Je déambule paisiblement, limite le soleil dans la face, réjouie, mais inquiète… Je pense à Clinclin, à son absence de mails, je me dis, merde, est-ce qu'il a pris au premier degré ma formule rigolote d'hier. Bon, l'idée passe, comme tous ces passagers, mes voisins du soir, du train, de l'unique train qui me permet de rentrer paisiblement, répétition, chez moi.
Répétition, en effet.
Je choisis toujours le wagon trois, le premier étant blindé, et le second, réservé aux fumeurs. Avant de monter, j'aperçois une blonde au loin, la notion de loin est toute personnelle, vu que je suis myope.
Je pense à Franck, aux mails qu'il envoie à Philippe, à sa réflexion est-ce que je suis brouillé avec Clinquart. Mais non bordel, au contraire, j'en ai encore parlé à l'étouffer, le troll ébouriffé de Technikart. Je pense à Philippe, réceptionniste de nos névroses ; je n'ai pas lu les textes de Franck, mais j'imagine. Résignés.
Nous sommes.

La blonde est moche. Je repars, et là, bordel de bordel, reine des reines, ange des anges, mutine des mutines, démone des démones, Eglantine. Tête baissée et fermée, moi, réjoui, je suis toujours à la limite de m'élancer vers elle, comme on s'élance vers un vieil ami retrouvé.
Mais non, Eglantine me déteste, parce que j'ai eu le don de la sacraliser, lui confiant mon gland pourpre sur sa langue câline, dans un texte, et pourtant ce n'est pas de mon habitude de confier mes fantasmes à des filles infidèles, à mes amis. Encore moins de penser aux amies de mes amis ; précepte.
Pauvre Judicaël. Tout cela est loin. Soyons amis, bordel !

Tout ça pour ça. Une fille intelligente et talentueuse boudant un jeune homme intelligent et talentueux. Pourquoi ? Parce que j'ai eu la force d'écrire mes glauqueries, et dans certaines de déclarer la rage, la haine, la passion, l'érection qu'elle suscitait, belle, ange, démone, mutine.

Je ne peux m'empêcher d'ourdir un cri, lors d'une scène de repas dans un film. Je ne supporte pas le bruit des mâchoires. D'ailleurs, peut-on ourdir un cri ?
C'est quoi " ourdir " ?

Je ne suis déjà plus dans le train, dans mes " qu'a-t-il pensé ", mes baratins à mon ami Nicolas, grassouillet de mes années maternelles. Devenu un Grand Homme. Avec discman et poutres apparentes.

Je suis dans l'après film.

Je reviens sur " Youpêka " (mélange de youpi et eurêka) (© FB), sur les seins d'Alexandra S., mais plus que ses seins, je reviens sur sa saillie, ou bien est-ce une crevasse, de son aisselle, ses seins, que je contemple, je reviens sur cet entre-deux qui me fascine, je reviens, et reviens, comme une main, des doigts sur une bite, quelle soit molle ou dure, peu importe, je reviens sans cesse, bien loin des bêtises de la lune, ou de la chatte emménagogue des femmes, je reviens sur cette deuxième chatte, cette fente, ce plis, ce gras, ce trou, noir, je reviens, toujours sur ce trou, je commence sur ses seins épais, remplis, je pense, je reviens tout de même sur ce revers, ce repli, cet ourlet, cette épaisseur, ce vide, ce creux, cette fente, cette entaille, cette coupure, je reviens sur ce trou noir.