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Une
jolie lassitude. Gravir les marches de gare de l'Est à gare du
Nord. Je me souviens que c'est sur ces marches que j'ai rencontré
pour la première fois Thierry T., avec Frédéric
V. Je vois la tête de l'un sur Technikart, qu'est devenu
l'autre. Ce qui est étrange troublant souriant, c'est celui qui
rejetait l'image qui fait la couverture, l'autre, plus ambitieux, a
disparu. Tout fusionne autour de moi, mon agence, les branchés
parisiens, une femme que j'aime avec l'homme qu'elle aime, tout fusionne,
moi, j'ai envie de fissurer. J'observais lambinais lisais ce qu'ils
faisaient, Chronicart, Technikart, les Casseurs de
hype
J'aurais dû appeler Bordel, Bordelart
Ils se détestaient, s'envenimaient
C'était comme
ça, ni pire, ni mieux, ni rien, ils étaient sur les mêmes
cibles. Ils fusionnent, c'est la loi du marché. C'est comme ça.
Qui sont les plus forts, les NMPP ! Qui gagne à la fin, celui
qui a la meilleure régie publicitaire !
Dans
cette jungle urbaine, c'est Technikart. THTH en une, un papier
élogieux sur Oliver Rohe. La fusion est impeccable. Je veux des
stock options !
Moi, je gravis ces marches et tombe sur une étrange librairie,
de la littérature tendancieuse ? Je n'ai pas le temps de traîner
les yeux. Je déjeune avec Joséphine au Luxembourg, au
Luco. Dans ma tête, j'ai Ce Lundi-là de Delpech.
Je n'ai pas envie de devenir autre chose que l'homme que je suis. Même
si cet homme effraie la femme qu'il aime. Je me dis que c'est bien un
alibi artistique. Si l'on végète dans un dix mètre
carré à Paris, c'est pas pour faire de l'Art. Non. De
l'Art, on peut le faire ailleurs, partout, à Châteauroux,
à Montauban, Paris si l'on est parisien. Qu'est-ce qu'il y a
à gagner à perdre son âme. Joséphine porte
haut ses seins
Elle déambulera ce soir le long de la rue
Oberkampf, en chantonnant du William Sheller. Son Libération
flottant placidement. Elle repensera à cette flegmatique rencontre,
à ces salades partagées avec cet homme à la jolie
veste Bill Tornade.
François L. m'informe que quelques individus doutent de mon existence.
Mais pas de mon long nez, ils disent bien du mal de mézigue.
Même Hélène que j'avais publiée dans le n°3
de Bordel sur le web. Une jeune fille est plus vociférante, je
suis presque sûr qu'il s'agit d'une amie de Caroline. Je souris,
me gratte le blaze.
Je m'endors avec les " baisers " d'une sylphide blonde.
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