Voici la première phrase de Caroline, aujourd'hui, ce matin, ce jour + 1. Caroline fut la première femme de ma vie, et me quitta le jour même. Elle m'en
veut de ma rage d'hier, de mes insultes, " pute ", "
connasse "… Je devenais fou, ici, chez moi, caprice ? Je suis chez moi, seul, j'essaie de me calmer. Je mets Dumb & Dumber, mais je ne suis plus plié de rire, mais en deux, de douleurs, de ce sentiment que l'on vous a volé, violé, quelque chose de beau. Alors que dès le début, elle me disait, me répétait qu'elle désirait Cyril. Qu'il était dans sa peau. " Toucher une peau pour sauver la mienne ", mon idéal, celle-ci me ment, se ment, nous ment, non la peau, mais la fille. Caroline est perdue entre Cyril et Cyril. D'ailleurs, lors de notre balade de fin d'après-midi, elle m'appelle deux fois " Cyril ". Elle a réussi ce qu'elle voulait, sans vraiment se l'avouer. Je l'ai su tout de suite. Lors de notre nuit du triolisme, et de la fin de notre amour. Notre amour est un mensonge monstrueux, bête hideuse du dégoût physique que je fais naître en elle. J'étais
donc seul chez moi, fou, rage, le ventre lacéré, découpé,
déchiqueté, débecqueté, humilié,
détruit… J'avais
fini par appeler. Je voulais, avais intrinsèquement besoin, bileusement
nécessité de savoir. Qu'elle vienne chercher ses affaires.
Qu'elle me dise, " mets les dans l'escalier ". Mais bordel,
je ne veux plus souffrir, ne plus regarder dans la rue, par-delà
la fenêtre. Je les harcèle au téléphone.
Ils se marrent, et me mentent. Le mensonge est un crime contre l'Humanité
amoureuse. Je suis l'imbécile, qui s'éprend d'une femme
qui a le courage et l'honnêteté de te dire que tu es laid.
Ils arrivent enfin, la voiture stoppe. Longtemps. Elle ne vient pas. L'attente est un enfer. De cisailles, de tenailles, une torture aliénante. Puis, je pète un plomb et lui donne " l'argument " pour se dédouaner de son réel désir : Cyril. Je mets
Vibroboy, court-métrage qui fait bien marrer. Mais j'ai
la sottise de dire en parlant de " Léon ", le personnage
jaloux que c'était moi. Et ce con n'arrête pas de dire
: " bordel ! ", " petite pute ", " garce "…
j'arrête à un dernier " garce ". Les mêmes
mots. Et bien pire encore. Elle avait
passé sa journée à broder sur ma colère
de la veille. Que cela avait tué notre " ? ". Elle
se sent pas assez forte pour ce que je lui avais donné, elle
était venue là voir " sm ", donc du sexe puissant
et désormais elle désirait la bouche de Cyril (la mienne
la dégoûtait). Elle prit dans ma rage la subtilité
de m'assassiner. Elle voulait fuir, mais restait là, elle voulait
rejoindre son amie Isa mais ne l'appelait pas. Je n'étais pas
dupe. J'attendais le moment où elle me dirait " j'appelle
Cyril ". Il arriva après des phrases d'une méchanceté
inconnue jusqu'alors. Elle envoya des textos, puis Cyril l'appela. Elle
sortit lui parler sur la terrasse. Elle revint et me dit que Cyril trouvait
triste de quitter la campagne comme ça. Son visage n'est plus
fermé, elle a réussi son coup. Son double coup.
Je veux voir jusqu'où va sa vengeance, sa perdition… Par moments, elle est proche de moi ; mais s'obstine à ne pas vouloir m'aimer. Nous faisons un grand tour, plus de 10 kilomètres à mon avis. En arrivant vers Touquin, elle me demande d'inviter Cyril à dîner ce soir. Je sais qu'elle partira avec. Que Cyril est sa quête, à elle. Sa quête du jour. Le dîner
se passe bien. Elle bédave, se marre, est près de Cyril.
Son visage se ferme un peu quand elle se rend compte qu'il n'est pas
proche d'elle. Qu'il y a une distance, liée certainement à
notre amitié. Elle l'aura chez lui. Elle venait de dire sans le savoir : " je t'aime Stéphane ", mais je préfère baiser des beaux gosses quand même. Je change les draps. Je nettoie les chiottes où elle m'a si bien sucé. Je m'endors avec sa tristesse à elle. Il faut être bien triste pour refuser " ma jolie bite ". Surtout éveillée, elle s'apprêtait à faire des Grands Huit !
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