le chemin aux riverains, à fond. Sur le vieux bitume blanchi. Je souris, gaiement, je dois chanter quelque chose de français, siffloter un air de Récré A2. Je ne quitte jamais mon passé, tout serait passé ? Je n'arrive pas à palper le présent, déjà cette après-midi n'est qu'un voyage dans le passé, mes chemins choisis, les personnes rencontrées en témoignent. Le passé est devant moi, dans cette longue route de calcaire bordée d'arbres abattus, replantés, empilés. Je fends le vent chaud de ce jour d'été. A un grand carrefour, où l'amoncellement de bois de la dernière fois a disparu, je choisis la voie du VTT, un court chemin en pleine forêt. Dans la terre boueuse, les filets d'eau, les fossés bourbeux et les ronces à éviter. Je force, c'est bon. Je sens mon corps pousser, agir, progresser, mon cœur bat fort, je ne dois pas mollir, sinon c'est le pied dans la boue, pas de soleil sous ce paravent de feuilles, je suis rouge de vie, je saute les branches, branchages, racines saillantes. Je pousse loin, une demi-heure dans les fourrées. J'atterris pas si loin que ça, et je reprends le sprint dans la clairière pour déboucher à la sortie désirée. Faremoutiers est si près, désormais. Je force encore, mes jambes déroulent mécaniquement, seul mon ventre gras rebondi, le reste est parfaitement huilé. La route est sinueuse, je passe devant le camp des gitans, des " nomades ", des autres quoi. Petits chiens, poubelles et vieilles carcasses. Tout près des maisons fleuries de géraniums pullulants. Je ne prends pas la petite sente qui me rapprocherait du centre, et tourne à droite, à la vue d'un petit cul de meuf. Je pédale encore et toujours avec ma bite. Combien de fois ai-je pensé avec durant ces quelques bornes. Bon, le cul est vide dépassé. Je reprends le chemin de la pédale. N'y voyez rien de l'ordre de l'inconscient. Je chie sur l'inconscient, n'y voyez rien d'une résurgence freudienne du pipi caca. Je n'ai jamais connu ce Monsieur. Il doit être 13h, la ville est calme. J'aperçois la voiture de Cyril, est-il là, est-il chez ses parents, a-t-il pris sa moto ? Je sonne, j'insiste, je souffle. Mais j'ai envie de sentir se fendre l'air sur ma crinière réduite, mais plus vivace. Je repars vers la gare, pour tout de même y acheter ma carte, bordel. Evidemment, la machine est cassée. Tout est cassé autour de la gare, abris, palissades, horaires. Enervant. Je suis en jambe, je poursuis vers Pommeuse, longue descente, après une légère côte. Je me laisse descendre, puis un long faux plat jusqu'à Mouroux où bosse peut-être Cyril. Il est tôt, et le magasin est fermé. Je continue. Coulommiers. La gare principale, le terminus de la ligne directe. Le guichet est disponible, mais il ouvre à 14h40. Il est quelle heure. 14h à peine. Tout ce chemin en une heure et demie. J'ai des jambes, j'aurais pu être un bon cycliste. Je pédale, pense, pédale, et tout roule comme un syllogisme. J'en profite pour gambader en ville, je passe devant la brocante, ne m'y arrête pas, je vais aller boire un Perrier chez Mouilleron, boulangerie-terrasse où j'ai passé des heures à voir passer. Le service est d'une lenteur affligeante. Je me plonge dans les mésaventures d'un jeune pigiste de musique classique dans Tout doit disparaître de Benoît sorti en poche récemment. Je lis bien vingt pages avant de pouvoir dire " bonjour, un Perrier s'il vous plaît…merci " (sourire)
Je suis en paix. Lecture. Tranquille. Un rocker bruyant et des amis à lui s'assoient près de moi, presque collés à moi. Le type était passé avec sa guitare en étui, il m'intimidait avec toute sa coolitude. Bah non. Un gros con prétentieux qui, comble de son ridicule, s'extasie en jouant avec une pauvre voiture électrique, certainement achetée à un sans-langue pakistanais. Il déblatère une tonne de poncifs irritants. Il parle en graves en injuriant les footballers de " tarlouzes " et avouant préférer regarder quinze types durs comme du granit jouant au rugby. Sa voie de connard me porte sur ma bonne humeur. Pourquoi ne pas lui casser la gueule. Pourquoi on ne casse pas la gueule à ce genre de connards.
Ils partent enfin. Mon ventre borborygme. Je commande poliment quelque chose. Un croque-monsieur. Trente pages après, le minot mal emberlificoté m'apporte un misérable truc accompagné d'une montagne rouge de tomates. C'en est trop, je déteste les tomates, et l'ensemble des fruits de couleur " coco ". Je lui dis, " désolé, je déteste les tomates, j'imagine qu'il n'y a plus de salade, mais je préfère n'avoir rien que Cela ". Le croque est infâme, avec ce goût acide de tomates nullement assaisonnées.
Colère intérieure, génocide boulanger… Pénible.

