J'avais envie de faire des choses aujourd'hui, et je n'ai rien fait. J'ai un peu écrit ce matin, eu mon père au téléphone, vu ma mère, venue chercher les quelques euros que j'avais en poche, dix. J'ai bu un café chez ma grand-mère, feuilleté " Paris Match ", " Figaro Madame " et " Figaro Magazine ". J'y ai vu la tête niaiseuse de Charles Dantzig, qui avait tenté de débaucher Martin, de la plus pathétique des manières. Je dois également l'appeler pour lui proposer un déjeuner. Pour lui parler de " mon idée de la semaine ". J'ai bidouillé, fait ma vaisselle, tous mes verres étaient sales, et vidé les ordures. J'ai surfé sur le Web, sur des sites pour m'astiquer, évacuer le stress, éjaculer encore et encore. Pascal m'a téléphoné de la forêt de Crécy où il se baladait avec sa chienne, Cyril, lui, de chez ses parents où il déjeunait. Sur le Web, on ne parle pas trop des actions criminelles d'Act Up, qui après avoir saccagé un éditeur, a " zappé " (comme ils disent sur leur site) la rédaction de " 20 ans ", où, il faut le rappeler, Soral écrit. Soral a envoyé à la ligue Act Up un petit mot, " merci pour la pub les tapettes ", me di-il. Il est plutôt courageux, lui qui n'est pas loin d'Act Up et de Libération.

J'ai jamais aimé les associations, enfin celles qui ont un discours dogmatique, messianique. Elles sont plus du domaine de la Ligue que du Club de quelque chose. J'ai toujours eu peur de ceux qui brandissaient l'étendard de la Liberté. Il suffit de voir comment les gens se suivent dans une " manifestation " pour voir que nulle liberté n'est possible quand on défile tous avec le même badge, le même symbole. Ça me fout les jetons.

Bon, je ne dois pas trop en parler, c'est un coup à subir la vengeance de ces miliciens. Et je me balade souvent dans le Marais !

Sur Match TV, un documentaire sur le duel des colas, entre Coca et Pepsi. Coca encourage les troupes américaines, tout en étant un partenaire incontournable des jeunesses hitlériennes. Pas de surprises dans l'hégémonie d'un groupe multinational : " no morality ". Ça me fout les jetons aussi. Mais moins, car les nazis, c'est fini.

Costard Hugo Boss, un Coca en main, avec un IBM dans le sac…

Cyril vient de passer. Grosses mimines toutes écorchées. Il a bossé toute la semaine à la Jardinerie. Il porte ses affreuses grosses chaussures ferrées, simili Buffalo, horrible ! Il fait un stop Coca-clopes avant d'aller dîner chez Hugues. Je préfère rester là. Pascal devrait passer. Et pis, il y a le choc Real contre Barça, à 21h30 sur Sport+.

Je pue la sueur et la bite. Il me dit, je repasse te voir plus tard, pour aller aux Sources. Certainement. Il me dit, si tu es propre. Bon, j'aime bien passer des journées comme ça, à rien faire, me connecter, lire et répondre aux mails, surfer sur des filles qui sucent et me branler, une, deux, trois, quatre, cinq… fois, peu importe. L'odeur de la sueur se mêlant à celle de la bite. Ma bite qui était partie cette semaine, pas trop bavarde. Elle monologue longuement aujourd'hui, j'ai épuisé tous les " blowjobs " sur le site. Je me sens seul. Donc.

Mon père m'envoie la photo de la piscine qu'il installera dans sa nouvelle maison, " Tuque de Bauvais ". Je sortais des chiottes où je m'amusais à faire l'abécédaire des nichons, a comme airbags, b comme ballons, c comme counous, d comme doudounes… o comme Olivia (que j'aurais aimé vivre auprès de ses seins !) lorsque j'ai cliqué sur le lien, envoyé par J2M, la piscine s'appelle " Olivia ". Bordel ! Si c'est pas un signe ça !

Me branler. Ecrire. Lire une page, comme ça. D'un écrivain, ayant écrit un livre qui se trouve chez moi. J'étais encore aux gogues lorsque le téléphone sonna, mon père à coup sûr. 3103, 05…, mon père, je le rappelle, " tu fais chier ". A chaque fois, il appelle quand je suis en train de caguer. Il bricole dans sa nouvelle maison, Momo travaille, je lui fais part de " mon projet de la semaine ". Tout va bien. Tout va bien. Et voilà.

Sauf… 21h49, but de Ronaldo. J'ai toujours aimé le Barça, les couleurs certainement. Aussi parce que la Catalogne, c'est l'idée de se détacher de, et que le Real, c'est le pouvoir central. C'est mon côté Girondin, peut-être ? Pourtant la meilleure occasion avait été pour Kluivert. 22h03, Luis Enrique égalise. Mon joueur préféré chez les blaugranas !

23h02, les pâtes sont cuites. Je ne voulais pas manger ce soir, mais j'ai eu faim. J'ai sorti du gruyère, déposé dans le bol de bois de ce midi, préalablement lavé. Je prends une grosse assiette, un plat. Des pâtes pour 4. J'émiette mon gruyère, de moins bonne qualité que celui de ce midi. Quand je fais mes courses, je prends toutes sortes de gruyère, le moins cher et le meilleur, comme ça, j'ai pas que du mauvais, et j'ai pas que du cher. Quand je me suis levé pour aller poser mon plateau dans la cuisine, il y avait un gros insecte à plusieurs pattes, immobile entre les fils de la rallonge et de l'ordinateur. Là, il file près de mon pied, direction les K7 vidéos. Il doit mesurer au moins 5 cm. Je me lève avec précautions pour aller chercher ma règle. J'ai pas envie de marcher sur une telle bête en chaussettes.

Bientôt un film de cul, je ne me suis jamais mesuré la bite.