On a dormi à poil. On se tripote au réveil. " On est impersonnel. Et tout va bien ", c'est son aphorisme préféré… Elle me dit que c'est rare qu'elle se réveille aussi bien " Monsieur ". Elle me caresse, je touche son sexe, béance boréale découverte dans sa chambre vendredi dernier. On ne se pénètre pas. Mais on joue avec nos corps, nos peaux, nos yeux, nos bouches…

On passe notre temps [On, c'est elle et moi.] à se toucher. A jouer. On se découvre. Je la découvre. Dans nos bras, je lui dis je t'aime. Elle passe du silence ou du " j'aime sm " à un doux " je t'aime Stéphane ".

Mais je suis certain que Cyril est encore dans sa peau, et ma peur de toucher les femmes a permis cette imprégnation. Et cela l'arrange bien, car Cyril est un beau gosse avec une grosse bite.

La mienne n'est pas comme je la voyais, m'a-t-elle apprise lorsqu'elle me la caressait dans son lit, " mais elle n'est pas petite ".
Mais bon, ma bite ne fait pas le poids avec celle aux yeux bleus et à la " bouche musclée " de Cyril.

Je le sais, et cela me pollue, me rend méchant, bête, gaspilleur…

Pour le moment, nous sommes enlacés. On regarde Seul contre tous … Noé sera le fossoyeur de notre Amour. Mais pour le moment, nous nous enlaçons.
Elle me parle de son " Ingrid Borel ", Joël, né en Inde, elle ne rêve que de ça, l'Inde. Je me gausse de ce prénom minable. " Tu sais, je crois que tu es piégé, que tu le veuilles ou non, tu as du sm dans la tête, partout, tu es amoureuse, tu pourras fuir, fumer, boire, baiser avec des types, mais sm est là désormais "…

Cela fait peur, je le concède.

Elle est heureuse, c'est encore Noël, elle prie. Elle cuisine. Petits légumes, choses simples de la vie, prendre soin de son corps, brocoli, pâtes… on reparle de son crevard de pote Fab, me dit qu'elle ne veut plus de lui dans son court. Je l'enlace dans la cuisine. J'aime sentir ce petit corps, voir son sourire, vivre ses yeux.

Elle ne boit pas, ne fume pas, dans mes bras.

Mais je ne la baise pas.

Rupture du bonheur : Fab l'appelle là, au moment où on allait manger. Elle est mitigée avec lui, lui rappelle sa saoulerie de la veille, mais lui sort un tendre " ma petite loutre " (elle venait de m'apprendre qu'elle avait été déçue par son comportement, il ne sera plus son amant). Ici, mon cerveau se vrille. Je ne supporte pas sa lâcheté, son hypocrisie. La punie monstrueusement, je la laisse manger toute seule le repas qu'elle m'avait fait par Amour. Elle aime cuisiner pour moi. Cuisinera-t-elle pour Cyril ?

Je suis odieux de la laisser manger seule. Rien ne m'excuse. Elle me propose une balade. J'ai le ventre en vrac, entre la colère et la honte. Attends un peu… elle prend un livre, Premier Amour (offert et dédicacé par Valérie) et part. Je lui conseille d'aller au guet brebis, à droite, au bout, à droite encore…

Je suis mal sur le canapé. Je fus un connard. Je l'aime tant, bordel, que m'arrive-t-il ! Je résiste depuis dix ans et plus encore. Je suis un Chevalier. Je l'aime. Je reste tétanisé de cette torpeur.

Laurent le pêcheur téléphone, et me sauve de ma léthargie. Je l'interromps quand sa présence me devient vitale. Je quitte impoliment mon ami. J'enfourche mon bike, elle n'est pas là-bas. Je reviens et l'appelle. Je la retrouve assise lisant au Lureau. Je l'aime, bordel !

Nous discutons, elle aime les champs qui lui rappellent son Nord familial. Elle me parle des 13 épis, un pour chaque mois et le treizième pour le bonheur.
Nous rentrons.

Nous regardons Desproges pour apaiser la tension que ma peur avait créé. Elle veut que l'on baise. Se frotte, et se frotte à moi. Je ne veux pas ce soir, et pourtant, je l'aime cette petite. Je la serre tout contre moi, seule contre moi. Je sens son désir. J'ai besoin d'attendre. C'est fort pour moi, le symbole que cela représenterait. Ma quête…

Je la porte, lui tire par la main, vers 3 heures, nous sommes à poil dans le lit. Nous dormons. Nos corps se caressant.

Nous nous aimons.

Je le ressens.

Et son épiderme, son goût pour les beaux gosses ?

Je la désire de façon insoutenable. Son sourire, ses yeux me le rendent. Ma quête…

Je ne suis plus moche, je n'ai plus une petite bite. Je suis un Chevalier enfin amoureux !

Je m'en fous qu'elle ait eu de multiples amants, et même ce minable cabotin de Fab, qu'elle pense parfois à la bouche de Cyril, elle me le dit toujours pour me titiller…

Je sais aussi qu'elle a fait l'amour avec son ami Mél' en pensant à moi, et qu'elle lui a dit. Qu'elle est la fille avec qui j'ai envie de donner, et d'écrire. Mon envie d'écrire est brouillée par sa présence, par ma découverte charnelle, mais ensuite, ce sera Monte-Carlo de Paris !