Je suis con, je suis con, je suis con. Je suis un drôle de loustic, je suis con. Affalé devant la télé. Je suis con. Pour les déclarations, impérieuses, grandiloquentes, il y a un bonhomme, pour bélier la herse, il y a plus mézigue. Je suis con. Je suis con. Je suis con. Je sens le jeu de Manchester United comme aucune autre équipe. Scholes ne loupera pas deux fois, à la seconde, il marquera. Cela ne manque pas. L'entre-jeu de Manchester est sa vraie puissance, Keane et Djemba-Djemba (la faille du dispositif, il découvre, fraîchement arrivé de Nantes), les attaquants, ailiers et pointe, Giggs, Solskjaer et Van Nistelrooy reviennent au pressing ; je respire ce jeu. Ils s'imposent 2 à 1 à Newcastle. Sans oublier le cœur du principe de conquête : Scholes. Cantona le disait dès 92, Scholes est l'élément primordial, l'auctoritas de l'équipe. A l'époque, Scholes était un poupon. Beckham est parti, le pied magique, mais peu importe, le vrai diamant est roux. J'aurais bien aimé être Anglais simplement pour aller voir des matchs dans des stades en liesse, aller à Old Trafford. J'aurais été un Red de Manchester. J'aime Manchester depuis que je connais le foot, que je le suis à la télé, depuis cette finale de la coupe d'Europe des vainqueurs de coupe, marquant le retour des clubs anglais dans les compétitions UEFA. L'époque des Hugues, McClair, Sharpe, Ince, 1991, victoire en C2 contre Barcelone, le Barça de Bakero, Beguiristain, Koeman, Laudrup (M.). J'avais le jeu " Manchester United " sur Atari 520 ST. Puis en 92, Cantona arrive. Cantona à Old Trafford, et je fonds en larmes. La " Marseillaise " en terre Albion. Ouh Ah ! Cantona ! Je suis con. Je suis con. Je suis con. Je prendrais bien ce téléphone et dirais ce que je pense à ce répondeur qui porte si mal son nom, il ne rappelle jamais ! Le Stade de France silencieusement au chant de l'hymne de notre patrie, du sang impur qui abreuve ; j'ai loupé Bibiche, l'amie de Fabien, porte-drapeau de son pays, le Congo, et participante au 800 m. J'essaie de voir, dans le continent africain fait d'étoiles blanches, la petite Biche et son étendard ; je suis bien myope. J'ai pris la décision d'aller voir un ophtalmo. Richard à Coulommiers, il écrit des livres d'archéologie sur la Brie gallo-romaine. On parlera des sites du coin. J'ai encore quelques restes en archéo locale. Je suis con. Je suis con. Je suis con. Je crois que j'ai assisté à la série de Bibiche (la deuxième) mais je ne l'ai pas vue, son chrono pour le moment est loin (2min07) des meilleurs temps mondiaux (sous les 2 minutes)… Je suis con. Je suis con. Je suis con. Et je pue, torse nu, j'ai pas pris encore ma douche. J'ai tout de même téléphoné, lors d'un midi communicatif, à mon père et à Régis. Parfois, j'aime bien parler dans cet appareil, à des personnes que j'aime. Je bouquine des magazines qui parlent de la rentrée littéraire. Taïaut ! Alors, mes choix, il faut lire, Frédéric Beigbeder (c'est un texte humain, peut-être sirupeux si l'on s'attendait à du cynisme coutumier), Claire Castillon (outre le titre et la jaquette, c'est un excellent texte) et Pierre Mérot (là, je fais confiance à Audrey, je ne l'ai pas lu). Je suis triste que Castillon me déteste, alors que je reste scotché à sa jolie photo dans le Figaro quelque chose, et que j'aime beaucoup la rue piétonne descendante de Castillonnès. Je ne voulais pas être odieux en parlant de ses grosses fesses, il y a des hommes qui aiment cela. Et puis, je parlais surtout de son minois d'ange, comme dans les faïences de Luca della Robbia. Certains diront que Luca inclinait à trop de mièvrerie, mais je le défendrai jusqu'au Styx, mon tendre Luca. L'enfer, c'est quoi ? Un fleuve avec du hard mélodieux ; je regarde trop les Simpson. Je suis con. Je suis con. Je suis con.