Je me souviens de l'odeur du colza d'hier soir, quand j'étais seul dans le bus, entre Nesles et Ormeaux. Le chauffeur écoutait Goldman, " quand la musique est bonne ". Tout vert, tous les verts, pas autant que cela, pas autant qu'à Florence, autour de Touquin. Je me souviens. Ce matin,
je suis au fond du bus, avec Cédric. Je parle et parle, tel est
moi : un bavard. Je lui dis" aujourd'hui on fait le trajet avec
la jolie blonde ? " [Caro m'envoie un mail d'une force ; Caro, elle écrit toujours avec force, avec rage, avec tripes. J'avais adoré son texte, me sentant petit, ensangletté, et lui avais dit.] Ce journal est décousu : c'est n'importe quoi. Ecrire un demi-heure : c'est trop peu ; mais ai-je le choix ? J'en oublie
ma blonde. Devant moi, dans la hall de la gare, derrière, à
l'escalator. Elle me suit, " tu fais le trajet avec nous ? " Anne-Cécile Son nom. Licence d'Espagnol, veut arrêter, préparer le concours de professeur des écoles par le CNED (comme Marie, la fille à la grande bouche folle qui embrassait un garçon à l'arrêt du bus, dans un jour passé, avec qui nous avions fait le trajet hier.) Moins belle que de loin. Belle tout de même. Elle part. J'ai rencontré la belle danseuse inconnue du bus et du RER. Belle journée. Midi avec
Frédéric Grolleau, qui lit ce journal, je suis surpris.
Chez Renato, mais pas de pizzas. Régis
me réjouit de sa publication. Je sens le lascar heureux, et je
le suis aussi. Cela a-t-il un prix ? Marsouins ! Rencontre
avec aLine, écrit-elle. L me fait penser au Jerry Springer Show.
L, mais pas elle, hein ? Avant,
je monte dire " bonjour ". Toujours pathétique et triste,
et nul, et pathétique et triste, et nul, avec Juliette. Je redescends, croise Fred, esclaffes, en face, café, Aline, gars de Télérama, repars, dans la cave, avec Lola qui dédicace tous les envois, en prends un, précise l'identité d'étiquettes choisies au hasard, Olivier Malnuit, oui bien, le type du site anti-Danone, David Foenkinos, excellent, ancien attaché de presse, remarquable auteur chez Gallimard puis que des cons Aline, Gérard Oberlé (que j'ai sélectionné, avec Martin, dans les choix " livres " du prochain site Florette ; s'il le savait, il me mangerait) Passage, émulation, récréation chez Flammarion : petit bureau d'Aline, Lola, Gérard, elle et moi. Au mur, photo d'elle, de son petit ami, entre les deux, Néo : pavoisant avec éclats ! Drôle. Toute récréation a sa cloche. Sa sonnerie. De fin. Repars également avec le livre d'une minette boudeuse, Casanova, je me souviens de sa cat's fight à la danse macabre de l'Hypershow. Le train pour Coulommiers, ce soir, je vais jusqu'au bout. Terminus : " Coulommiers ". Je rejoins Cyril à la Libération [Rien à voir avec le journal fourbe et dégueulasse de la rue Béranger. Ai lu, sur le net, je n'ai jamais acheté Libé, si une fois, pour un " Rebonds " de Yann, le portrait de Valérie, enfin plutôt, le pugilat du couple, atroce et odieux : Libération quoi !]. Cyril est
au comptoir, cul en exposition sur le tabouret. Face à lui, Grumeau,
Lionel, bras gauche dans la poche, toujours le bras gauche dans la poche,
la poche. T-Punch ou un truc encore plus fort, picon tequila, du
genre, à la chaîne, toujours de la main droite. Une femme
vient prendre sa voiture, devant le bar, justement la psy de Lionel.
Il sort la saluer, elle le moralise sur ses mélanges d'alcool,
avec les médocs. Puis, se casse. Il revient penaud, son prochain
rendez-vous est en juin. D'ici là, ironise Cyril, il a le temps
de foutre le feu à je ne sais pas quoi, ou de se flinguer avec
une bombe artisanale fabriquée à base de peinture et d'essence
ou de trucs dans le genre. J'y connais rien en voitures.
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