Laisse-moi me réveiller tranquillement aujourd'hui !

Voici la première phrase de Caroline, aujourd'hui, ce matin, ce jour + 1.

Caroline fut la première femme de ma vie, et me quitta le jour même.

Elle m'en veut de ma rage d'hier, de mes insultes, " pute ", " connasse "… Je devenais fou, ici, chez moi, caprice ?
Elle, elle rigolait quand je suppliai Cyril de me ramener, après que je sois revenu penaud de ma tentative de fuite. De course en pleine nuit, à huit bornes de chez moi. Ce n'est pas la distance à faire qui me plia les jambes. Mais l'éloignement d'elle. Les mètres parcourus loin d'elle me saignaient le ventre. Le ventre saccagé. J'étais reparti vers elle, à toute allure. Ils discutaient paisiblement. La journée n'était en rien spéciale pour elle. Un jeu. Du Fun. Un calcul ?
Je pète un plomb, j'hurle, je prie Cyril qu'il me ramène chez moi. Elle rigole, son visage aime cette situation. Ne m'a-t-elle pas encore redit tout à l'heure dans le canapé, quelques instants après la fellation des gogues, qu'elle roulerait bien des pelles à Cyril ?
Elle rigole, et je comprends que je fus un pion dans un jeu, de la séduction, de la trahison. Quand l'idéal tombe… amoureux, dans la boue. Tombe. Alors qu'il regardait dans les cieux jusqu'alors. Elle prend ses affaires et est prête à me suivre. Mais elle sourit. Pourquoi m'avoir manipulé ? Pourquoi me traîner ? Me traiter ainsi ?

Je suis chez moi, seul, j'essaie de me calmer. Je mets Dumb & Dumber, mais je ne suis plus plié de rire, mais en deux, de douleurs, de ce sentiment que l'on vous a volé, violé, quelque chose de beau. Alors que dès le début, elle me disait, me répétait qu'elle désirait Cyril. Qu'il était dans sa peau. " Toucher une peau pour sauver la mienne ", mon idéal, celle-ci me ment, se ment, nous ment, non la peau, mais la fille. Caroline est perdue entre Cyril et Cyril. D'ailleurs, lors de notre balade de fin d'après-midi, elle m'appelle deux fois " Cyril ". Elle a réussi ce qu'elle voulait, sans vraiment se l'avouer. Je l'ai su tout de suite. Lors de notre nuit du triolisme, et de la fin de notre amour. Notre amour est un mensonge monstrueux, bête hideuse du dégoût physique que je fais naître en elle.

J'étais donc seul chez moi, fou, rage, le ventre lacéré, découpé, déchiqueté, débecqueté, humilié, détruit…
Je suis détruit. La fatalité de l'échec. Le mensonge du désir de Caroline. Elle a tout de même eu le mérite d'embrasser, avec des yeux amoureux (je suis certain) un homme qu'elle trouve laid, repoussant. Je lui fais remarquer ce courage lors de notre balade dans la forêt.

J'avais fini par appeler. Je voulais, avais intrinsèquement besoin, bileusement nécessité de savoir. Qu'elle vienne chercher ses affaires. Qu'elle me dise, " mets les dans l'escalier ". Mais bordel, je ne veux plus souffrir, ne plus regarder dans la rue, par-delà la fenêtre. Je les harcèle au téléphone. Ils se marrent, et me mentent. Le mensonge est un crime contre l'Humanité amoureuse. Je suis l'imbécile, qui s'éprend d'une femme qui a le courage et l'honnêteté de te dire que tu es laid.
Je suis un misérable au téléphone, profane des menaces, insulte Cyril, n'en peux plus. Je suis devenu un monstre. Enragé de ce jeu auquel je me suis laissé piégé. J'ai péché par orgueil, je pensais que l'on pouvait m'aimer. Et que cela annihilait chez elle le désir, au moins, de baiser avec mes (meilleurs) amis.
Je fus un nigaud. Qui a mis sa bite dans la chatte, joliment grasse comme chez Courbet, après tant et tant de quête. Dans une chatte d'une fille qui dormait, " je n'ai rien senti, je dormais ". " Dormais " alors qu'elle était sur moi, à bouger, à avoir un " pseudo orgasme ", comme elle dit. A me mordre le cou, à briller des yeux, moi qui ne l'ai pas quitté des yeux justement. Je pensais à ses mots… " tu ne me plais pas spontanément ", " j'ai envie d'emballer Cyril ", et les mo(r)ts lâchés insidieusement " Fabrice ne sera plus mon amant… "…
Et je voulais la voir, la femme que j'aime. Les yeux que j'aime, et qui ont tant de dégoût pour moi.

