Un petit gros, joufflu et rigolard, descend à tout berzingue les escaliers vers le quai où j'attends. Le gamin est tout sourire, comment ne pas sourire également. Il se marre, charrie ses parents, son frangin. Ils ont des gueules d'Espingouins. Même s'ils n'ont pas de tous petits culs pour éviter les coups de corne. Le gamin sautille dans tous les sens, formant un cercle de joie autour de sa famille.
Voilà un moment de bonheur, dans l'attente d'un RER intrinsèquement en retard.

Larmes de joie, à peine saillantes. Comme hier soir, les messages qui se suivaient, se répondaient, " j'ai pas tout compris ", mais appelle-moi, ça me fera plaisir. Mes amis, mes Anges, suis-je mort ? Sébastien et Pascal, s'inquiétant pour moi. S'inquiétant de " ma métamorphose " paranoïaque. Black Sabbath.

Comme le but de Ronaldinho, au même moment que le mail de Charles Pépin, qui me demande si Grégory Papin est un nom de blague. Pépin, Papin. J'avais dit à Greg d'envoyer son manuscrit à Charles. Pas fait visiblement.

Comme Philippe, mon lecteur kafkaïen, jeunes filles et névropathophile. Les messages se succèdent. J'ai débranché mon téléphone après avoir déposé un message à mes deux Anges.

Mais cela, c'était hier soir, dimanche, le jour de la chute libre.

Dans le bus, il y a désormais une machine à passer le ticket, je suis hors zone. Le conducteur me fait monter gracieusement, mais demain ?

Dans le bus, il n'y a pas Anne Cécile. Demain ?

J'ai une boule de lassitude dans le bide. J'arrive toujours à me théâtraliser au taf, à y prêter de la consistance.
Je reçois toujours, heureusement, des textes, penser à tout bien trier. Mais bon sang, je galère pour la mise en page, certains textes refusent les " ' " et les guillemets justement une fois édités sur le site.

Je suis nul dans les méandres de Word.

Ma récréation, Olivier Stupp, la récréation de la belle copie rédactionnelle, branchée de la rue du Bac, tendance rebelle, me propose une interview. Une vraie galère pour le joindre, téléphone, mails, son répondeur muet, ses divers mails, son sens inexistant de l'orientation.
C'est encore la galère, le distributeur en face, rouge, ceux de l'autre côté, en panne, et me voilà, encore, toujours, en train de galoper.

Je parle avec franchise à ce farfadet hirsute et sympathique. J'ai pas vraiment de trucs à cacher, rien d'ailleurs. Mais deux idées, le produit marketing d'aujourd'hui ne l'était pas à la genèse, les types ont fait confiance à un inconnu, loin de Flammarion & co. Et le lourdingue Clinquart. Avec son terrorisme littéraire suicidaire, sans moi...

Et si j'arrivais à me reposer, ce soir ?