Je pense
qu'ils auraient été si bien ensemble
Nous quittons l'endroit, pour un café plus Botticellien Celui de notre Première Rencontre. L'histoire se répètera. Elle bafouille tout le temps. Pourquoi changerait-elle ce soir. Je marche en compagnie de l'innocente. Il & elle sont partis en voiture. Nous arrivons avant eux. Viendront-ils. Je n'ai aucun doute. Ma présence est nécessaire au jeu, à l'affrontement. Au spectacle. De la société de l'amour. Pendant l'attente, nous parlons de son uvre. Nous ne sommes pas d'accord. Je n'aime pas, cela se vérifie une nouvelle fois, les professeurs et les étudiants, ceux qui deviendront à leur tour des monuments de bêtise. Il y a différents niveaux de nuisance, journaliste, publicitaire et professeur. L'ordre impose peu dans la nuisance. Ils arrivent.
En dehors de l'étudiante, nos places sont respectées,
identiques. Mais les scènes sont inversées. Elle se montre
délicieusement polie avec Baer. Elle parle, provoque, énerve.
Une fois qu'il est parti acheter des cigarettes, elle me glisse que
je ne dois pas jouer les geignants, les misérabilistes, dans
l'impudeur de mon récit " Caroline ". Il, revenu, rétablit
la vérité. Je ne me morfonds pas. Il répète
ma phrase, " le soleil est avec moi ". Ce n'est pas volontaire
si cette histoire fut un fiasco. Pathétique et banal. Je m'en
rends bien compte. Elle qui connaît les peines de la vie longue
en commun, et tant d'autres. Là, je précise la rareté
de cet événement. Elle ne me croit pas. Me prend pour
un manipulateur de lecteurs naïfs. 27 ans. Et toujours idéaliste.
Puis il encense mon journal. Elle s'en fout, mais m'en parle un peu. Une seule chose est importante, lui. Jeu de pelote, où la laine est celle de l'ours en peluche. Griffée par elle, s'agrippant, puis, dans une secousse inattendue, la rejetant loin devant elle. Je rigole, recherche ses ridules. Elle me fascine. Occupe bénéfiquement mes tourments. Je me demande " Pourquoi tu m'aimes pas " et je souris davantage. Ma promesse devant moi, le ciel bleu, entre les tours de Notre-Dame. Marchant
d'un point à l'autre, celui de notre rendez-vous. Au nez, à
l'instinct, à l'orientation innée. Passant devant Notre-Dame,
je me vois un instant en Quasimodo. Puis, devant cette façade
blanche et ce ciel sans la moindre scorie. Je me promets de l'oublier.
Caroline. Ce fut encore une drôle de journée. Ces messages motiveront ma promesse devant cathédrale. Nous avions
évoqué cette Histoire ce midi lors d'un déjeuner
avec Jérôme Attal et Philippe Elsass. Jérôme
connaît ce texte, ces " jours Caroline ". Il a été
marqué par le " pas de bébé " susurré
à l'oreille. Il ne juge pas. Il semble heureux, voire étonné,
de me trouver en grande forme. Lui aussi, brille. Federico Zeri en main.
Une chanson sur le dernier album de Pagny. Que les choses s'accélèrent.
Tournoient. Eclatent. Ne pas sombrer dans les trous noirs. Lever la
tête, faire et faire encore. Oublier et construire. C'est logiquement,
que le chemin se vit, se traverse. Telle une promenade solitaire.
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