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Une madeleine explose dans le RER, la bombe du passé, du bahut,
des rancoeurs, des souvenirs, des années
Je suis, j'étais, je suis, j'étais, je ne sais pas à
quoi sert cette grammaire, passé et présent ne veulent
rien dire, je suis, j'étais, je suis et serai, j'étais
avec Cédric, le brancardier, et Laurent, le petit blond. Une
main se porte fortement sur moi. Un visage connu, un prénom qui
ne revient tout de suite, un nom qui vous explose au visage : Lessiourd.
CHRISTOPHE Lessiourd, pote du bahut, celui qui faisait des mauvais plans,
mais un chic type, grande gueule, baiseur invétéré,
qui venait baiser dans mon appartement, lui qui vivait avec une harpie
binoclarde et hispanique, Isabelle, je me souviens de sa mine toujours
figée dans une grimace réprobatrice.
Là, il est avec une jolie asiatique, normal, on est à
Serris. Cédric me dira après qu'elle a une forte et haute
poitrine, étonnant pour une " chinoise ". Je n'étais
dans cet angle là. Il me rappelle aussitôt
- qu'il a toujours mon Propos sur le pouvoir d'Alain (je m'en souviens
; je ne supporte pas qu'on ne me rende pas mes livre (eh où qu'il
est mon " Clinquart " !)
- qu'il avait évité d'aller à l'armée en
Allemagne grâce à mes conseils ; je lui avais filé
les coordonnées d'Alain Peyrefitte (j'étais alors au RPR).
- qu'il bosse dans les assurances après son expérience
à Sant & co, boîte où je connaissais tous les
employés, là où Dédé, mon bon Dédé,
bossait
C'est dingue,
l'effet positif que j'eus sur ce type alors qu'il reste dans ma mémoire
celui qui ne me rendait pas mes livres, qui voulait toujours tout m'emprunter
(télé, consoles
), qui m'effaçait mes K7 (Wayne
World devenu un Feu de l'amour), qui baisait de belles salopes chez
moi en prétextant que c'était chez lui, qui jouait au
tennis avec le vent avec lui
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