J'ai envie
de vomir. Je suis revenu. Dit à pépé, fais demi-tour.
Dans la voiture, stress, et quand je stresse, ça se sent ; comme
le dit si délicatement Anso. Je me sens mal, et là, désormais
je pue. Je stresse. Mon grand-père gueulouille un bonbon ; je
déteste tout ce qui est du domaine de la mastication. Il doit
le savoir, lui qui me connaît depuis toujours. Et bah non, il
mâchouille et cela me rend dingue. Je deviens rouge, je mets la
radio, n'importe quoi, RFM, le son n'est pas assez fort, mais je n'ai
pas la force, je ferme les yeux, me cramponne à la poignée,
prie. Je sens que je suis définitivement stressé. Demi-tour,
mon après-midi est fichue. Je me sentais mal, je sens mauvais
désormais. Je reviens,
passe, rassurer ma grand-mère, je fais semblant. Je suis pourtant
si énervé. Je pars acheter des trucs à bouffer
chez Mahfoud. Des chips, du Coca et du Galak. Je me sens tout naze,
si naze. L'image de moi à poil, gras sous les bras, gras sur
le bide, dans le miroir. Moi, le maigrichon d'hier. Je m'en veux. Je
dois appeler Sébastien et Pascal à qui je fais un mauvais
plan. Je pense à Jessica N. que je devais voir, à son
gentil message déposé sur mon répondeur récemment.
Je refusais la solution ftale de " Requiem for a dream ", mais je dois bien constater que je suis couché sur le côté, à mater " Friends ". Je reprends un peu de courage, appeler Pascal, pour lui dire que je ne passerai pas ce soir. J'écoute mes messages, je découvre que le 55 94 est le numéro de Caro-Marco. Elle me laisse, m'a laissé, un message, lacrymal. Ce qui me replonge dans mon cafard. Je me sens responsable, et en même temps j'aimerais tellement ne plus y penser. Ma gorge est bloquée, je reporte mon appel au Jouq'. Pleurnicher et me reprocher, pourquoi avoir sombré dans le passionnel chiant ? Je suis chez moi, avec toute la culpabilisation chrétienne sur le dos. J'ai effacé tous les messages du répondeur, n'ai pas voulu écouter leurs fins. J'ai les pleurs de Caro dans la tête, sur le cur. J'avais pas besoin de cela en ce moment. J'ai tout loupé ce week-end. Marre. Putain, de ce putain de message de Caro. Que je ne connais même pas. Qui a tout compliqué, tout rendu si pesant, si invivable. Me voilà terré chez moi, le téléphone phobique, et le moral d'un dépressif terminal.
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