Une journée mitigée, avec son lot de mauvaises nouvelles. Cela avait pourtant bien commencé, un long et savoureux soleil dans le salon. J'avalais un demi litre de lait froid mélangé avec du cacao, croquant dans des biscuits chocolatés, tout en feuilletant le Figaro Magazine. J'aime bien le " journal privé " de Besson qui nous sous-entend ses affres sentimentales avec Carla Bruni, et dire que je m'astiquais en pensant à elle il y a bien longtemps, alors qu'elle n'a sucé que des minables (Arno K.) ou des vieillards (Besson). Je lis aussi la chronique d'Alain-Gérard Slama qui pas chié nous refait un résumé synthèse de deux de ses livres, ils sont justement derrière moi, entre L'opium des intellectuels d'Aron et Enfance de Sarraute, Les chasseurs d'absolu et L'angélisme exterminateur. Extrêmement touffu, mal écrit, mais très très documenté, idéal pour acquérir une culture générale Sciences Po en une semaine.
Je pars à mon habitude (récente) faire un énergisant tour en VTT. Respirer. Prendre l'air. Prendre de l'air. Je me sens de mieux en mieux, loin du Net, je m'y connecte à peine une fois par jour ces derniers temps. Je ne vois personne, je suis bien. Passe voir ma mère à l'école, en plein découpage de fleurs pour les collages des petiots. Pas bien nombreux en un samedi matin. Je reviens, regarde le courrier ; je n'aurais pas dû. Une bonne, Philosophoire, laboratoire de philosophie, envoyé par Lucas Degryse. J'attaquerai d'ailleurs la lecture par son essai sur la guerre de sexes. Mais avant, j'ouvre la seconde lettre, la mauvaise. Financièrement. Blasé par cette accumulation de tuiles, je ne réagis que par mutisme et respiration orientale. Le souffle du yoga. Je me dis que tout s'arrange, il suffit d'écrire, de demander, de convaincre et puis, le temps détruit tout, c'est cela Gaspar ?
Bon, je me plonge dans la lecture philosophique de Lucas. Je suis épaté par le nombre de jeunes philosophes qui citent Finkielkraut dans leurs articles ; Pierre qui cherchait une revue où s'exprimer, en voici une.
Je bouquine, mate le basket, tourne en vélo, mais je suis tout de même un peu tiraillé par cette seconde lettre. J'avais dit que je passerais aider ma mère à démonter son vieux lit, mais je n'ai pas le courage d'affronter son chien et ses multiples chats. Il fait beau dehors pourtant. Je reste tout de même affalé dans mon canapé. Blasé, je ne vois pas d'autre mot. J'avais également besoin de ma pêche pour appeler Arnaud et Julie que j'avais oubliés hier soir ; ce matin, je découvrais sur mon répondeur un message de Sophie qui s'inquiétait de mon absence à leur soirée. Avec le pont, j'avais carrément omis ce dîner. Je m'étais couché serein vers onze heures.

" Le temps détruit tout ", et ce minet de Frank Ruzé trouvait cette phrase conne, car si évidente. Oui bien trop même.