Bon anniversaire Cyril, toi qui …

J'ai bizarrement dormi, comme dimanche, avec le rêve de la revoir à mon réveil, celle qui a dit " je t'aime ". Je suis grotesque, pathétique, je le suis.

Je n'arrive pas à regarder la télé, j'apprends le zapping sentimental : scènes tristes, d'amour, de baiser ; musiques mélancoliques, générique japonais de Dragon Ball même ; et évidemment Irréversible. Je ne peux plus rien subir.

J'ai enfin la motivation pour appeler Gaspar. Gare !

Je repense aux chants de Caro, à ses prières dans la cuisine, à ses caresses incessantes,

Je repense à la loque vue hier, cernée, fatiguée, son whisky à la main, le bédo pas loin…
Qu'est devenue ma pétillante princesse…

Simplicité me reproche-t-elle de ne pas savoir profiter… Simplicité du choix de Cyril : un reflet. Une sortie face à mes délires de grandeur, face à la menace Anne Cécile, à mon inexpérience, à mon attente, à ma pureté.

Ma jalousie, ma folie l'arrangent bien… Et Cyril ne comprend rien. Il est heureux, il a une " meuf à la maison ". Qu'ils baisent…

Je me sens mal, je ne suis pas aussi fort. Je ne suis pas coutumier de la chair. Moi, l'observateur.

Je me brosse les dents, et vomis, des bouts de saucisson, ma perdition. Hier soir, j'avais dîné, marmoréen, du saucisson, des chips et du Coca. Je ne pourrai plus.

Je vomis et me demande comment elle va. Ils doivent dormir après avoir longuement baisé…

Je me souviens de l'intérieur granuleux de son sexe… je pleure, et recrache un ultime morceau de Justin.

Le RER est un calvaire. Le taf aussi. J'en parle à Anso, qui reste pantoise. Elle me conseille de lui dire que je souffre.

Le taf ne me libère pas, c'est dur. Olivier arrive. Sébastien aussi. On évoque la soirée. " Toutes les filles attendaient un geste de toi, tu étais flamboyant en blanc… ". Je raconte ma mésaventure Caroline, " Cyril… ". Toutes les filles sauf LA.
Je ne pensais qu'à elle ; zappé toutes les autres…

Des mails me redonnent de la gouache… Régis me charrie et m'exhorte à venir goûter sa tequila ; Juliette (s), Néo et la promesse d'un déjeuner avec son amie, " la plus belle fille de Paris ", Vanessa, l'ami de la sculpturale Alexandra, dont j'obtiens le portable, et Fred qui me love au moment même où je me motivais à l'appeler, sans oublier Martine qui m'a préparé mon contrat de Bordel, va y avoir du sport !
Alexandre, Pascal…

Corinne de Nice :

" ET puis dernière chose, ta petite Caro, si tu pouvais me donner ses coordonnées, on habite si près toutes les deux...

Voilà, que te dire d'autre à part que t'es un garçon en or, un ange, un chevalier, tout ça, mais allons, je fayote encore, si peu en fait, mais comment t'en convaincre ? "

… elle est partie avec mon ami Cyril.

" Je suis complètement estomaquée par ce que tu m'annonces dans ton mail.

C'est vrai qu'on ne se connaît pas beaucoup, mais si tu as besoin de parler, j'ai tout mon temps, de toutes façons je suis hospitalisée toute la semaine alors n'hésite pas. "

L'ami est rare :

" Moi non plus ça va pas, je ne sais pas ce que je veux ; y'a des moments qu'on s'dit qu'on est qu' un bon à rien, c'est dur et ça passe, enfin faut espérer. Toujours espérer. Espérer quoi, rien qu'on ne connaisse, un coup de fil inattendu, une promotion, un peu de dépaysement, quelqu'un en particulier qui pense à toi, un signe de vie extérieur quoi, je pense. Penser qu'on est pas seul c'est à la fois vrai et faux ; qu'on est brillant, qu'on est une merde, une merde brillante, un brillant merdeux qui espère que la merde s'efface. La merde pourrit puis disparaît c'est dans l'ordre des merdes. En attendant ça pue l'atmosphère, difficile, moments à surmonter, prise en charge -elle est belle, la charge-.
Je m'efforce d'écrire ça fait du bien, après avoir maté les 400 coups.
La dernière fois c'était avec Virginie, j'ai chialé, je ne sais pas pourquoi. Tout pour réussir aujourd'hui mais il me manque l'envie d'y croire, face à la prétendue réussite : la désillusion, croire qu'on est mal parce qu'en manque d'obscurité. Trop de lumière tue la lumière, c'est pour ça qu'ils vivent dans l'ombre ceux qui voient le soleil levant. Je suis pressé d'y être, parfois j'en ai simplement envie, parfois j'ai envie de fuir.
Ca va déjà mieux, mais quand même on la sent passer la maladie, sa claque, sa mère, un coup de dent profond ; et puis vacille, va voir les étoiles, elles sont jolies.

Bises mon pote, prends soin de toi et fais signe. "

Je sautille sur la terrasse, souris au soleil couchant, " pourquoi n'ai-je pas profité de ces beaux jours derniers ! ", la danse reprend… j'aime une tulipe blanche, irréfragable. Samouraï.