Je gambade gaiement en cette fin d'après-midi, le début de soirée se profile avec enthousiasme, l'enthousiasme d'un brassage d'amitiés. Ce que j'aime, créer des liens, créer des amitiés. J'ai convié au bar de Dom' (rencontré en Sologne), rue de Suffren, toutes les personnes qui désiraient me voir dans la semaine. Un rendez-vous, le Cristal, où les bambochards de Sologne devaient se rejoindre. Pour le moment, je toupie un peu dans le 6e, je me dirige sautillant vers Flammarion, je passe à l'improviste. Tout est bien, le sourire saillant de la barbe rêche. Au coin de la place, dans sa bulle scooter, Frédéric harnaché à sa machine et à son téléphone. Génial, c'est justement lui que je venais voir, lui remettre des documents pour Bordel numéro deux. Il file en interview, son livre vient de sortir. Un livre très humain, un livre sur la paternité, un livre faire-part. Deux tours pour une alliance. Je ne suis pas sûr que le sujet des Twins Towers passionne autant que la polémique publicitaire, mais le livre, lui, est une belle réussite humaine. Humain trop humain, le grand échalas total hype. Il m'annonce que Bordel a écoulé son premier tirage. " On remet ça ! "
Il fonce sans avoir omis de me parler de sa nouvelle stagiaire, " au moins quatre pages dans ton journal ! "
Quatre par quatre sur le bois parquet des escaliers circulaires de la vieille maison… Je parle un instant avec Lakis, dont la revue sort dans les jours, en fin de semaine. Je m'immisce donc jusqu'à la jeune beauté promise. Avec la gouaille joyeuse rieuse pieuse, je suis en forme éloquence. Ça tombe bien. La jeune Lydie est au téléphone, je me fais discret, me présente et commence le flot de mots. La jeune fille de charme certain est d'un extrême politesse, le " vous ", offre de me céder son fauteuil… Je suis déjà un vieux bougre qui attendrit les jeunes sylphides. Sans abuser de sa gentillesse et de son joli minois, je la salue et l'encourage dans cette tâche harassante de s'occuper d'un vieil adolescent de trente-sept ans.

Je file au Cristal, je tente tout d'abord d'y aller à pied en traversant le Luxembourg, mais abandonne paumé dans un sens qui n'est pas le bon. J'ai dit aux amis au 63. Je sors du métro, au 145, je marche un peu, mais ne reconnais pas le plan d'urbanisme (j'ai vu le plan sur voila.fr) et là je prends conscience doute peur que cela soit le 163 au lieu du 63. L'avenue est immense, je n'ai évidemment aucun numéro. Je rebrousse pas, et constate l'infâme vérité, c'est bien au 163. Je doute de voir Ariel, Anne, Alexandra, Sandrine, Pascal, Bénédicte, Juliette, Jérôme. Dans ce drame, je retrouve en bout de zinc, Cyrille. Et Dom' derrière son bahut, avec ses deux serveuses. Je suis épaté effaré effrayé par le monde, du monde à gogo, en plein 15e, de jeunes types chemises blanches boutons (la mienne est celle d'un berger (qui a perdu ses brebis)). Une vraie frénésie de pub. Les copains arrivent par grappes, Clotilde, Sébastien V., Romain, Laurent, Sandrine, Sophie, Xavier, puis Fabien, Rodolphe, Sébastien O. Avec le portable de Fabien, j'arrive à joindre Juliette et Jérôme (j'ai les numéros de certains auteurs sur un marque-page).
Je présente le brummelien Jérôme à l'exquise Juliette, très en beauté charme avec le rosi de l'été. Juliette faisant une unanimité parmi la jungle masculine présente et forte en bière… Fabien discute pour sa part avec une jolie toute en douceurs, rondeurs, saveurs, des îles, et du balconnet. Courbes dansantes de la jolie femme plantureuse. Rodolphe n'est pas loin de ce délice Caraïbes. Cyrille illumine de sa prestance ce coin encombré où nous essayons de rester vivants. Je suis entre Jérôme & Juliette, ils ne se connaissaient pas. Nous avons dû paraître pour des exclusifs, entre écrivains, alors que nous faisions les premiers pas d'amitiés, entre la ravissante Juliette et le lecteur de L'homme sans qualités. Le style dandy londonien et le trait furtif de la Vienne 1900. Sébastien O. me tire un puit de tristesse d'une nouvelle. Une drôle de force sensible, ce " petit trapu " !

Nous finirons par dîner dans un Hippopotamus (et non Hypothalamus, dyslexique suis-je !)… A plus de minuit. On dévore, je sens la fatigue m'occire… Dieu bénisse Rodolphe, celui-ci décide de rentrer dans notre bucolique contrée. Les autres iront au " 41 ". La canaille !
Lors du retour automobile, j'ai une saisissante pensée aux " morts du 63 "…