Pestilence.
Fétide remugle. Horreur fétide. Empuantie saveur. Mon
organisme me parle, m'ordonne, me fait sentir, me fait vomir que je
ne dois pas boire. Aventurier anal, stomacal, embarcadère intestin,
méphitique présage. Je pue, je gaze, je pue. Couette assassinée.
Ne pas boire, le corps rejette. Il expire le pestilentiel. Ou est-ce
le relent Caroline, d'encore son mail découvert à mon
coucher au moment où je souriais à un hypothétique
rai d'Audrey. Blasphème, honte, moribonde Caroline, encore elle.
Ne m'oublie jamais. Long coulis émétique en moi au moment
de m'endormir. Je le chie le pète le sonne au réveil.
C'est ainsi que fonctionne un corps ventre. Quel relent infect, qui
se poursuivra toute la journée. Je répondrai sèchement
à ses messages (dont tous ses ami(e)s - avec lesquel(le)s n'a-t-elle
pas couché ? - sont en copie) pour lui faire comprendre que je
ne veux plus rien savoir d'elle. Qu'ils soient heureux, je n'ai pas
la bêtise de l'aigri, mais je suis passé au-delà,
par delà
Elle s'obstine me relance sur mon aphorisme de
l'amitié, que je ne nuis pas à mes amis. Ils ont cessé
de l'être dès lors la trahison, un " je t'aime "
à moi, un " je t'aime " à mon ami Cyril. Elle
me reproche de parler d'elle, qu'elle se taise, je l'oublie, je l'ai
déjà oubliée. Je viens même ce soir d'effacer
tous ses mails, tous ses textes et les photos d'Antibes, c'est dire.
Me faire effacer quelque chose d'écrit à moi ! Mon trajet
du RER du matin est jonché de petites crispations, un type crache
au moment où nous nous croisons. Le bruit du crachat piquant
le béton de la gare me soulève le poing, un poing dans
la gueule de ce cancrelat sialagogue. Je ne fais rien, à part
ravaler ma salive
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