Marjolaine m'avait bâché, en me disant que je ne la faisais pas rêver ; moi qui me prends pour un type génial, adorable, marrant. Mange ça, petit homme. Puis, donc, en dernier, Diane. Gracieuse, élégante. Mais encore des baffes, de cette frustration, je n'ai gardé que ses seins, que je vois comme voluptueux et lourds, idéaux. De cette réminiscence mammaire, je suis devenu ce type qui s'astique. Ce type qui n'y croit plus. Ce type, qui se branle, qui n'en branle plus une. Qui n'a plus de tableaux dans la tête, plus de Botticelli, même pas un Filippo Lippi, ni une céramique de Della Robbia. Rien de
transcendant en moi. Je suis mort. Les filles, désormais, m'amusent,
et m'agacent. Encore aujourd'hui, la teutonne présentée
par Jessica qui me joue " j'aime l'art et la culture de l'Islam
". Bon, moi
aussi j'aime les beautés berbères, Dabia, Rabéa,
Loubna... Je suis juste un infâme arabophilophobe... Enorme
et grotesque, à la télé, voix grave du off. On
nous balance des images vidéos de Saddam, " des images inédites,
peu habituelles ", qui nous informent, sur ce qu'était le
régime de Saddam. Je vois, Saddam et sa dame, marcher doucement
dans la neige. Saddam toujours avec sa femme, en tailleur rose, bien
loin des tchadors des femmes du Koweït, par exemple, ou des femmes
en Arabie Saoudite. Saddam devant un gâteau " qui informe
bien sur sa mégalomanie " ; si loin des banquets de la République
? Connards. Le journaliste est un connard. Informations ? Ah, putain Se calmer. Mer calme à peu agitée, pour reprendre le titre du livre d'Alexandre. Alexandre, tel est le prénom que m'affuble si souvent Nicolas Page, euh, non, Martin Page. Je suis heureux, tel Alexandre, d'avoir déjeuné avec lui. Mais aussi d'avoir rencontré David Foenkinos, " le dernier inconnu du bordel ". Sympathiques ces deux hommes à lunettes. Le milieu est un petit bordel. Jessica N. me parle de ses prises de galons, m'enivre de son parfum, m'encourage à ne pas abandonner " mon idée de la semaine ", dernière, désormais, et me propose de l'ouvrir à d'autres, à elle. Belle, blonde, blonde, belle, sourire, fine, fine, sourire Variations d'extases, cette délicieuse Jessica N. Que faire ? Faire un bisou. Et réfléchir. N. Ne pas sombrer à Trafalgar. N., film mort né récemment. Pas vu. N. Ce brave bégayeur qui invitait en séances privées de jeunes filles, souvent très connes, et profiteuses. N. Comme ces nouilles qui baignent dans de la mayonnaise, là, devant moi. Je décroche le téléphone. Cyril vient d'appeler, il ira voir Jessica, et son super cul, ses supers seins, sa super taille. Je préfère rester là. Avec mes idées glauques, m'endormir sur le canapé. Ressasser le passé.
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