Fabien, Rosaire, Stéphane, Andrew, Sébastien, Jean-Baptiste, Mélanie, Yaëlle, Stéphanie, Olivier M., Camille, Elise, Anne-Laure, Jérémie, Manu, Marc, Célia, Christophe, Aline, Luc, Olivier B., Virgile…

A minuit, Fabien se pointe. Comme je l'avais prédit à Pascal, parti se coucher vers les dix heures. Rosaire, son correspondant Antillais dans la caisse. Dans la caisse, le téléphone de Fabien sonne. Rosaire y répond. Voix grave. Une fille au bout, Camille. Voix melliflue. Je n'arrive pas à mettre un visage à cette ancienne élève de Ferry.

Presque une heure, nous sommes perdus près de Rebais, Gibraltar, où est Champlion ?

Les appels de Fabien restent sans son, ni Camille, ni Sébastien, ni Andrew. Rosaire ironise sur les cent kilomètres parcourus, harnaché à une grosse bouteille de rhum blanc. Je tiens dans ma paume parfumée un citron vert.

Une heure passée de quelques intenses minutes, nous nous garons, un chien aboie à nos pas. Rosaire ouvre la jungle noire. Une grande tour, des haies, des rires derrière. Un chien aussi, un chien qui vient lécher nos mollets. Pas méchant, une balle en plastique en gueule.
Je suis un peu flippé, j'ai peur d'être reçu comme un traître, un sale type, un non désiré. Cœur serré, j'avance petits pas, échine bossue. Stéphane, Camille, je replace enfin son joli minois, Andrew, sautillant, puis, Sébastien, bien hilare. Ça danse fortement, grande ambiance, je pénètre tout petit et me précipite vers un visage confiant, certain, JBB, qui me présente sa charmante amie, dont je n'ai pu retenir le prénom, j'étais encore tout tendu et angoissé de la réaction de … Marc, Luc, Jérémie… Christophe me saute au cou, je commence à me décontracter. Sébastien me présente la délicieuse Yaëlle. Ça va, ça va… Stéphanie est là aussi, avec Olivier, son père, son cousin pour la " night ". " Noche ", car ce soir, c'est soirée espagnole. Je commence à trouver un tempo à ce concerto. J'aperçois Aline, j'ai des images très précises d'elle, une discussion lors d'un cours de math, quand nous étions dans la même classe, en première. Un passé qui passe très bien. J'ai toujours eu un grand respect pour cette fille. J'ai les couvertures du fanzine de son petit frère zélateur frénétique de Japon en tête. Elle m'apprend qu'il est désormais passionné par les pays de l'Est (l'impact des productions Marc Dorcel ?). Je découvre qu'elle est également invitée à l'anniversaire de Stig. Petit monde qui se relie. Une tape sur l'épaule et ça fait du bien, Marc. Les réactions sont plutôt enthousiastes, je flippais grave en arrivant. Mes vieux écrits n'ayant pas vraiment plu. Je savais qu'ils avaient suscités des réactions âpres et sévères. Alors que mon " intention " n'était que geindre de moi-même, et non pas " me venger " de qui que ce soit. Evidemment, le prénom et nom d'Ingrid Borel sont chavirés dans mes tympans, son fils s'appelle Dorian. Je souris pleinement. Rosaire joue au flipper, un flipper à deux à l'heure. Avec de grosses lumières. Sébastien virevolte, il fonce, il bondit, court, la vie continue, et il part bientôt, loin, deux ans, dans le pays des Gingkos plus forts que les bombes atomiques… Il est fort, Sébastien. Une jeune fille joue de son charme hâlé, rosi, hispanique pour nous refiler des flyers pour une pièce. Elle partira sans nous dire au revoir, à Christophe et à moi. " Pour sa pièce, ça sourit, pis, ça se casse sans un petit mot ", un ça très deleuzien dirait Sébastien. Le papillon de nuit nous éblouit puis disparaît sans un dernier battement. Des tsunamis ensevelissent des îles… Je me sens moi ici. C'est le quart d'heure américain, comme au temps de la colo, je suis adossé au jambage de la porte de la cuisine. Ils dansent tous, toutes. Je me sens observateur absent. Un témoin venu du futur, ou d'un passé lointain, c'est pareil. Un homme fort s'est entaillé le doigt en se coupant une tranche de jambon de pays. Fabien enlace. Camille sombre. Tombe. Fabien s'élève.

Ce fut une belle sauterie (de Claude Sautet, homme qui aimait ses amis).

Je fus déposé par Fabien. Je me suis goinfré de petits saucissons. Avec un peu de Gini. Ma maison est vide d'Evian. Des bouteilles bien rangées attendent de finir dans la bleue. Je construis un mastaba d'un amour aoûtien. Qui pique, comme un aoûtat. Je me réveille dard.

Je ne fais pas grand-chose, des lessives, ma chemise blanche à récupérer. Je me tartine de la " Vache qui rit ". Par l'entremise de la pitchoune Eda, Franck R., " le teigneux ", me contacte. Je réponds à ces points, 1, 2, 3, 4, 5. Il est partant. Voilà, une bonne nouvelle. Très Rock'n'loque, le prochain Bordel. Une expression qui avait gaiement plue à Sandrine, cybersiren, " embourgeoisée " dans des bureaux de Iéna. Oh !

Le pêcheur, le lecteur, Laurent me rejoint. J'ai préparé avant son arrivée un café, et sorti une plaquette de chocolat. Il m'offre le dernier Technikart (c'est son imprimerie qui le publie), il prend celui d'été (une autre imprimerie publie ce numéro estival). Il embarque aussi Lola Lafon, FB, Régis Jauffret, Denis Robert, Thomas Gunzig et Jean-Pierre Cescosse.

Le 4 fois 400 gagne de l'argent, nous hurlons, nous sommes bons spectateurs. Il me quitte, retrouve sa solitude. Chacun la sienne ! J'écris des lettres. Un regard triste sur ce monticule plastique. C'est ainsi.