De cet arrêt, vu Lionel et un ami à lui, passant, aimables avec toutes, Paula, une prof de Cormiers, le petit prof dépressif à l'accent de Toulouse qui repart enfin dans sa région, et deux grosses venues du café d'en face admirer mon charme pédophile. [Je dois avouer qu'une fois en train d'en chier dans l'immense côté de Mouroux à St Augustin, j'ai fantasmé sur une partie de baise à trois dans leur caisse, car les deux coquines étaient majeures, de jeux mammaires, car les deux petites salopes avaient de grosses loches.]

Je repars en passant au préalable à la gare, quand même. Une vieille carne me fait perdre dix minutes à ne pas comprendre qu'elle ne pourra aller à Dijon à la Pentecôte. Mais une jeune épouse et mère, mari et bébé dans la voiture, patiente derrière moi, me regarde avec sourire, celui de la complaisance et de la connivence. Cela me titille la bite, je pense à sa bouche lorsque je commande ma carte ; je ne bafouille pas, je la contrôle bien ma petite bite.

Je repars, vite, fougueux, bandant. Ma bite se frotte à la selle. Je choisis les trottoirs pour éviter les feux. Je bifurque vers des routes moins chargées, et m'arrête près du Morin, pour lire, je pousse dans un chemin de terre, pour poser pied à un passage torrentiel. La départementale est en face, mais le son de l'eau annihile le bruit automobile. Nature est victorieuse. Je lis vingt pages et reprends mon deux roues. Je tourne trop, je prends les chemins les plus longs, repasse devant la Jardinerie, ouverte mais sans Cyril. Je me piège dans une longue remontée vers la gare, alors que j'étais au milieu de cette longue côte. Je chie, je chie, je chie, finis honteusement à pied, le vent est terrible, terrible vent. C'est le bruit surtout. Le bruit résonnant dans les tympans, fatigant, oppressant… et la certitude de devoir rouler 25 bornes avec lui. Je marche péniblement, le vent est puissant. De face, le salopard. Je remonte, blasphème tantôt, tantôt prie, Eole me chie dessus. J'avance sous insultes, ce sont des " putains " qui me font avancer. La rage quoi, les gens dans leurs jardins doivent me prendre pour un fou.
Le retour est un vrai calvaire, détruisant toute la joie emmagasinée. Je croise tout de même mes deux voisines dans la grande descente purgatoire. Je discute un peu, elles semblent gênées, l'une cache quelque chose. Un gode. Une petite culotte retirée…

Je repose pied au " Paradis ", je meurs au Paradis, lieu-dit à trois bornes de chez moi. Je parle tout seul, me gausse de la situation, je suis au Paradis et je ne sens plus mes forces. Une femme sort sa poubelle, me regarde pérorer comme un vieux célibataire, elle me salue et m'encourage d'un " il fait chaud, le soleil claque ". " C'est le vent le plus terrible, le vent est un enfer " lui dis-je dans un souffle instable. Je reprends la selle, et je croise Christian, l'ex chef des pompiers, l'honneur est sauf. J'étais droit sur mon vélo.

Je sprinte le reste du trajet avec une sono de Technival dans les oreilles, le vent est un son avant tout.
J'arrive, pestant, gueulant, gouaillant, hurlant mon " va te faire foutre enculé de vent ", le doigt malicieux et vengeur en l'air !

Boulimie… d'un instant. Affalé. Télé. Mémé. Epicier.

