" Je suis la star de mon propre théâtre. "
Jean-Claude Van Damme

Mon dimanche était bien pluvieux, je n'avais envie de rien. Une belle lassitude généralisée, seul la finale de Hambourg entre Coria et Calleri m'avait sorti de ma léthargie. Deux amis qui s'affrontaient, deux Argentins, deux " fans " de Mancini, la brute des années 90. Tous deux se précipitèrent à la fin du match dans les bras du coach de l'adversaire. Mancini entraîne le petit Coria, mais c'est aussi l'idole du solide Calleri. David a une nouvelle fois battu Goliath. J'avais repéré Coria l'année dernière lors d'un seizième de finale contre Vinceguerra, le Suédois d'origine Italienne. Il avait perdu mais avait démontré une énergie incroyable et un coup droit phénoménal. Sans oublier les jambes, qui font tout au tennis. Le jeune moustique argentin confirme dans un Master, après une finale perdue à Monte Carlo contre un autre moustique mais hispanique, Ferrero. Beau bilan, trois Masters sur terre et une finale perdue et donc une finale remportée.
Coria a un petit regard malicieux, un peu comme un elfe, imagine-t-on, avec les petites rides rieur sur les côtés… j'ai une réelle sympathie pour les pattes d'oie.

La finale terminée, je me fais de nouveau chier. Y a bien des livres à lire qui traînent sur une étagère, mais je suis gavé de lecture. Le gosier imploserait à la prochaine page, pour ce week-end. Je zappe sans trop d'espoir, Carla Bruni tapote ses cordes de guitare et chantonne à voix déraillée, le juge Halphen piaille sur France 5 avec ce con du Nouvel Obs, j'oublie toujours son nom à ce crétin, c'est le rédacteur chef, je cherche, ah si, Laurent Joffrin, je continue mon voyage en enfer cathodique pour débouler triomphalement sur le documentaire consacré à JCVD. Je ne pensais plus le voir. Une heure en compagnie d'un type sincère, authentique et qui a des choses à dire. MERCI JEAN-CLAUDE !
Je suis persuadé que il ferait un rôle sensass dans un film des frères Coen, qui aiment tant les personnages de la terre, et JCVD est un gars de la terre, un gars de la campagne. Je n'ai pas pu tout retenir mais j'ai aimé sa narration de son enfance à Bruxelles, la pluie, la chape de grisaille, et le cinéma qui donne de l'air, de l'oxygène et l'envie de " s'en sortir ". C'est simple, mais c'est d'une rare sincérité. Marre d'écouter les conseils éthiques d'un gentillet Pierre Arditi, les mièvreries, encore subies cette nuit chez Ardisson, des actrices dégoulinantes de guimauve cérébrale telle que Sophie Marceau, ou bien Emmanuelle Béart, même si son cul et ses nichons exhibés dans tout Paris lui confère chez moi une place particulière. Mais marre du népotisme de la queue, de celle qui sucera, de celui qui est le fils de… JCVD a lui utilisé son genou, l'arme absolue apprend-t-il à un gamin médusé de le voir baragouiner tout le temps tout en high kickant dans tous les sens. JCVD donne une leçon d'intelligence et surtout de sincérité à tous les engagés du spectacle. S'il y avait plus de direct à la télé, ce serait tellement mieux. Pour le carnage, non ? Quel intérêt d'aller chez Ardisson si toute volonté de sincérité, donc de colère, de rage et de gifles (de mots), est annihilée par une coupure au montage ? Comment donner un sens à une intervention télévisuelle avec ce bâillon sur la bouche ? Rien ne peut être dit à la télé. Nulle part d'ailleurs, car la presse est dans le même processus de cadenas, et l'édition publie seulement ce que de l'auctoritas médiatique accepte. C'est un ventre mou, visqueux, pustuleux… mais extrêmement bien maquillé. Bordel tente… en jouant, acceptant cette réalité, comment la nier, mais garde, cachée, dissimulée, enfouie, une volonté de rage. Mordre. Tordre. L'ordre.