Ils arrivent enfin, la voiture stoppe. Longtemps. Elle ne vient pas. L'attente est un enfer. De cisailles, de tenailles, une torture aliénante.

Puis, je pète un plomb et lui donne " l'argument " pour se dédouaner de son réel désir : Cyril.

Je mets Vibroboy, court-métrage qui fait bien marrer. Mais j'ai la sottise de dire en parlant de " Léon ", le personnage jaloux que c'était moi. Et ce con n'arrête pas de dire : " bordel ! ", " petite pute ", " garce "… j'arrête à un dernier " garce ". Les mêmes mots. Et bien pire encore.
Elle sait que je ne le pense pas. Elle sait aussi qu'elle aimerait bien baiser avec mon meilleur pote, et qu'aujourd'hui n'est pour elle qu'une journée comme une autre. Nullement pour moi. Mais elle ne peut s'empêcher d'être.
Pourtant ne pas être lui conviendrait certes mieux, lorsqu'elle ne se rend pas compte de…
" Wasted Woman ".

Elle avait passé sa journée à broder sur ma colère de la veille. Que cela avait tué notre " ? ". Elle se sent pas assez forte pour ce que je lui avais donné, elle était venue là voir " sm ", donc du sexe puissant et désormais elle désirait la bouche de Cyril (la mienne la dégoûtait). Elle prit dans ma rage la subtilité de m'assassiner. Elle voulait fuir, mais restait là, elle voulait rejoindre son amie Isa mais ne l'appelait pas. Je n'étais pas dupe. J'attendais le moment où elle me dirait " j'appelle Cyril ". Il arriva après des phrases d'une méchanceté inconnue jusqu'alors. Elle envoya des textos, puis Cyril l'appela. Elle sortit lui parler sur la terrasse. Elle revint et me dit que Cyril trouvait triste de quitter la campagne comme ça. Son visage n'est plus fermé, elle a réussi son coup. Son double coup. Je veux voir jusqu'où va sa vengeance, sa perdition…
Viens, on va faire un tour, je te montre " le guet brebis "… Elle sourit… On marche, on discute, après le petit pont de pierre, elle me parle de sa famille, de sa grand-mère… on marche toujours, dans le bois, elle me dit des choses dures : " ne me touche pas ". On parle, toujours les mêmes choses. On parle de sexe, parfois elle me prend la main, me sourit à moi. Mais ça ne dure pas, ce n'est pas compatible avec ce qu'elle veut faire le soir : aller chez Cyril. Elle trouve ma bite jolie. Elle me le dit. Je la crois. Mais ma bite manque d'expérience, de saletés, pour elle.
Je m'en fous moi qu'elle fut un gouffre à bites… M'en foutre.

Par moments, elle est proche de moi ; mais s'obstine à ne pas vouloir m'aimer. Nous faisons un grand tour, plus de 10 kilomètres à mon avis. En arrivant vers Touquin, elle me demande d'inviter Cyril à dîner ce soir. Je sais qu'elle partira avec. Que Cyril est sa quête, à elle. Sa quête du jour.

Le dîner se passe bien. Elle bédave, se marre, est près de Cyril. Son visage se ferme un peu quand elle se rend compte qu'il n'est pas proche d'elle. Qu'il y a une distance, liée certainement à notre amitié. Elle l'aura chez lui.
Puis, elle demande à Cyril de l'emmener avec elle. Tout ce dîner fut une farce de dupes. La dinde n'est pas celle qui resta seule.

Elle venait de dire sans le savoir : " je t'aime Stéphane ", mais je préfère baiser des beaux gosses quand même.

Je change les draps. Je nettoie les chiottes où elle m'a si bien sucé. Je m'endors avec sa tristesse à elle. Il faut être bien triste pour refuser " ma jolie bite ". Surtout éveillée, elle s'apprêtait à faire des Grands Huit !