Je ne suis pas malheureux de ne pas être aimé, mais d'avoir mal aimé.

Je me sens pâteux, nauséeux. J'aimerais avoir une force de destruction. J'ai besoin de détruire. Détruire, c'est une pourriture qui s'acharne en moi depuis quelques jours. Je sais pas pourquoi, mais mon épiderme impose une odeur, le stress, comme dirait la marionnette de Chirac. L'angoisse. Je suis piégé, je me sens piégé. Poli. Pris. J'ai plus le " truc ". Et pourtant…

Je continue à tout lire, à correspondre avec toujours toujours et toujours de nouvelles personnes.J'en rencontre aussi de nouvelle, j'écoute, je discute. Je suis là, dans l'échange. Je souris dans la rue. Je souris au bureau. Je souris, et j'ai un sourire de pendu. Je le sens bien, que je bascule. Je le sens bien, je l'imagine bien, une belle fin à la Rigaut. Ce serait bien, un plan marketing pour Bordel, et j'ai suffisamment de matière sur ce disque pour alimenter un semblant de culte de l'écrivain maudit mal aimé martyr. Tous chez Michou !

J'ai trop à faire. Je me sens tout de même prêt à partir, en tout cas, prêt à détruire quelque chose. Je me sens con nul ridicule pathétique de ces messages sans retour. Je me sens con de couiner tel un suidé assassiné. Alors que je suis incapable de répondre aux longs messages (ou courts) de Claire. Je méprise les appels d'Isabelle. Je me morfonds d'un ego giflé. Petit chevalier. Chevalier-inho. Je me fais peur de cet enfermement. De ce jeu, je souris tout le temps, alors que j'ai qu'une envie, qu'une échappatoire, la réclusion. Et je suis vis respire transpire dans la frénésie de rencontres. Je peux plaire, ou tout au moins intéresser, je reçois un court et doux message de Florence, la charmante Egyptienne du Flore. Je la taraudais que nous allions immanquablement nous manquer. Je suis sur tous les fronts, en ce moment, sur les journaux intimes de Phébus (que j'ai connu, sous un autre aka, au moment du forum de Yann), d'Aubépine (mon préféré), de Carla. C'est tout un monde de diaristes qui se cache après le slash (/). Le midi, je déjeune Japonais avec un ami auteur écrivain journaliste. Ce midi avec le laborieux tenace peintre (du jour) Frédéric G. Nous sommes rejoints par un Grégory P. que je n'attendais pas ; je l'avais informé de cette cantine agréable, et de ma chevelure et barbe ; d'ailleurs je ne sais si je vais me raser ou non. Tondre serait plus juste. Grégory P. dont je publierai un texte upper cut crochet jab sur Cantat et Trintignant. Là, il tient dans la main L'imbécile de Paris où il a écrit un long texte sur Sarkozy. Frédéric semble un peu gêné de cette intrusion et repart en peinture. Je discute un long moment avec le teigneux qui s'avère être un subtile lecteur (Rebatet, de Roux, Drieu, Céline), ex. pote de Nabe, proche depuis peu de Soral. J'ai une fascination et un respect certain pour les accrocheurs, pas les belliqueux gratuits, mais ceux qui savent le moment opportun ne pas baisser la tête. Soral. Moix. Par exemple. Dans la revue, il y a un article signé Maxime B., est-ce l'agressif outrancier de la soirée au Hustler ? Un très bel article sur Jauffret. Si c'est lui, il avait été rentre-dedans, mais sans réel fondement, dans ce cas, ça manque juste un peu de classe, mais le mérite est tout de même là. Je me souviens de sa première phrase : " C'est toi, Stéphane Million ?, ta revue c'est de la merde, sauf Eric Bénier-Bürckel… ". J'avais délicatement répondu que j'aimais beaucoup l'écriture d'Eric, puis lui avais demandé s'il voulait un verre, j'allais être servi. Il avait enchaîné qu'il allait LUI sortir " une vraie revue ". Je l'ai félicité de cette initiative. C'est pas moi le Touquinois qui vais nuire à la création, à l'émulation, à quoi que ce soit d'ailleurs. C'est bien mon drame, j'encourage tout. Si c'est bien écrit…

Ce qui est plaisant, ce qui touche à mon goût des liens, dans son texte du jour, Phébus évoque justement ce mensuel (Murray, Pajak, Jaccard…).
Ne pas savoir aimer. Ne pas rappeler Stéphane L. Ne pas donner de nouvelles à ma mère. Petit homme. Avec des œufs durs, de la mayonnaise et Monique à la télé.