21 avril, une nouvelle date anniversaire, encore une pour nos babouins aux culs hauts et propres. Jospin aurait dû lire ce journal, il y aurait vu ce second tour, très très prévisible. A chaque déclaration présomptueuse, il descendait. Le Pen n'avait alors plus qu'à se maintenir. D'ailleurs, le séisme édifié par les médias n'en est pas un : Le Pen en valeur absolue a très peu progressé.
Je maudissais ces hordes de jeunes débiles qui n'avaient comme unique slogan, des mots de " haine ", de " rage ". Dieu que j'aime la rage et la haine, celle qui fait écrire Léon Bloy, celle qui faire agir, qui fait partir… mais là !
Des drapeaux français mêlés de drapeaux algériens, palestiniens des manifestations " infantiles " d'une part, et des drapeaux tricolores et la Marseillaise chantée par les militants " séniles " du FN d'autre part.
Bah, moi, bêtement, dès que j'entends la Marseillaise je chante.

C'est étrange, hier, j'écoutais Glavany, il semblait n'avoir pas compris les résultats du premier tour, pourtant si simples : 40 % de l'électorat parti dans des votes extrêmes ou nuls ou pas, et pis, le monde ouvrier, employé, salarié s'est reconnu dans le " y a en marre " de Le Pen. C'est simple, y a pas que des " bobos ", hétéros ou pédés, en France. Jospin a oublié la France d'en bas, d'à côté, tout court.

A la télé, " Tranches de vie ". Justement.
Je stoppe mes réflexions inutiles pour m'installer dans un fauteuil douillet. Tout est propre. Je viens de passer l'aspirateur. Fait la vaisselle, et versé de l'eau de Javel dans les éviers. Le sketch, " les âmes mortes ", est admirable. Jugnot est vraiment un acteur formidable.
Rien d'excitant, les seules actrices, les filles du Splendid (Chazel, Balasko et Anémone), mais j'ai sorti mon sexe, que je malaxe comme on se tortille les cheveux. [Hier soir, avec Pascal et Cyril, on a maté, hilares, le documentaire sur la troupe du Splendid ; j'ai une préférence pour " Mes meilleurs copains ", avec Darroussin, mythique.]

Je me souviens des " Monstres ", de Risi, j'adorais les films à sketchs, ceux d'Yves Roberts ou de Robert Lamoureux, toujours bien plus efficaces que tous les discours.
Démonstration, mon charabia politique sur le 21 avril bien moins fort que le sketch " Paris sera toujours Paris ".

Le film fini, j'emmène mon linge sale chez mes grands-parents. Ma grand-mère est près de la gazinière, devant une casserole marron, d'un contenu saumâtre. Elle colore des œufs durs, avec de la chicorée. Comme dans son enfance. Elle aurait pu prendre de l'oseille pour le vert, dit-elle.
J'installe la machine, trie les trucs, fragiles, pas fragiles. 30°. Ça tourne. Je bois un café, en lisant le journal. La Une sur les foulards. L'intégrisme musulman ! ça me fait marrer encore cette histoire, on part en croisade pour libérer des pays du joug de la soumission machiste et islamiste, et les femmes musulmanes de France sont les premières à revendiquer le port du foulard.
Est-ce que Sarko interdira le port de la kipa de la même manière ? [Hier soir, je demandais à Cyril, tu as déjà vu des Noirs musulmans ? Oui, il y a plein en NBA, tu as déjà vu des Noirs chrétiens ? Oui, ceux qui chantent dans les églises, tu as déjà vu des Noirs juifs ? Non. Pourquoi ? Parce que c'est une " religion " foncièrement racialiste.]

Une fois de plus, on focalise, avec raison, il faut l'admettre, sur des actes contraires à la laïcité de la République, mais avec un angle toujours ciblé sur les Musulmans. Les seuls qui seraient en dehors de l'idéologie française (pour reprendre un livre odieux de BHL) ?

Dictature odieuse de Saddam, les kurdes malmenés, exterminés… Oui. Saddam et sa tribu, car le clanisme est une réalité de l'Irak, a uni sous son régime toutes les tribus d'Irak, tel un Robespierre ?
Kurdes, entité contre la centralisation, n'ont pas une auctoritas de bonté, juste qu'ils veulent le pouvoir. Désormais, ce seront eux les bourreaux.
L'Irak replongeant dans les conflits claniques, mais aussi dans les pièges de la soumission coloniale, dans sa nouvelle phase multinationale, ce ne sont plus de nos " ancêtres les gaulois " dont il s'agit, plus rien d'une emprise culturelle, rien à foutre, désormais, mais d'un étau économique, cynique et amoral.
Saddam et ses palais, il avait des voitures de luxe. Oh ! Dans les émissions de Stéphane Bern, on nous bassine des palaces des émirs arabes, des voitures géantes, etc… Emirats, pouvoir héréditaire, castes, femmes inférieures, esclaves noirs…
Saddam est un révolutionnaire marxiste. Je le dis, nos rues sont ornées de Saddam de l'Histoire. A mon plus grand regret, n'étant pas marxiste.

C'est une bataille de bédouins qui attend le royaume d'Irak, berceau de nos lois, de nos croyances, qui n'a jamais connu autre chose que des régimes centralisateurs. Comme nous d'ailleurs, la révolution française est une dictature centralisatrice, unificatrice : fin des castes dirigeantes, torture de la religion dominante, extermination des entités régionales (chouans, vendéens, dauphinois, savoyards…).

Saddam et son pétrole. Pétrole, oui oui, c'est pour l'or noir qu'on a fait la guerre. Mais, pas seulement. Saddam était le seul, ouvertement, à financer la lutte de Libération de la Palestine. Et ça ne plaisait pas à Rumsfeld ou à Wolfowitz, proches du Likoud (Ariel Sharon) (Likoud, parti fasciste de Vladimir Jabotinsky, années 30). Personne ne rapproche la politique étrangère américaine avec la création du Grand Israël !
J'ai rien contre les Juifs, si, c'est vrai. J'aime des compositeurs juifs, des penseurs juifs, et des femmes juives. Je suis incapable de dire " je n'aime pas untel simplement parce qu'il est Juif ". Encore récemment, je suis tombé en admiration d'une jolie femme juive, se définissant comme telle.
Bref. Mais l'idéologie juive, la révélation du peuple élu, la prétention à être supra-nationale, et la confusion de la religion, de la nation et de la race, mènent certains Juifs sur la pente absurde de l'extrémisme ; comme le peuple allemand, dans les années 30, où le même mélange se produisit. Tous les Allemands n'étaient pas Nazis. Très peu d'ailleurs, mais la vie continuait.
Idem pour les Juifs, même en Israël, tous ne sont pas Sionistes Purs et Durs, mais comme pour les Allemands " modérés " des années 30, ils ne remettent pas en question l'idée du Grand Israël en Palestine, comme les Allemands en majorité ne remettaient pas en question l'idée du Grand Reich en Mitteleuropa. Nullement Nazis, mais à l'intérieur de cette idéologie organique et animale : la race et son écosystème.

Ma grand-mère se fout de ma bobine, de ma dégaine. J'ai un vieux treillis, style skateur, petits carrés noirs et blancs, qui n'a pas d'élastique. Pour ne pas le perdre, j'ai passé la ficelle dépouillée autour d'une épaule, comme une bretelle. Je porte un vieux t-shirt blanc taché de vernis à bois, celui de mes poutres, et de petits trous. Je le porte à l'envers. Ma grosse barbe accentue ce drôle de portrait. M'en fous.
Et je n'ai pas de caleçon. Les fesses à l'air. C'est Pâques, bordel.