" J'ai lu ton journal d'hier (comme tu le sauras, évidemment, maintenant que tu as mis un fayot électronique derrière ton site).
Je ne vois pas en quoi ton aventure "Caroline" est honteuse, ou ridicule. Je pense que tu écris (et pense peut-être, momentanément) cela pour te rassurer. Les cyniques ont tort, et ton journal en témoigne (Romance en témoigne aussi, d'une certaine manière) : penses-tu que ces pages si belles que t'inspirèrent ta mésaventure, auraient eu la moindre consistance si ce n'avait été, pour toi aussi, qu'une histoire de cul - si tu ne t'étais pas fourvoyé dans ces sentiments si hauts, justement, et mal mérités... ? Ce n'est pas honteux, c'est juste beau et cruel. Ne t'endurcis pas surtout, c'est tellement con. "

Je te répondrai par ta prose, mon ami, rage tu es, rage je suis, nous sommes, comme des adolescents. Nous resterons.
" Je me traîne comme une bête de malheur, je fais semblant de m'amuser, je fais semblant d'être fort, semblant de ne pas être à fleur de peau, je suis la faire-semblance même. "

Je refuse de plier, de m'être genoux à terre, nullement, jamais, devant quelque chose de telle. Et combien même je voulais baisser tête, la frénésie de messages, de textes reçus, de demandes, de questions, de remarques, de conseils, d'amitiés, que je ne le pourrais pas. Je suis appelé à être debout, tel un arbre, fort comme un chêne, résistant comme un gigko biloba… Je suis destiné à la faire-semblance, mon ami, l'écrivain que je lis ce soir dans le train, tes portraits d'un jour de septembre, j'aime beaucoup le pompier nègre -african fireman, diraient-ils là-bas - et l'hôtesse petit poucet, sans oublier W… La plume de Régis, je l'aime, ciselante, je me répète, précise, sans être pédante et recherchée, comme si cela était et devait être ainsi. C'est écrit.

Je décide de me calmer dans les lectures des textes reçus, je lirai tout cela paisiblement la semaine prochaine au bord de la piscine, chez mon père ; venant d'acquérir une vieille bastide en pays Agenais, pour sa tranquillité et pour y bâtir, de ses mains, un gîte rural… Son rêve, approche. J'y serai bien, je n'étais pas allé le voir en Alsace, durant 4 ans ou plus, mais là, je sens que cela touche à l'idéal. Tend à …
J'y serai donc.

Une soirée seule, complètement. Mes grands-parents sont partis chez mon père, celui-ci arrivant vendredi soir pour un mariage ce week-end ; en sortant du bus, je croise au même carrefour, Nonome (qui me demande où acheter Bordel), Stéphane D.C. dans une grosse BMW, et la mère de Francky, ambulancier à Monaco, et de Teddy qui se marie samedi (actuellement hospitalisé pour des hémorroïdes). Je fais une grosse lessive, les blancs, chaussettes, serviettes… C'est long, les pâtes cuisent, les lardons frisent, le parmesan attend. Sur le Net, plein de messages, à la télé, tiens, Alain Soral en cabotin chez Mireille Dumas, avec sa sœur (qu'il traite si facilement de " pute " vu qu'elle est comédienne, et la promotion…), puis dans ce " best of ", Yann Queffélec, petit homme, voix de Juppé, décevant… Je pense à sa femme, si belle. Un espoir, ou encore une raison de se poser une question sur l'échec permanent de sa vie sentimentale. Ma lessive se finit enfin, désormais étendre, Philippe J. me fait part de son envie d'inconnu, de hors train-train conjugal. Pourtant seul, je le vis cet ennui, la vis cette vie.
Je voulais appeler Jessica F., envie de lui parler, mais je me branle à la place sur une grosse paire de nichons hollandais suçant une bite dans un camping-car et un film d'Alain Payet. J'aimerais bien que Jessica me procure ce doux plaisir, est-elle toujours punie, pour avoir forniqué avec l'indigène. J'aurais bien appelé aussi Martin, même Florian, mais là, ce sont mes lardons qui ont pris le dessus, ils cramaient, réclamaient leur crème… Le temps passe, dans une vie domestique.
J'ai même pensé à Caroline, certainement baisant avec Cyril, il doit bien la baiser sauvagement, était le terme qu'elle a utilisé pour le décrire. Ce qui me chagrine ce n'est pas qu'elle ait préféré le beau au laid, logique chez une nympho, mais l'imbécile à l'intelligent. Je crains que leur histoire ne dure que pour me faire chier. Ces deux cons. J'ai pas assez tripoté le sien, je le regardais comme un con, comme le truc de Courbet. Le manger aurait été si bon. Quel con ! Mais quel con !
Et ce soir, là, tout de suite, à l'instant, c'est un con qui bouffe ce con !
Mais quel con, quel con !