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" Le temps " de Charles Aznavour, thé vert Japonais,
cul nu, petite serviette, lecture de Poème sur le Haschish
de Baudelaire.
Réveil vivant chez Sébastien.
Jaenada :
" Tu sais que tu te détruis, que tu te tues, avec ton journal
? Tu le sais ?
Hein, mon Million ? Tu sais que plus tu fais vivre ton journal, plus
tu
meurs. Tu le sais ? C'est en partie pour ça que c'est beau, qu'il
est beau
et fort, ton journal. Mais tu sais que tu lui donnes toute ta vie. Que
tu
fonçes, glorieusement, vers la décomposition, ou l'explosion.
C'est
courageux, mais bon... "
Pourtant,
ça m'a fait du bien... tu peux me croire, ça me rend fort,
dans le sens d'un château...
Ma vie, serait annihilée, si je ne l'avais pas, ce journal, cet
exutoire...
Au contraire, j'ai un peu maigri, perdu mes bourrelets, pris confiance
en ma bite, et je mange mieux, lait, légumes... seule Caroline
me manque...
mai
mais
ami
amis
drôle
de lire d'une plume sensible, différemment sensible, ce que je
viens d'écrire cru, crûment...
13, 14,
15
du journal de Jérôme
Attal - qui est quelqu'un que j'aime beaucoup, d'une grande douceur,
et très sensible et généreux, comme ça,
instinctivement.(05/06/03)
Dans les
toilettes, l'odeur de merde se mêle à l'imbécile
parfum Vanille. C'est n'importe quoi le déodorant Vanille. Que
dire du Coke Vanille ?
J'ai toutefois
des moments de blues. Je vague à l'âme, ça ressac,
ça embrun, ça crachin. Je marche seul, un peu, dans la
rue.
Puis, ça va mieux.
Un mail
d'un ami, une vision d'avenir
Une invitation à un festival
de courts-métrages sponsorisé par l'agence, partenaire
aussi du festival de Clermont-Ferrand. Là, je re-blues un peu
en pensant à Caro, et à sa vocation de courts
Ouah, mon
premier réflexe est de dire : quelle trop conne !
mais si je me permets cet écart de langage c'est que je fais
partie
maintenant du cercle très peu virtueux des auteurs de Bordel.
je me suis jeté sur ton journal après deux semaines de
néant, et je dois
dire que la façon dont tu écris, haletante, incisive,
passionnée et
directe, en colère, à bout de souffle, transcende de loin
la versatilité
joueuse et un peu triste de cette fille (c'est du moins ce que je
ressens à la lecture, mon jugement est un jugement de lecteur
et il a
ses limites certainement)
En tout cas, il faut absolument que tu reprennes ces deux semaines de
Journal sur fichier word, et tu tiens la Nouvelle de la rentrée.
maigre
consolation je sais quand on rage d'un amour qui nous échappe,
seul
entre quatre murs ou parmi le monde.
mais ton récit est d'une fulgurance rare, d'une exigence dévastatrice,
et enfin, bordel ! quel livre ça ferait !
Jérôme Attal, message lu à 17h42
Doux message
de Valérie. Doux, mais inquiétant. Reste toujours près
d'elle. Au bord
Boulevard Magenta, je souris à la clocharde, je n'ai pas le sou
en poche. Ecart, et laisse passer un vélo, le gamin me salue
d'une tête souriante. Je souris aussi, aux passants, au soleil,
à ma fin de journée. Je n'ai jamais été
aussi en forme, physique, j'entends. Affûté par la pénitence
de ces jours derniers. Au bout de ce boulevard, un jeune type au t-shirt
bleu discute avec une jeune fille qui semble bien être Marjolaine.
Je souris davantage, je les dépasse, et place un " deux
" fait de mes doigts à leur niveau. Je poursuis mon trajet,
rictus de visu. Regard vivant. Je pense toujours à Caroline,
évidemment. L'uvre reprendrait-elle le dessus.
Au carrefour
de la rue de Turenne et de la rue Bretagne, avec Sébastien, on
rencontre toujours Alain. Je lui avais laissé un message, mais
d'une cabine. Une moto pétaradante, une gueule de biker-flic-Incorruptible,
nous coince sur le trottoir. Soral. Un peu amaigri. C'est l'époque
dis-donc. Il revient d'une soirée " France Loisir ",
un peu éméché. Je suis toujours coincé de
le rencontrer en compagnie de Sébastien, deux opposés.
La peur qu'une phrase finisse en pugilat métaphysique voire pugilistique.
Je rentre
seul du Japonais. J'ai Caroline dans toutes veines, c'est douloureux.
Mes articulations sont saturées, si j'ai de l'arthrose, ce sera
aussi du Caroline. Je me débloque au fil de la marche. Je souffle.
Un message. " Frédéric BBD ". Les choses se
présagent grandement. Mon uvre d'écrivain
Hystérique,
je cours déposer un message sur le répondeur de Caroline.
Toujours dans mon sang.
Sa gifle fut rédemptrice.
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