Pestilence. Fétide remugle. Horreur fétide. Empuantie saveur. Mon organisme me parle, m'ordonne, me fait sentir, me fait vomir que je ne dois pas boire. Aventurier anal, stomacal, embarcadère intestin, méphitique présage. Je pue, je gaze, je pue. Couette assassinée. Ne pas boire, le corps rejette. Il expire le pestilentiel. Ou est-ce le relent Caroline, d'encore son mail découvert à mon coucher au moment où je souriais à un hypothétique rai d'Audrey. Blasphème, honte, moribonde Caroline, encore elle. Ne m'oublie jamais. Long coulis émétique en moi au moment de m'endormir. Je le chie le pète le sonne au réveil. C'est ainsi que fonctionne un corps ventre. Quel relent infect, qui se poursuivra toute la journée. Je répondrai sèchement à ses messages (dont tous ses ami(e)s - avec lesquel(le)s n'a-t-elle pas couché ? - sont en copie) pour lui faire comprendre que je ne veux plus rien savoir d'elle. Qu'ils soient heureux, je n'ai pas la bêtise de l'aigri, mais je suis passé au-delà, par delà… Elle s'obstine me relance sur mon aphorisme de l'amitié, que je ne nuis pas à mes amis. Ils ont cessé de l'être dès lors la trahison, un " je t'aime " à moi, un " je t'aime " à mon ami Cyril. Elle me reproche de parler d'elle, qu'elle se taise, je l'oublie, je l'ai déjà oubliée. Je viens même ce soir d'effacer tous ses mails, tous ses textes et les photos d'Antibes, c'est dire. Me faire effacer quelque chose d'écrit à moi !
Elle me force à penser à elle, c'est pénible. Je souris au message de son amie Mélanie, avec qui elle a couché en pensant à moi, et puis, avec moi, elle pensait déjà aux jolies lèvres de mon solide Cyril. S'ils m'avaient écouté dès le début. Désormais tout est gâché, que chacun prenne sa route. Je ne veux plus penser à eux. Ma vie est déjà bien assez dense. Allez vous en mauvaises odeurs.

Mon trajet du RER du matin est jonché de petites crispations, un type crache au moment où nous nous croisons. Le bruit du crachat piquant le béton de la gare me soulève le poing, un poing dans la gueule de ce cancrelat sialagogue. Je ne fais rien, à part ravaler ma salive…
Je tire de l'argent, je n'avais pas pu hier soir, devant emprunter 20 € à Fabien, alors que je pensais être à flot. C'est bien le cas, plus de 12 000 €, en transit, attendant de rembourser mes crédits en " M ". L'horreur de l'acheteur compulsif que j'étais, à faibles revenus…
Une fille, une Anglaise, je suis assailli de touristes lymphatiques, bâille en rond cul de poule. Une seule envie, enculer la poule…
Je somnole, éveil tragique, une femme moche, tout comme moi, pas de cou, gros nez, mais coupe Jeanne d'Arc, nous nous ressemblons jusqu'à la pilosité de l'avant-bras.
Aux Halles, je repère une jolie blonde avec la sangle de son sac entre ses seins, cela doit faire mal, du bien certainement. Je pense à Araki, au Japon, au bondage, et je pense pour la première fois que cela n'est rien l'exclusif fait de la culture nipponne mais de celle de la femme, toujours ceinturée, sous le contrôle du corset (Vivien Leigh en Scarlett), de l'armature bloquant emprisonnant créant les délices saillances de la silhouette divine. Les seins piégés, la taille encerclée, toujours ligotée. J'ai envie d'attacher une femme. J'ai envie de retenir un Cri.