Une tablette de chocolat au lait Milka, un litre d'Evian, puis, un peu rassasié, je me bouge chez Mahfoud, un paquet de chips au barbecue, un sachet de noix de cajou, douze petites bouteilles de coca qui piquent et une bouteille de Coca à mettre au frais.
Je me goinfre, à la téloche…

Match hallucinant, une intensité à faire crier les pires insanités hispanophobes.

Hommage à …
…Anquetil, Bojinovic, Burdet, Dinart, Facila, Gherbi, Golic, Guigou, Imhoff, Junillon, Kabengele, Karabatic, Krantz, Martini, Omeyer, Puigsegur, Rognon, Rozelet, Scaccianoce, Sioud, Stefanovic... et Canayer et Marcy….

Ivre de la victoire de Montpellier, je pars me " décrasser " et profiter du temps, demain, il sera pluvieux. D'une journée.
Je cours, je passe chez les Lemaire, vois Fred, le préviens pour la soirée bordel, enchaîne un tour de parc, double un Epagneul et trottine le soleil dans la face, ce soleil qui me manque tant.

Rebondissant devant l'église, j'entends des sonneries de téléphone, myope mais nullement sourd, c'est bien chez moi, certainement Rodolphe. Le 3131 me donnera raison. Il passera donc voir le match, PSG contre Monaco. Je commande les pizzas. Tout est ouvert chez moi. Se goinfrer, voir Paris gagner et le soleil mourir.


Le temps est au grand soleil, la météo au retour de la pisse. Je dois en profiter. Je me fixe un but, ça aide à pédaler, aller acheter ma carte Orange. Je dois désormais prendre une 7 zones, avec le maudit appareil où passer le coupon. Je dois être équipé pour le lendemain, il serait dommage de se retrouver à l'arrêt, avec Anne Cécile à bord.

