13h23, rue de Turenne. Coulommiers commence dès la sortie du studio de Sébastien. La rue est une nef à la voûte bleutée. Le soleil l'encense de toute sa brillance. J'ai chemise blanche et gros bardas sur le dos. Quelques mètres plus loin, à quelques pas de la porte, un restaurant, une terrasse, une brune dit un mot à sa copine qui déjeune avec elle, elles se retournent, reconnaissent le pion du lycée. Petite brune aux yeux fins comme un trait fin. Elles ne me regardent pas directement lorsque je passe, je ne m'arrête pas. Elles restent figées sans rien dire durant cette seconde où l'esprit concocte une multitude d'hypothèses. 13h53, gare de l'Est. Train de Coulommiers. Dans le wagon, une femme d'une quarantaine d'années. Je lis des textes pour la revue. Je somnole un peu au soleil, la vitre brûlant mon sac, ma peau. J'ai un moment envie de proposer ma bite à la bouche de la femme du train. Je sieste un peu, bite dure dans le pantalon de la semaine. Des contrôleurs montent à Tournan et nous contrôle au niveau de Mortcerf. Je rigole un peu, ils sont certainement plus nombreux que les passagers, tout le monde est descendu au niveau de Tournan-en-Brie. C'est pas bien dangereux de contrôler la ligne Marles en Brie Coulommiers. Ce sont de bonhommes bedonnants, ces contrôleurs de la bucolique. 15h20, Libération. Deux jeunes types, une jeune fille brune, visage charnu, grands yeux noisette, elle sait séduire, ses deux potes, mais aussi ceux qui poseraient regard sur son corps. Elle excelle au dévoilage de son joli décolleté, au jeter de regard complice. Une coquine. Entourée de deux malentendus. Fabrice discute avec Paulo. Paulo se sauve, je crois comprendre que sa moto est au garage. Il attend. Je commande un Perrier. Fabrice, l'air bien fatigué, s'excuse de ne pouvoir me satisfaire. Il me propose du Gini. Du GINI ! C'est le bonheur, j'exulte comme si je retrouvais ma malle à Playmobils ! 15H30, braderie de Coulommiers. J'avais capté au loin les barrières à l'entrée de la rue Bertrand Flornoy, et les étales successifs derrière alors que je déboulais du carrefour en travaux entre la gare et la place de la Libération. Je m'étais tout de suite dit chouette j'y verrai de belles pitchounettes. Il y a peu de monde, la rue est plutôt calme. Je m'arrête à la librairie, un jeune homme sur une chaise fait pendant à un étalage de livres mauvais. Je le contourne, le salue, lui souris. Pablo est à l'étage, tiens avec le jeune sergent en repos. Je prends mon Fiasco (Mathieu Terence) et replonge dans la rencontre fantasmée. 15h45, grande rue unique Bertrand Flornoy. Je repère la vendeuse de Côté Femmes, une beauté non souriante ; la petite hyper stylisée de la parfumerie près du pont ; une charmante, élève aux yeux verts Caraïbes, à un magasin de fringues pour quinquas. Sur la place du marché, une sorte de brocante. Je tourne. Je rencontre le petit Rémi, fusion style, heureux de me dire qu'il avait repris les études, tout en continuant de s'amuser. Je l'aime bien le petit Rémi, tout comme Nicolas que je croise à la terrasse du Capucin. De bons petits gars que j'ai connus lors de mes années pion ici. Raymond serait au bar Walhalla. 16h, au niveau du pont. Je tourne pour aller vers les cabines près de la Mairie, virage en symétrie avec Eglantine et un de ses amis. Je sens mon sang se glacer. En motion capture, je vois le monde dans sa matrice. Le téléphone devrait me ramener à la réalité. Mais comme la semaine dernière avec pépé, on peut m'entendre mais je n'entends que dalle. J'explique à Rodolphe la donne, je reste jusqu'à la fin de l'après-midi. Je suis sûr qu'il m'entend. 16h15, terrasse du Coin du pétrin. Je compte y boire un Perrier. J'y aperçois Aude H. Elle me voit également et me convie à rejoindre sa table. François, un jeune homme aux yeux bleus, sa sur qui semble me connaître, nous étions au lycée ensemble certainement. Je demande des nouvelles des études d'Aude, spécialisation sur les cheveux. Je lui parle un peu de Bordel. N'apprécie pas elle aussi la quatrième de couverture. Sa sur s'en va. Le garçon reste. Bizarre. Drôle aussi, elles sont les nièces d'un des boss d'Euro RSCG Corporate. La sur partie, Aude me fait part de son doute qu'elle fut au bahut avec moi. C'est ta petite sur ?! Ravissante enfant François est toujours là, forcément, c'est le copain d'Aude et non pas de J'ai eu tout faux sur ce coup. 16H35, un bras noir attrape ma manche blanche. Le petit prof du CFA dont nous avions parlé avec Claudia. Un petit rigolard, nul à mourir de rire, avec ses mots croisés comme cours de Français. Très cool, très cool. Je m'enquière de ses petits monstres. Il m'explique qu'il leur a achetés une petite piscine gonflable et qu'ils s'usent l'énergie à chahuter là-dedans. 16h45, stand de la douce verdescente. Alors le lycée ? Ah, euh, en prépa à Meaux. Très bien, très bien. Elle n'ose pas me regarder, semble gênée. Je me dis je la fais chier, elle a vu ma tronche dans le journal, c'est lu par les commerçants ce canard, elle est impressionnée Mollets de marbre, yeux d'émeraude. Déesse égyptienne. 17h, je passe devant la terrasse près du Crédit Lyonnais. A une table, Nicolas F. et Ben. Table à côté, Eglantine et son pote. Je n'ose aller saluer les deux lascars. Je tire vingt euros, remonte la place, lève la tête, Rodolphe surgissant de nulle part. Il a bien eu mon message, il a bien compris le deal. Je lui explique que la femme qui me déteste est là. A quoi bon Elle aperçoit Roudoudou, enthousiaste, je reste en retrait. Mais j'en profite pour saluer les deux vieux brigands, deux beaux gosses irrésistibles. Nicolas, ostéopathe, et désormais de la fédération de Samba, un sport de plage. Ça lui sied bien. Ben, énorme surprise, dix ans de mythe construit qui s'écroulent, l'homme en noir, dark, corbeau, en bermuda long blanc. 17h30,
rue de Coulommiers. Trois anges blancs, trois loups blancs. Avec nous,
ça paluche grave. J'ai pas trop perdu la patte depuis mon éloignement
du coin. Nous rencontrons Stéphane F, Marjorie, Aurélie
sa sur, son mec et son chiard. Bad, nous raconte-t-il, s'est fait
droguer et s'est fait dévaliser (j'avais imaginé pire)
lors de son séjour en Malaisie. 18h, à la Libération. Gilles et Patrick perdent aux fléchettes. Sylvain joue au jeu de cartes à touches tactiles. Vince vient de perdre son taf en raison d'un type en arrêt maladie qui empêche l'embauche par la non possibilité de le licencier. Aude illumine de sa blancheur, de ses seins, qui ont perdu de leur sublime, elle le reconnaît, l'ombre virile du lieu. Une déesse au tripot. Cela genèse en nous des propos grivois lourdingues. Elle ne perd pas le sourire, son corps, elle le connaît, ses yeux, elle connaît leur pouvoir. Sa bouche sourire aussi. Elle jouera avec nous les pantalonnades paillardes. Puis retournera se faire retourner par un brun aux yeux bleus à la décatie intellectuelle. 19h
Rodolphe me dépose à Touquin.
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