[Avant de partir, je dépose un message à ma mère, 49 ans. Bon anniversaire !] Je traîne
la patte jusqu'à l'abribus. Je passe mon coupon, seul à
l'arrêt de Touquin. Anne Cécile est. Là. Je souris,
elle sourit, ça sourit quoi. Je m'assieds derrière elle,
ne dis mot. Je sais qu'elle roupille dans le bus et en plus je ne sais
pas quoi dire. Bon, je l'observe. Je scotche sur sa cuisse gauche, celle
que je voie, je pense à un rôti, c'est con, tout bien ficelé,
je pense aussi au moignon d'un cul-de-jatte, c'est encore plus con.
Je l'adore ce moignon ficelé prêt à rôtir.
J'attends, avec délectation, le moment où le bus arrive à Disney, où elle enfile sa veste et remet ses cheveux en dehors de. Ses petites mains aux longs doigts, j'aime pas trop, bizarrement. Je l'attends au sortir du bus, et mate la petite brune aux yeux verts " découverte " récemment, mais squatté par un rebeu sympathique (qui me dit toujours bonjour), elle a des talons hauts et fins, elle est belle cette découverte, mais j'attends ma peinture quattrocento. Je suis licencié en Histoire de l'Art et non en Design & Mode. Elle a quand même un super gros cul la petite brune aux yeux verts, je sais aussi que les seins sont au niveau. Bordel ! A quoi tu penses, crevure, tu es avec la belle danseuse inconnue du bus et du RER qui s'appelle Anne Cécile. Je me traîne
à ses côtés, nous sommes seuls. Elle me pose des
questions, chose idiote, car je réponds toujours et avec moi
c'est digression'land ! J'apprends dans le RER qu'elle a un chat, Canelle
[Je lui avais fait part de ma maniaquerie ; lorsque Cyril était
passé avec Ness, à son départ, j'avais passé
l'aspirateur partout, même en dessous le lit.], qu'elle vit avec
sa mère la semaine et son copain le week-end, que sa sur
a acheté une maison dans un petit lieu-dit près de Provins,
qu'elle pense déjà à l'idée d'être
mère, qu'elle a une vision savoureuse de la maternité
Le soir, Corinne passe. J'ai rien, pas pu tirer de thune. Misère. Misérable. Je comptais sur les pizzas, fermées le lundi. J'attrape une bouteille de Coca et deux paquets de chips à l'épicier avec mes 5 derniers euros. Il me reste une moitié d'hier soir, c'est pas la joie. Mais bon, on discute. On regarde les " Frères Pétard ". On se marre. Je lui offrirai un cadeau en fin de semaine, je m'en excuse. Dormir,
et le téléphone ne cesse de sonner
Marre de ces
messages, besoin de tranquillité, je débranche. J'expliquerai
demain à Caro (car c'est certainement elle) que je suis fatigué
de son obsession. Je n'ai même plus envie de lire tout ce qu'elle
m'envoie tant le flux est incessant
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