Mais… paisible… Tranquille… Je prends mon temps. Un léger café chez mémé, pépé est en Ancien Combattant dans une salle des fêtes du coin. Il est midi, tranquille… Répondre aux mails et voilà, un tour aux chiottes, la carte bleue en poche, 6 euros pour si je veux terrasser dans un bled. Me voilà parti. Je tourne dans le village, la providence pouvant m'emmener un partenaire de tennis, rien. Je fends le vert et le jaune de la campagne, le soleil à la place du mort. Je fonds sur le tarmac. Je décolle. Je regarde au loin les petits bosquets verdoyants, bientôt ce sera des forêts où je chantonnerai de vieux tubes français en l'honneur de toutes celles que j'aurais aimé baisées. Elles sont nombreuses. Une derrière chaque arbre. Pas de voitures sur la route de Pézarches, non plus en direction d'Hautefeuilles. Je passe devant la mare de Pézarches, sourires, souvenirs, une carpe respire. Je prends le chemin aux riverains, à fond. Sur le vieux bitume blanchi. Je souris, gaiement, je dois chanter quelque chose de français, siffloter un air de Récré A2. Je ne quitte jamais mon passé, tout serait passé ? Je n'arrive pas à palper le présent, déjà cette après-midi n'est qu'un voyage dans le passé, mes chemins choisis, les personnes rencontrées en témoignent. Le passé est devant moi, dans cette longue route de calcaire bordée d'arbres abattus, replantés, empilés. Je fends le vent chaud de ce jour d'été. A un grand carrefour, où l'amoncellement de bois de la dernière fois a disparu, je choisis la voie du VTT, un court chemin en pleine forêt. Dans la terre boueuse, les filets d'eau, les fossés bourbeux et les ronces à éviter. Je force, c'est bon. Je sens mon corps pousser, agir, progresser, mon cœur bat fort, je ne dois pas mollir, sinon c'est le pied dans la boue, pas de soleil sous ce paravent de feuilles, je suis rouge de vie, je saute les branches, branchages, racines saillantes. Je pousse loin, une demi-heure dans les fourrées. J'atterris pas si loin que ça, et je reprends le sprint dans la clairière pour déboucher à la sortie désirée. Faremoutiers est si près, désormais. Je force encore, mes jambes déroulent mécaniquement, seul mon ventre gras rebondi, le reste est parfaitement huilé. La route est sinueuse, je passe devant le camp des gitans, des " nomades ", des autres quoi. Petits chiens, poubelles et vieilles carcasses. Tout près des maisons fleuries de géraniums pullulants. Je ne prends pas la petite sente qui me rapprocherait du centre, et tourne à droite, à la vue d'un petit cul de meuf. Je pédale encore et toujours avec ma bite. Combien de fois ai-je pensé avec durant ces quelques bornes. Bon, le cul est vide dépassé. Je reprends le chemin de la pédale. N'y voyez rien de l'ordre de l'inconscient. Je chie sur l'inconscient, n'y voyez rien d'une résurgence freudienne du pipi caca. Je n'ai jamais connu ce Monsieur. Il doit être 13h, la ville est calme. J'aperçois la voiture de Cyril, est-il là, est-il chez ses parents, a-t-il pris sa moto ? Je sonne, j'insiste, je souffle. Mais j'ai envie de sentir se fendre l'air sur ma crinière réduite, mais plus vivace. Je repars vers la gare, pour tout de même y acheter ma carte, bordel. Evidemment, la machine est cassée. Tout est cassé autour de la gare, abris, palissades, horaires. Enervant. Je suis en jambe, je poursuis vers Pommeuse, longue descente, après une légère côte. Je me laisse descendre, puis un long faux plat jusqu'à Mouroux où bosse peut-être Cyril. Il est tôt, et le magasin est fermé. Je continue. Coulommiers. La gare principale, le terminus de la ligne directe. Le guichet est disponible, mais il ouvre à 14h40. Il est quelle heure. 14h à peine. Tout ce chemin en une heure et demie. J'ai des jambes, j'aurais pu être un bon cycliste. Je pédale, pense, pédale, et tout roule comme un syllogisme. J'en profite pour gambader en ville, je passe devant la brocante, ne m'y arrête pas, je vais aller boire un Perrier chez Mouilleron, boulangerie-terrasse où j'ai passé des heures à voir passer. Le service est d'une lenteur affligeante. Je me plonge dans les mésaventures d'un jeune pigiste de musique classique dans Tout doit disparaître de Benoît sorti en poche récemment. Je lis bien vingt pages avant de pouvoir dire " bonjour, un Perrier s'il vous plaît…merci " (sourire)
Je suis en paix. Lecture. Tranquille. Un rocker bruyant et des amis à lui s'assoient près de moi, presque collés à moi. Le type était passé avec sa guitare en étui, il m'intimidait avec toute sa coolitude. Bah non. Un gros con prétentieux qui, comble de son ridicule, s'extasie en jouant avec une pauvre voiture électrique, certainement achetée à un sans-langue pakistanais. Il déblatère une tonne de poncifs irritants. Il parle en graves en injuriant les footballers de " tarlouzes " et avouant préférer regarder quinze types durs comme du granit jouant au rugby. Sa voie de connard me porte sur ma bonne humeur. Pourquoi ne pas lui casser la gueule. Pourquoi on ne casse pas la gueule à ce genre de connards.
Ils partent enfin. Mon ventre borborygme. Je commande poliment quelque chose. Un croque-monsieur. Trente pages après, le minot mal emberlificoté m'apporte un misérable truc accompagné d'une montagne rouge de tomates. C'en est trop, je déteste les tomates, et l'ensemble des fruits de couleur " coco ". Je lui dis, " désolé, je déteste les tomates, j'imagine qu'il n'y a plus de salade, mais je préfère n'avoir rien que Cela ". Le croque est infâme, avec ce goût acide de tomates nullement assaisonnées.
Colère intérieure, génocide boulanger… Pénible.

De cet arrêt, vu Lionel et un ami à lui, passant, aimables avec toutes, Paula, une prof de Cormiers, le petit prof dépressif à l'accent de Toulouse qui repart enfin dans sa région, et deux grosses venues du café d'en face admirer mon charme pédophile. [Je dois avouer qu'une fois en train d'en chier dans l'immense côté de Mouroux à St Augustin, j'ai fantasmé sur une partie de baise à trois dans leur caisse, car les deux coquines étaient majeures, de jeux mammaires, car les deux petites salopes avaient de grosses loches.]

