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Comme quoi le vent souffle toujours dans le bon sens, de celui qui l'écoute,
l'entend
Après ma page d'écriture, tel un sage élève,
un seul homme, je reçois cette caresse de mon souffle
Un peu
de soi émergé.
Quelque part émergé.
Plus ou moins émergé.
D'abord l'esprit seul.
Un peu de l'esprit seul.
Puis pis émergé le corps aussi.
Un peu du corps aussi. Lorsqu'à la fin les yeux non conviés
s'ouvrent.
A ce blanc terne... terni par le souffle. Souffle sans fin. Souffle
finissant sans fin. Douce vision redoutée.
Beckett
Caroline
n'a pas répondu à mes messages alertes, inquiets, d'incompréhension.
Je ne l'ai pas oubliée, comme je le voulais, comme elle ne le
voulait pas. Je lui partage mes joies quotidiennes, mes mouvements de
ventre, mes épanchements de tête, puis, je la garde informée
de mes projets, des participations pour la prochaine revue. Depuis bien
longtemps, bien avant que ces deux personnages lui servent de motivation
pour me laisser en suspens pour le choix de la simplicité. Alors
que je ne me trouve pas compliqué, seulement que lorsqu'une fille
vous aime des mois, votre âme, puis ensuite encore, une fois de
visu, on est un peu enragé lorsque l'on comprend (ressent) qu'elle
se tirera avec votre meilleur ami, votre fidèle Sancho. C'est
vrai aussi que je verrais une joie sublimée désormais
par mon histoire avec elle si les " deux " acceptaient de
contribuer à la revue. Ce n'est pas chose faite, donc silence.
C'est vrai aussi que je ne publierai pas son texte, je sais, j'ai besoin
de temps. J'ai tout de même renoué de franches et sincères
relations avec elle, n'en tient-elle pas compte ? Là, elle comprend
qu'elle ne sera pas de la revue, elle me jette un " à jamais
Monsieur C. "
Connard
Connerie. Je ne comprends pas,
lui ai demandée de m'expliquer. C'est vrai qu'hier, ou avant,
j'ai reçu un mail de Luc B., je lui avais écrit il y a
des mois, voire l'année dernière à l'année
dernière, bien avant que je bosse même, en 2001-2002, quand
j'étais paria, quand je cherchais un échappatoire, j'avais
pensé à lui, car j'avais écrit un petit texte sur
lui, parce qu'il avait été interne dans le lycée
où je fus élève, pion, même prof. Ce n'est
pas une vengeance. Je ne comprends pas. Je la voulais savoir heureuse.
C'est vrai que pour les " deux ", s'ils acceptaient, cela
amplifierait un peu mon propre texte, dans son intrinsèque colère,
amour, mais en rien cela doit être pris pour une vengeance. Je
ne veux pas croire qu'elle continuait notre relation QUE pour son texte.
Si oui, je ne suis pas un Connard, mais un pauvre Con.
Première fois, je n'avais jamais versé, n'avais jamais
mouillé mon cur, jamais pleuré. Fier, sûr,
colère, rage, certitude d'être plus haut que cela, mais
là, je pleure, mais ce n'est pas son message d'hier. Qu'est-ce
? Fusion de l'instant
Est-ce
La mélodie triste de François de Roubaix, la tristesse
infinie d'Annabel, qui me fait part de sa perdition, de sa propre souffrance
existentielle amoureuse, la description de Caroline qu'Isabelle me demande
(elle était petite, trapue, fine, musclée... petits
seins, grosse chatte toute poilue, petit cul de mec, jambes arquées,
euh, un joli sourire, son regard... pis, elle m'aimait, ai-je cru...),
de ce souvenir de quai de gare ressurgi de son sourire, de sa voix,
rauque, intelligente, j'aimais tant sa force, for intérieur ;
sur le quai, elle toute petite, mal fichue, ses yeux, inquiets, car
elle savait qu'en elle, elle n'était plus l'amourachée
transie de sm, son sourire, tout de même, ma légère
bise près de sa bouche, parce qu'il y avait Corinne, parce que
je sentais aussi la dérive. Je n'ai pas un grand nez pour rien.
Je pleure, et je ne dois pas, mon père là, à faire
son ciment, ne dois pas, et cette mélodie, en sous-sol, s'il
vous plaît. Pourtant je lis une nouvelle, encore, d'un jeune type
prétentieux d'écriture, qui voit dans le trash une conquête
d'existence. C'est drôle, certes, je suis bon public. Mon nez
coule. Et pas de messages pour m'émerger. Rien. Personne.
Il est 10h35. Le soleil tape sur la terrasse, courir, vite, vite
Que le monde me sauve, ou me donne le souffle de ne plus pleurer.
Au lieu de courir. Je prends pioche, et je pioche. Je prends pelle,
et je pelle. Je prends brouette, et je brouette. J'aide un peu mon père
dans le remblaiement autour de la piscine. Je fais de mon mieux, mais
la tâche est harassante. Le petit chat est là, il s'éveille,
doux, serein, impatient, il s'étire, détendu, il pense
à quoi, je souffle sur ses reins, me renifle. Petit chat, qui
dès ce matin, malgré sa pataude tenue est capable de flamboyance
sautillante, nous accompagne en cette fin de matinée, avant de
s'évaporer, à la conquête de midinettes à
félin fringant.
Midi net, je suis dans la piscine, J2M (mon père, Jean-Michel)
gère le barbeuque, les brochettes et tout le toutim. Je pèle
au soleil, comme une patate.
Je pèle, je pelle, je pédale
Il fait grand bleu
aujourd'hui, pas de nouvelles de Caroline ; je ne veux pas croire à
ce cynisme. Encore tampon aurais-je été ? Je dis stop
Nett ! Je n'irais pas plus loin sur ce chemin de la turpitude. Turlututu.
Je pars prendre quelques clichés, des paysages verts, de vaches
blanches, un lit rouge. Mon nombril, cela ne m'étonne pas que
je sois seul, il est immense mon nombril ; mais il est ouvert les autres,
où ? ... Quelques brouettes de terre, avec mon père, une
grosse pierre à déblayer, à déplacer, je
tire, il pousse, elle suit. La piscine et ses jouets plastiques nous
appelle. On lâche pelle et pèle, et on se bac. Jolie récompense.
Tout mouillé d'une douche préalable. Jeux aquatiques.
Lunettes, baleine, apnée, plongeons, splashs
J'ai lu
aujourd'hui L'habit ne fait pas le moine de Philip Roth, là,
je m'apprête à commencer En l'absence des hommes
de Philippe Besson.
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