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Je suis écrasé sur le sable, plus correctement sur ma
serviette bleue. J'ai un caleçon de bain que j'aime bien, il
ressemble, pour moi, au drapeau allemand. Je ne suis plus sur le ventre,
qui est bien gras, toujours. Nous venons de nous baigner, la première
fois, je ne suis pas allé bien loin, je nage pas superbement
et nous étions les seuls à l'eau. La plage est parsemée
de jeunes couples à enfants. Cyril est sur le ventre. Je regarde
la mer avec le regard nostalgique d'un joueur d'accordéon. Quand
une superbe blonde passe, une parfaite Barbie, jusqu'au dessin du nez.
Seules les jambes semblent un peu trop courtes. J'en informe Cyril,
allongés sur le dos, nous la regardons installer minutieusement
son parasol, sa serviette, ses affaires. Un petit garçon l'accompagne.
Il est brun et mate, elle est blonde et légèrement hâlée.
Le spectacle est exquis, nous nous endormons sur la plage. Nous nous
sommes aspergés d'une crème protectrice. Une brune viendra
se joindre à la Barbie, brune du même acabit, robe blanche
moulante, des seins non refaits. Plus petits. Elles sont si loin, je
suis si myope.
Nous quittons la plage pour aller en face, dans une nouvelle résidence,
où une fille que Cyril a rencontrée à un mariage
travaille en tant que coiffeuse ; nous ne nous sommes pas garés
ici par hasard donc. Nous trouvons le salon, le seul, pas de doute.
La cité est immense, une sorte de panoptique où chacun
peut voir l'appartement de l'autre (un nid à pulsions de meurtre).
On s'installe déjeuner à une terrasse, une masse musculaire
nous accueille et serre la paluche de Cyril. " Tu le connais ?
", " non ". Il a le dû prendre pour un de ses potes
de salle. On ne peut refuser de prendre un dessert tant il est molosse,
mais sympathique, le Maciste. C'est repu que nous décidons d'aller
explorer Vallauris (ville où habite la coiffeuse recherchée
; le patron a confirmé à Cyril qu'il y avait bien une
Elodie au salon d'à côté).
Vallauris, c'est Antibes avec encore plus de vieux. Et des céramiques
infâmes de cigales cendriers. Après un échec au
Crédit Agricole, je tire de l'argent à la CCF. Ouf. En
rentrant à l'appartement, le visage de Cyril s'éveille.
Un message sur le répondeur, une fille, Vanessa, à qui
j'avais passée son téléphone, je savais qu'elle
était dans le Sud. Il la rappelle, elle est justement à
Antibes, chez sa mère. Cyril voulait aller à Cannes, toujours
pour satisfaire l'étroitesse d'autrui. Bon, il lui dit qu'on
la rappelle en soirée
à suivre
Cannes
c'est l'ennui, et je me sens vilain d'y être. Je n'aime pas être
parqué derrière des barrières, ce soir, nous n'avons
encore rien vu. Meuh
Nous avons
donc retrouvé Vanessa (unique lectrice de Héloïse
avec Valérie) au café de la Plage, où nous
étions passés à côté la veille (j'y
avais eu envie de tout balancer, " mon gros sac " et l'incompréhension
de mon pote
). Elle est avec une amie, Valentine, jolie petite
brune asiatique. Je dis que des bêtises. Cyril semble leur plaire.
Je m'ennuie presque pas tant je suis libre de dire tout ce qui se passe
dans ma tête.
Nous ne
baiserons pas ce soir, et c'est bien ainsi
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