Je repars en passant au préalable à la gare, quand même. Une vieille carne me fait perdre dix minutes à ne pas comprendre qu'elle ne pourra aller à Dijon à la Pentecôte. Mais une jeune épouse et mère, mari et bébé dans la voiture, patiente derrière moi, me regarde avec sourire, celui de la complaisance et de la connivence. Cela me titille la bite, je pense à sa bouche lorsque je commande ma carte ; je ne bafouille pas, je la contrôle bien ma petite bite.

Je repars, vite, fougueux, bandant. Ma bite se frotte à la selle. Je choisis les trottoirs pour éviter les feux. Je bifurque vers des routes moins chargées, et m'arrête près du Morin, pour lire, je pousse dans un chemin de terre, pour poser pied à un passage torrentiel. La départementale est en face, mais le son de l'eau annihile le bruit automobile. Nature est victorieuse. Je lis vingt pages et reprends mon deux roues. Je tourne trop, je prends les chemins les plus longs, repasse devant la Jardinerie, ouverte mais sans Cyril. Je me piège dans une longue remontée vers la gare, alors que j'étais au milieu de cette longue côte. Je chie, je chie, je chie, finis honteusement à pied, le vent est terrible, terrible vent. C'est le bruit surtout. Le bruit résonnant dans les tympans, fatigant, oppressant… et la certitude de devoir rouler 25 bornes avec lui. Je marche péniblement, le vent est puissant. De face, le salopard. Je remonte, blasphème tantôt, tantôt prie, Eole me chie dessus. J'avance sous insultes, ce sont des " putains " qui me font avancer. La rage quoi, les gens dans leurs jardins doivent me prendre pour un fou.
Le retour est un vrai calvaire, détruisant toute la joie emmagasinée. Je croise tout de même mes deux voisines dans la grande descente purgatoire. Je discute un peu, elles semblent gênées, l'une cache quelque chose. Un gode. Une petite culotte retirée…

Je repose pied au " Paradis ", je meurs au Paradis, lieu-dit à trois bornes de chez moi. Je parle tout seul, me gausse de la situation, je suis au Paradis et je ne sens plus mes forces. Une femme sort sa poubelle, me regarde pérorer comme un vieux célibataire, elle me salue et m'encourage d'un " il fait chaud, le soleil claque ". " C'est le vent le plus terrible, le vent est un enfer " lui dis-je dans un souffle instable. Je reprends la selle, et je croise Christian, l'ex chef des pompiers, l'honneur est sauf. J'étais droit sur mon vélo.

Je sprinte le reste du trajet avec une sono de Technival dans les oreilles, le vent est un son avant tout.
J'arrive, pestant, gueulant, gouaillant, hurlant mon " va te faire foutre enculé de vent ", le doigt malicieux et vengeur en l'air !

Boulimie… d'un instant. Affalé. Télé. Mémé. Epicier.

Une tablette de chocolat au lait Milka, un litre d'Evian, puis, un peu rassasié, je me bouge chez Mahfoud, un paquet de chips au barbecue, un sachet de noix de cajou, douze petites bouteilles de coca qui piquent et une bouteille de Coca à mettre au frais.
Je me goinfre, à la téloche…

Match hallucinant, une intensité à faire crier les pires insanités hispanophobes.

Hommage à …
…Anquetil, Bojinovic, Burdet, Dinart, Facila, Gherbi, Golic, Guigou, Imhoff, Junillon, Kabengele, Karabatic, Krantz, Martini, Omeyer, Puigsegur, Rognon, Rozelet, Scaccianoce, Sioud, Stefanovic... et Canayer et Marcy….

Ivre de la victoire de Montpellier, je pars me " décrasser " et profiter du temps, demain, il sera pluvieux. D'une journée.
Je cours, je passe chez les Lemaire, vois Fred, le préviens pour la soirée bordel, enchaîne un tour de parc, double un Epagneul et trottine le soleil dans la face, ce soleil qui me manque tant.

Rebondissant devant l'église, j'entends des sonneries de téléphone, myope mais nullement sourd, c'est bien chez moi, certainement Rodolphe. Le 3131 me donnera raison. Il passera donc voir le match, PSG contre Monaco. Je commande les pizzas. Tout est ouvert chez moi. Se goinfrer, voir Paris gagner et le soleil mourir.