" Moi je fais la paix avec mon irréversible côté obscur, Cyril avec son irrésistible côté sauvage, et toi, ton indescriptible côté sm "

" Pour ma part je suis heureuse, d'avoir un nouvel ami, plus un, nouvel amant, et che sera sera... "

" ...TROP grand sans doute. Devenait effrayant. J'aimerais te voir, mais pas
pour t'entendre maudire l'alchimie que tu as fomentée "

" Je t'écris trop. Je n'écris pas assez. "

Que dire, que penser… Folle… Complètement folle… Je suis heureuse avec le " petit sauvage ", soyons amis, à trois, youpi tralala… C'est ça la simplicité qu'elle recherchait tant ?
Et mes sentiments ? Et l'amitié, hein, on se casse ainsi avec une fille de chez son ami ? Et la manipulation qu'elle m'avoue de message en message ? Ses petites phrases pour briser les rares jolies choses qui me restent ?
Ça me fait encore rire, mais tout cela est d'une bêtise effroyable…

Cela ferait rigoler Régis, j'aurais un côté indescriptible " sm ", c'est comme cela qu'elle définit le talent, l'aura, l'esprit… Oui, j'ai quelques notions de dialectique, d'abstraction, sûr que comparer à… cela peut être effrayant !
Trop grand, certes, mais Cyril, c'est plus gros… Ah, cette histoire part en couilles, à ne pas savoir lesquelles tâter. Si, elle veut Cyril, le simple et facile… Ramène la pelote ! Chewbakka !!
Je ne sombre pas du côté obscur…

The end


Je surnage de minuscules champs de blé, l'année dernière, il y avait du haut maïs. Le haut du blé flirte avec le haut de ma roue. Je file dans les ornières, jusqu'à la rivière. Que je ne traverserai pas, de l'autre côté, un camion de gitans. Je rebrousse chemin, voltige dans les herbes non coupées, des perdrix s'encaillent à mon passage. " S'encailler ", ça veut dire s'envoler avec des petits piaillements qui rappellent les cailles. Tel est mon désir.
S'encaille, San Ku Kaï, Shanghai ... "Je suis une racaille de Shangai" (Eric, dans La tour Montparnasse infernale)
Ça vole pas haut, les perdrix, les cailles aussi d'ailleurs… Je bondis sur un bitume très envoituré, entre Paris et Provins, la route des foires. La ville des aigles, ceux qui enserrent entre leurs griffes les petites cailles. C'est triste.
Les bras gigotent sur le guidon, je bronze des avant-bras. Mes frêles avant-bras, où nul aigle ne pourrait venir se poser, tout juste une caille. Une petite caille aux pruneaux d'Agen. Mon père me téléphone, il arrive vendredi prochain, et je repars avec lui pour une semaine à Laugnac lundi en dix. Une semaine près d'Agen, dans un lieu-dit avec piscine. Il finit de l'installer mardi prochain. Mardi, je vois Nischa, je vois Frédéric…
Un article m'attriste, encore la paternité de Bordel, et même du site… Rien sur moi, rien sur Olivier et Philippe. C'est triste tout cela. L'article cite des propos de Livre Hebdo, j'ai hâte de le lire. Je suis un peu déçu. Pas de réponses à mes messages de l'attachée de presse, les auteurs ont reçu (pour certains) un exemplaire sans remerciement, j'ai dû voler deux exemplaires dans le bureau de Juliette pour les offrir à Olivier et Philippe (concepteurs du site), et j'ai moi-même acheté un exemplaire pour que les auteurs me le dédicace. Sans oublier que ni mon père, ni la " muse " de la revue n'ont reçu un livre. Je déprime un instant dans mon fauteuil, avec William Sheller.

Le téléphone me sauve. Le destin ne veut pas que je sois seul, il veille sur moi et m'apporte le mieux qu'il puisse procurer. Fabien, mon vieil ami brouillé depuis deux ans, facile, m'appelle en réponse à un message déposé précédemment. Il me propose de passer me prendre pour la fête de la musique. Il me raconte qu'il était chez BETC hier soir, au moment où nous étions partis ; il n'a pas changé. Il était avec Mathieu et son amie Virginie, et ils ont discuté avec les rares qui restaient encore, au milieu des épaves de plastique, de cacahuètes, de chips, de pizzas…

Ne jamais être seul, la sensation intime et toute puissante d'être protégé, d'être au-delà…
Sébastien ce matin a installé un système de statistiques (celui du site de revuebordel.com), tout simplement. Je ne l'avais jamais fait pour mon site perso, je le fais donc, entre trente secondes, c'est fait. Que de temps encore perdu… gâché plutôt. Je suis un gâcheur de temps, ce qui pourrait entrer dans la définition d'un écrivain. Qu'il s'en serve pour écrire, ou qu'il écrive pour le compenser. Mon premier lecteur a être référencé est un … Polonais, génial… le second vient de Nice… Caroline (je ne crois pas, elle doit être dans le TGV), Corinne (rentrée de son hospitalisation)…
Un Polonais, Stefan ?
Une Polonaise ? Un représentant de la vodka Zubrowska ? Cette maudite bouteille est glacée, honteuse, cachée dans un coin d'un réfrigérateur vide. Je la ressortirai pour de grandes occasions, un passage de Judi… Comme à la grande époque, les temps glorieux où tout était si loin de nous, le recul du sage… On s'éclatait, buvait, rigolait, que s'est-il passé ? Pourquoi sommes-nous devenus si graves.

Fabien se pointe, avec du retard, comme d'habitude (celle de nos longues années d'amitiés fortes), rien de grave. Il parle tout naturellement avec ma grand-mère, " ça fait longtemps que je n'étais pas venu "…
C'est bon de le revoir.

Il passe prendre des affaires, chez lui, aux Abbesses. On ne connaît pas trop le plan de la soirée, pour le moment, Rodolphe est chez lui (Arthur), Sébastien serait avec Andrew et sa cousine, copine d'Andrew, Pascal avec Bénédicte au concert de Gotan. Et nous sommes à Montmartre, dans une jolie ambiance. Voiture garée, on se tâte à bouger en caisse. Fabien laisse des messages aux répondeurs amis. On se balade. Entre spots, bonnes musiques, des jolies filles, un peu partout. Fabien en repère une, stylée, " elle bosse dans la pub ", petite lunettes carrées, chaussures à lanières, petit haut rouge punkeïsant. On stoppe près d'elle, on finit nos bières et enchaînons sur un punch tout proche. On se positionne devant, derrière, sur le côté du banc où elle est assise en compagnie d'une fille et d'un type. J'irai même un moment m'asseoir près d'elle. Mais rien. Je ne ressens rien. Elle ne nous regarde jamais. Mais bon, on est bien là, ici ou ailleurs. C'est elle qui dicte notre action. Elle se casse, nous nous cassons. Plus bas, devant le café de la butte, spot lounge comme dit Fab. On s'y arrête, dansons, pénétrons la foule. Sourire aux lèvres, je me sens bien, je regarde les gens aux fenêtres. Les gens chez eux. On fera ainsi dans deux trois spots, électro ou pas. On gigote, on observe, je fais un max. de cascades d'une rare originalité, sautant au-dessus d'un " cadavre ", une femme me sourit et me tend son appareil. Je repars en 360, je sautille partout, c'est la joie. Un peu de liberté retrouvée, le plaisir de sourire aux gens, de glisser un mot dans l'oreille d'une personne, quelle qu'elle soit.
Nous repartirons vers deux heures du matin…