Jessica, la secrétaire, Jessica, l'ex-BTS, Jessica, le corps fuselé, Jessica, les seins bombés, Jessica, le petit cul, Jessica, là, devant moi. Et je ne vois rien de tout cela. De l'imaginer, la revoir paradant aguicheuse serrée dans la cantine, je bandais. Fine et généreuse, son charme guindé dans des tenues noires moulantes, des uniformes à la Star Trek, elle dodelinait du cul, de son tout petit cul, sur des hanches d'entre mes mains, et ses seins en saillie telles les enseignes des meilleures boucheries… Mangez-moi disait son corps de salope, de pute, de déesse, de bombe…
Là, devant moi, là en face de moi. Je m'en branle. Elle ne me touche pas. L'idée de ses seins me touche, l'idée de son petit trou du cul me touche, l'idée de ses petites hanches entre mes mains me touche, mais là, elle, elle ne me touche pas.
Elle m'est sympathique avec son " Momo " grotesque et pathétique, mais un gentil garçon, un " passionné " me dit-elle. On a la passion que l'on mérite. J'ai, pour ma part, choisi celle d'une couronne d'épines.
Elle me laisse et emporte trois livres, deux Rey et le dernier Millon ; elle avait repéré Nicolas chez Ruquier, perversion cathodique, ni mieux, ni pire, elle est une fille quoi.
Une fille qui aime les grosses bites, le R'n'B, les rebeus, les minets habillés chez H&M. Une fille bien d'autres.
Ma bite ne se lèvera plus pour elle. Mais je dois dire, qu'elle me paraît bien sentimentale, cette petite… Mais…
Elle doit dîner avec un vieil ami retrouvé des années BEPC, ses yeux " sentent le cul " (expression apprise par les deux jeunes filles de la Libé de mercredi soir)… Je sens que Momo aura des cornes ce soir.
Tout cela ressemble à une mauvaise Comédie delle Arte.

Une fois touchable, celles qui me touchaient ne me touchent plus. Mort du désir. Mort de l'envie de mordre, dans la chair, dans le corps. Mort tout cela. Mort de l'érectile. Un énorme sentiment de frustration, de tout ça pour ça
Hier, avec Pascal, Bénédicte K., bof dans ce registre du désir ; joie énorme de la voir, mais rien de plus.
Comme avec Anne Cécile, son front bombé d'un quattrocento idéal, ses seins enveloppés de rose et de pourpre Tiepolo, ses jambes finement géométriques, tout cela s'évapore, plus rien d'imaginaire érectile. La chose sociale l'emporte.
Je ne serais qu'un contemplateur, qu'un branleur, qu'un narrateur, qu'un conteur, qu'un solitaire…