Sébastien, toujours au courant de tout et pourtant bien loin de Paname, m'envoie le fier article de cette bande d'hystériques manipulée par un PS déjà-mort, Act Up, qui se glorifie d'avoir mené un saccage commando dans les bureaux des éditions Blanche, et barre à miné une pauvre secrétaire stagiaire. Bande d'enculés !

Je n'arrive pas à comprendre comment ils peuvent mettre sur la page d'accueil de leur site cet article où ils avouent leur acte criminel. Ils revendiquent, j'hallucine, l'interdiction des livres d'Eric Rémès et d'Alain Soral. Soral vient justement d'entrer dans les tops de ventes. Etrange. Lui qui s'en prend aux communautarismes, à la bêtise de Marianne et aux agrégés de Lettres devenus de nouveaux Maîtres à penser ; incroyable régression, le duo Sartre-Camus remplacé par Finkielkraut-BHL. Et je n'ose même pas évoquer Lefebvre, Marcuse ou Boutang. Soral est la vraie cible de ces Bourgeois.

Sébastien d'Ottawa me forwarde également un article du Monde sur Genet " antisémite ". Je fais suivre à Régis, lecteur viscéral de l'auteur. Son commentaire est une pure merveille d'intelligence et de style. Misérable presse.

> Je crois qu'on ne comprend rien à Genet si on ne prend pas en compte la donne spécifique qui marque le départ de son oeuvre : c'est qu'elle parle au nom des coupables. (Extrait de la conversation Dichy-Marty)

=> C'est faux. Elle parle au nom de l'ART tel que le concevait Genet, et sans demander l'avis de personne. Il l'écrit à chaque ligne de ses romans. C'est l'absolue subjectivité qui s'affirme en tant que telle et qui investit un territoire de prédilection, le Mal, et plus précisément ce que j'appellerai "les accointances du Mal avec la Beauté." Peut-être par pure fascination, oui, comme l'écrit donc Marty selon Dichy. Mais aussi parce qu'affirmer sa subjectivité en faisant l'apologie du Bien passerait totalement inaperçu, simplement parce que tout le monde est d'accord : le Bien, c'est bien. Genet se fout bien des coupables tout comme des innocents. Il ne se sent coupable lui-même de rien de ce qu'on lui reproche, et les "coupables" de ses livres crèvent tout aussi salement et tout aussi bien que les innocents. Ce qui choque et fait oeuvre, ce n'est certainement pas qu'il "défend des coupables", c'est qu'il ne fait entre coupables et innocents (et entre pureté et impureté, fidélité et trahison, force et faiblesse...) aucune distinction. (Propos de Régis Clinquart)

Je reconnais bien mon terroriste littéraire là !

Thomas, visage de milicien Basque, rondes bleues dans les yeux, torse barbu, sourire aux lèvres, épaisses, bavardes, molles, me libère de mon bocal. Une bière à côté, avec Franck, mon " connard de collègue ", qui ne me rend pas mes livres, salaud ! J'expose " mon idée de la semaine ", pour sauver mes jeunes amis écrivains.

Marche ensemble, rendez-vous au " Progrès ", avec des camarades, Sébastien, Pascal, et peut-être, Jessica, Bénédicte… je sais pas trop. J'abandonne un instant Thomas au bord du bar, il téléphone. Je passe déposer mon gros sac chez Seb, en face. En face, arrive Pascal, ragaillardi par tout le travail qu'il exécute. Dans le couloir de l'immeuble de Seb, nous le retrouvons. Synchro comme dans un " Mission impossible ".

Le serveur, hyper sympa, nous file deux bolées de cacahuètes, et même d'étranges tartinettes de ?, confiture d'Olive ? Je suis le temps d'une pensée, près des seins d'Olivia. Pensée effacée par notre débat sur ?, moi, je parle d'astrophysique, Pascal, d'écobiologie, Seb d'Aristote. Bon. Thomas est déjà parti à la poursuite du " 96 ". T'as vu Thomas, 96, c'est un peu comme… Tu sais… Ton mag. Cours l'ami, cours.

