Dans de " beaux draps ", le soleil me love une dernière minute encore. Tissus blancs posés sur le fauteuil, je n'y trouve aucune odeur. Je les savoure d'un regard edelweiss. Deux touches de piano tapotent en synchronie, je me lève, chabada. " J'en chie " sur une cuvette branque, cassée à droite par Caroline, à gauche par Régis. Les gens qui m'aiment me cassent les chiottes !
Mes larmes séchées, je me lève d'un programme caniculaire ; les petites chiennes emménagogues ; quel genre de mâle suis-je. Un mâle rêveur. Un mâle peureux. Un mâle à chie, prophète d'une vie de spectateur. Désir oculaire, plaisir oculaire, étreinte oculaire, œil posé sur ce doigt. Jadis embagousé, puis plus, encore désormais. Qu'il le soit, si je passe les nuits de nos trente prochaines années à la contempler noctiluque.
Larmes séchées, Shakespeare in Love... Des années sans avoir zappé sur TF1. Mes dimanches " Equipe du dimanche ", mes Dimanches " Friends "… Que fais-je sur un réseau hertzien. Elle se marie… Seul dans sa turne, c'est l'empreinte qui reste, toujours… La trace, le souvenir, la réminiscence… " Ne disparais pas "… phrase sotte, elle n'est plus sur le rebord de la cheminée, mais elle est diaprée dans ma mémoire, ma seule force.

Madone de Munch, Cri de Munch, Cendres de Munch… Je découvre que Munch souffrait de paranoïa, d'anxiétés, et l'une des pires, de jalousie. Dualité de la vision de la femme, attirance et peur, érotisme et mort ne font qu'un. Apparition séraphique et idéal inaccessible. Je lis cela sur divers sites, reçois un mail de Régis qui me glace, me sue, me tétanise… Il y a des phrases pétrifiantes comme une chevelure de Gorgone. Je reste muet, tel que je le décidais, pour cette journée, concernant ce cri en moi. Régis rejoint cette zone de silence, d'absence. Frédéric G. m'envoie un texte… Régis m'envoie un mail, il connaît l'animal, l'animal traqué dans son silence. Je le persiste. Je lis cette phrase troublante juste après la lecture des mots de Régis (Tu es un homme de mots), " Je fais peut-être un excès de paranoïa, si je pouvais parler à Madone je lui dirais. "
J'ai le musée d'Oslo dans le bide. Lentement, doucement, délabrement, os après os, une créature se métamorphose. Je n'ai toujours pas reçu de mails d'Audrey. Je suis muet. Il y a des cataclysmes qui nulle échelle mesure.

Mes silences comme des zones de sueurs.

Des claquettes de François de Roubaix, Chapi Chapo, mutisme d'un cœur et exubérance d'une gestuelle conviviale. Audrey, portrait sur G4. On blague, on s'échange un Tampax (notre " Graal " depuis quelques jours, que l'on cache à tour de rôle), cette fois-ci collé à la veste légère de Franck par Christophe. Avec Franck, on fait gober tout et n'importe quoi sur une collègue à ce dernier. On me charrie sur Audrey, via le portrait. On charrie les autres potes du " bocal des cerveaux ".

Mon mutisme absurde est bruyant comme une colonie en gare.

Pourquoi ce jour ressemble-t-il à un long geint intérieur ?
Alors que c'est de bonheur et d'exultation qu'il s'expire de mon râle.
Dans le train, Nicolas C. me dit " ne reste pas " muet " "… Je chantonne chez Mafhoud, un sachet de pistaches et une bière fraîche Asahi. J'appelle et tombe sur Fatou. Doux échange, je n'ai pas chuté. La chaleur me plaque au cuir, un léger drap nous sépare. Je somnole, imagine qu'elle me rappellera. La nuit est tombée, la chaleur n'a pas chuté. J'appelle et tombe sur le répondeur. Bonne nuit.