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Je dois " profiter " de ces moments glauques, est-ce cela,
mon tendre cocker. Criant aphone devant ma télévision.
Colère et soumission, en moi, nul besoin de foulard ou de cagoule,
pour me disparaître, m'effacer totalement. Je suis là,
las, pour le mot facile. Je ne sais plus combien de fois je me suis
branlé. Je ne sais plus sur qui je me suis fini. Perversion de
l'érection, " Requiem for a dream ", " Dame Marianne
" se donne à un gros Nègre, qui trouve que les blanches
sucent mieux, " une raison tribale ", puis, participe à
un sex-show, cul contre cul avec une autre fille. Je bande, tel un porc,
devant l'immonde réalité. Télé-Réalité,
c'est bien cela, Darren Aronofsky. Caméra positionnée
comme dans un hypermarché, comme dans un " loft ",
qui filme la vieille Sara, dans sa chambre, et son obsession d'une robe
rouge. La robe rouge de sa jeunesse, d'avant la mort, la mort de son
mari, la mort de son fils, tous les deux partis, au-delà.
Son fils, héroïnomane, lui offre sa dope, une télé.
Avec l'argent de la vente d'héro. La vieille, longue dégénérescence
de sa télévision, ultime réalité, avale
son amphétamine pour retrouver sa taille de la robe rouge. Descente
en enfer.
Je me branle une nouvelle fois, j'éjacule sur une pauvre scène
de film érotique sur RTL9, je crois, Matt Le Blanc baise une
jolie blonde dans un ascenseur ; film où la blonde se donne également
à Tcheky Karyo. [Matt Le Blanc, c'est " Joey " dans
Friends, où il est souvent charrié pour ses rôles
dans des films de cul.]
Je zappe,
film de boule sur Cinéma Frisson, je rebande, je zappe, écoute
Julien Dray sur France 3, je zappe, la blonde se fait prendre sur la
moto de " Joey ", je me branle toujours, sur AB1, " Juliette,
je t'aime ", Hugo seul sous la pluie, monologue intérieur,
" faites qu'elle m'aime, faites que Juliette m'aime ". Je
l'ai fait tellement de fois ce vu. Je me branle, moins, cadence
ralentie, j'écoute les propos des invités de MOF. Mais
je reprends le rythme, deux filles sucent, dont Olivia Del Rio, sur
Frisson. C'est bon. J'attrape le torchon au sol. Je repense au ver de
Grolleau, le ver pourri qui est bien toujours devant nous, et plus généralement
en nous. Je refuse la fuite, je refuse la position ftale de "
Requiem for a dream ", l'il de la Réalité,
l'il de la Télévision. Combien de fois ai-je éjaculé
? Combien de fois, le visage, ou la présence de Jessica, s'est
faufilé à la place de cette fille télévisuelle
qui suce ce type.
"
Requiem for a dream ", la symphonie de Kronos Quartet, lente et
nostalgique. Beauté de Jennifer Connelly, vue récemment
sur un site d'actrices à poil. Beauté et tragédie,
Beauté et soumission. Soumission aux rêves. Qu'est-ce d'autre
que de se retrouver là, seul, triste, la bite à la main
? La tristesse et la soumission. Mes rêves.
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