Disparition

Je ne suis pas Cioran, je ne suis pas une plume à aphorismes. Je ne suis pas un homme d'amertume, de décomposition. Je suis une tour, un cavalier, un roi, un fou, parfois un pion. Lorsque je suis pion, jamais inconscient de, mais curieux de, vicieux de percer le jeu de l'autre, j'oublie la partie une fois finie. Perdant souvent, car malchanceux, au destin qui tend vers la déception, j'efface les traces de cette infamie. Comme un Chevalier (du Zodiaque), je ne subis pas deux fois la même attaque. C'est que j'ai aussi un " sixième sens ". Je lutte, constamment, toujours, gratuitement pour sauver Athéna. Des flèches d'or empoisonnées dans le cœur de la vérité et de la résistance. Mes larmes aujourd'hui, coulent à l'intérieur, car c'est par là qu'elles arrivent le mieux au centre, au ventre. Gouttes pour Sophie, gouttes pour ce vieux monsieur, Lucien, qui petit, m'offrait des cerises de son havre verdoyant. Je n'aimais pas les cerises ; mais j'aimais ce vieux bonhomme déjà brindillant à l'époque. Je pleure, dans l'anatomie d'un corps non aimé. Abandonné pour celui animal d'un homme à l'esprit léger, aux idées engourdies. Il faut oublier ces plaies, ces gifles, ces insultes, ces maux, ces mots qui toujours te tiraillent par des formules piquantes. Je ne veux plus subir leurs dards. Oublier. Formater. Comme un ordinateur. Je me persuade de formater cette expérience interdite. Loupée. L'amour est une science comme les autres, ça foire souvent. Naissance d'hybrides désastreux, " larves mornes ". J'aime cette expression, " larve morne ". Je dois oublier le grouillement des asticots qui grattent ici, dans la tête d'un homme bon et juste. Un Chevalier. Oublier, je vais formater mon HD (Hard Disk), mon DD (Disque Dur)… Je pleure, l'oubli avant l'oubli, c'est accepter de perdre.

Sensation

La décision prise, est votée à l'unanimité de mes atomes. Cela aurait fait plaisir à Lucrèce. Les choses de la nature sont bien faites. Tout s'oublie. C'est plus une question de volonté que de temps. A décevoir celle qui " pas ", pas à pas, marche vers le précipice de ma mémoire… attention à la chute… Bien plus profond que la fosse Marianne, 'dame !
Quand l'une marche vers la disparition, l'autre, moi en l'occurrence, gambade vers les rayons, de soleil, de vélo, de vie…
Mardi prochain, je déjeunerai avec Nischa ; il ne faudra pas que j'oublie cette fois-ci ! La Germanie m'a à la bonne, beautés teutoniques, bien normal pour un Chevalier. Ingrid W. m'invite à dîner chez elle à son retour d'Italie. Allemagne et Italie, la philosophie et l'Art… Je l'entends soupirer de sa voix de gorge profonde, " fasciste ! "… Rauque, fallait comprendre… cette voix des entrailles. Elle a du ventre, est-ce pour cela qu'elle m'a plu. Ou est-ce tout bêtement son obstination à me faire croire qu'elle m'aimait… Ah, les comédiens, sont des gens qui pourraient facilement rejoindre le triumvirat de la nuisance.

Rédemption

A Marjolaine…
Je lui écris un mail, sur mes jambes flageolantes dans l'isoloir, la vieille, lorsqu'elle organisait les votes des délégués d'entreprise, je fus le dernier à voter. Arrivant en braillant, à ma folie salariale coutumière. Puis, dans l'escalier, je fus d'une maladresse, elle descendait, nous montions, d'une si belle gaucherie... Ah, ce n'est plus de la littérature tout ça !
Marjolaine… blanche… en robe noire, quand je discutais facetime avec Nana. Le Noir et le Blanc. Toujours l'échec.

Emotion

Fred, dans un message d'une joie intersidérale, si loin, même de Scottie, de toute téléportation, m'annonce son départ en week-end de noces… Mariage en catimini, a priori. Je ris, je crie, se marier, voilà la solution !
Solution … finale !