Sébastien a l'orteil cassé, il prendra donc sa moto pour aller chez Eda, qui a eu la gentillesse de nous inviter. J'achète une bouteille de vin. Pascal, des fleurs. Des tulipes. Pensée pour les seins d'Olivia à qui j'avais fait parvenir un énorme bouquet de tulipes blanches (amour secret). Que sont-ils devenus ? Pas le temps d'y penser que nous retrouvons Seb sans moto, il marchera, dit-il. On avance. Au pas. Cahin-Caha. Pascal, robuste, servant de béquille au pied cassé. Taïaut ! Le trio du 7-7 envahit la rue de Turenne, se ruant barbaresquement en direction de la place St Paul. Ou lala, ça fout les jetons. Petits petits pas, comme dans " L'homme orchestre " de François de Roubaix, on avale les pavés du quartier, et on débarque, braillards et rigolards, dans l'appartement cosy de " Britney " Eda. Choupinette rose bonbon, ventre à l'air. Rouge moquette, rouge dans verre. Jeune type, jambes croisées, écrivain d'un rose livre, tout packagé pour lectrices rose vagin, clitoris à 100 %. Antipathiquement snob, gnagnagna sur untel ou tel autre, mais agréable en fin de compte… Les filles, son livre, " 0% " au Dilettante, en mai. Franck Ruzé, son nom. Pas démenti, on survolant ce journal, après le site de " Bordel ", saillie, "ça te fait pas chier de publier dans ta revue des types qui sont moins bon que toi ?" Ça m'a fait plaisir, bizarrement.

Je baragouine micro-Flore avec Franck. Pascal et Sébastien doivent se faire chier. A la télé, TCM, la chaîne de Vincente Minnelli. Sébastien part discuter en anglais avec un couple, posé à part, loin de notre contest, " t'as lu ça ? ".

Franck me parle de sa rencontre avec Fabrice G. et du papier dans " Marie Claire ". Très vite, il dépose son tapuscrit au Dilettante, trois jours plus tard, l'éditeur le rappelle, et hop, celui-ci tombe dans les mains précieuses de " Hugh " Fabrice, et voilà. Il avait également envoyé son manuscrit à Flammarion, pas de réponses. Une nouvelle motivation à " mon idée de la semaine ".

Chez Sébastien, il y avait une triplette de petites Albanaises, et là, il y a " seulement " Eda. Mais. Ding ding. Sarah et Téa, méga stylées, débarquent, avec le charmant Ermal et la sœur de Téa, ainsi que… C'est pas comme ça que j'imaginais les Albanaises, vraiment pas. J'ai devant moi des petites girls toutes hyper fashion, direction les Bains ?

Franck frime, deux ans et demi pour écrire, … La petite brunette ébahie. Les filles lookées, une fois lookées, perdent en neurones ce qu'elles ont pris en phéromones.

Sébastien est fatigué, certainement pas de plans possibles, je le raccompagne, mon tendre boiteux. Au niveau du " Progrès ", je tombe sur Soral. Un peu flippé, énervé de l'agression de son éditeur, il est persuadé qu'il est plus particulièrement visé que Rémès ; moi aussi. Il parle, enfin, il débite des milliards trucs ; Seb se sauve. Seb, c'est l'inverse de Soral. Seb, c'est le jeune étudiant qui a comme maîtres à penser tous les " mous du bulbe " que Soral déteste. Soral, c'est le penseur crasseux qui déplaît à la pensée réfléchie et courtoise de Sébastien. J'avoue, pour ma part, une préférence pour la pensée bileuse, fiévreuse et hargneuse d'Alain.

- Irak

- Le sionisme

- Ce con de Viviant (la soirée à la Loco)

- Et Fabrice G. (quelles révélations !)

Il ne connaissait pas vraiment le parcours de Viviant, je lui fais un topo rapide, Debord, Libération, Sollers, mensualisation chez Gallimard. Je lui promets de lui envoyer l'excellent texte de Yann sur ce na(in)ze. Il regrette de ne pas l'avoir cogné.

Après plus d'une heure de discussion, je rejoins Sébastien, déjà bien endormi. " Il me fait peur ton pote ", dit-il, légèrement sorti du sommeil.