Le
conducteur me parle et me parle, me dit que je suis sympathique, "
en grande forme ", me demande d'où je viens ? Je baragouine
des digressions passionnantes, il se retourne un instant, et me remercie
de cette conversation. Même crucifié, même Mister
Hide, même Hulk, j'arrive à être une âme
pansement. C'est ça, c'est très juste. Je suis arrivé
au Cannibale en Fanfan la Tulipe, taïaut, et je finis
en Mister Hide & Hulk, fuyant amis, et toutes ces visions
d'énervement. Dans le taxi, la bête a fui, visiblement,
apaisé, je suis redevenu David Banner (Bill Bixby). Rotoscopie
de la tablée, à la John Woo
ça tourne à
Jean-Pierre Timbaud. Chronologiquement, Jérôme (19h58)
Régis peu après, s'enchaînent, Sandrine, Philippe,
Pascal, Agnès, Laurence, Elisabeth, Anne et DeeOne. Elisabeth
n'est plus cette Nellie Oleson irrésistible. Cette Angélique
à la griffe cruelle. Je ne l'avais à peine reconnue. Toute
pimpante, si je peux permettre la trivialité concernant cette
femme A quoi bon
A quoi bon
un peu trop idéaliste
Même si c'est Pull Marine qui chahute dans ma calanque.
Tout ce que je veux cacher
Je
n'arrête pas de prendre des chihuahuas, servis par Fafa, par Audrey,
racines, toujours cette nécessité de la racine. Le hasard
nous rassemble, nous ressemble. Les
imbrications de la vie me détruisent et édifient ce piètre
édile. " Monsieur le Maire " ne comprend pas pourquoi
il boit autant, pourquoi il se sent bien, et qu'il en résulte
ce gouffre de l'alcool flambé. Agnès ? Le 23 demain ?
Le départ de Caroline au Sénégal avec Cyril ? Entre amis, bordel, tout est bien, je pense l'être aussi. Et ce bris, ce pli (coucou Gilles ; remerciements à Watteau et Drieu), cette fuite à Ponthieu, cette conversation sur " Raimundo " Merde, je ne voulais pas l'entendre, l'entamer, et encore moins la finir. Satané jugement dernier ! Histoire
d'Agnès en Cannibale reconstituée. Soyons formaliste.
Un peu plus clair que le Lieutenant Columbo. Moins bedonnant que Maigret
(grand merci à Jean Richard pour son zoo à Emerainville).
Une personne a posté sur le forum de l'agence où je travaille
le lien vers le site de Pascal (ici présent) où il est
question de la soirée de départ d'Eric. De ce site, un
lien vers le mien, sur mon journal, un récit identique mais avec
des noms dont Christophe M. (qui vient de rentrer dans le resto, là,
ce soir, à l'instant précis du metteur en scène).
Je reviendrai sur cette brebis ensuite. Les lectures tournent, la plupart
des collègues découvrent mes soliloques onanistes
Au moment de la soirée Bordel, un mail d'Agnès, la fille
qui avait donc posté le truc. Elle-même proche du SDH (syndicat
de la hype) et de Pascal (présent), Sandrine (présente),
Laurence (présent)
un cercle connu. Elle m'avait parlé
d'un garçon avec qui elle se sentait en " phase désirante
". Et ce garçon, c'est Laurence ! Dont je venais de recevoir
un mail et un texte. Laurence qui fut l'un de nos sujets de conversation
lors du dîner avec Jérôme en compagnie de Vanessa
et Marie. Une running joke que je cultive quand je rencontre Vanessa
(qui a lu Héloïse en tant que lectrice chez Flammarion),
qui lors de la soirée Hermaphrodite voulait que je reste
avec elle, je me souviens de son regard larmoyant, j'étais rentré
dormir, écrire, et là, Laurence l'avait emballée
Tout s'emballait ensuite, petits mails rigolos du " juste un baiser
", " baisé ! "
Jérôme ce soir
se retrouve à côté de Laurence, derrière
nous, à une autre table, Christophe M., en t-shirt vert. Je trouve
cela très théâtral. Et encore plus hollywoodien,
à la droite de Jérôme, Sandrine, qui elle aussi
succomba à l'esthète londonien. Je me sens bien loin.
Tout à coup. Anne est
partie, Jérôme également
Je commande des chihuahuas
pour Deeone, Pascal et moi, puis, pour Deeone et moi
puis, un
cognac pour elle et moi
Régis
part aussi, tout le monde se regroupe, je suis en taxi pour ma part,
avec Pascal et Audrey. Marre de l'appeler Deeone. On va où ?
Au Mathis ? Je suis. Je suis bien avec Audrey et Pascal. J'ai pas un
seul souvenir de notre tribulation automobile, mais je me souviens d'une
grande banquette, dans un tout petit bar, que je ne devais pas être
" lourdingue " ou je ne sais plus trop, me tenir bien
J'ai moins de solives ici. Puis, baoum du magicien, Philippe, Agnès,
là, avec moi, à une autre table. Je cherche le petit bonhomme
peinturluré de Lost Highway. Là, ça m'agace.
Me crispe. Je me demande où sont Pascal et Audrey, je ne buvais
pas un mojito ? Agnès
, Philippe qui enchaîne sur
cette douce Agnès, et je dis des choses méchantes, blessantes.
Je suis un faux St Sébastien, un reliquat affreux, un pauvre
type qui renvoie toutes les flèches.
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