Lundi 16 juillet :
Réveil à 7h.
Depuis que j'ai arrêté "d'enseigner" en janvier dernier,
c'est la première fois que ce réveil sonne.
En général, mon organisme s'éveille vers 8h-8h30, quand
je suis conditionné à aller travailler.
J'écoute Europe 1, pour la première
fois. Je n'écoute jamais la radio, ou alors Nostalgie, lors des courts
trajets avec mon grand-père.
Lorsque je refaisais mon appartement, j'écoutais ces vieilles chansons
que l'on peut si facilement reprendre, avec une préférence pour
le "Premier pas" de Schonberg (Pierre-Michel ?).
J'avais mâté le court de Yann, "Grand Oral", hier soir.
Très bon Philippe Vieux.
J'écoute ce matin sa première chronique, je m'attendais à
celle de "Jaja", il a choisi Loana, sûrement en raison de l'à
propos de mettre en relief les deux interview de ce week-end.
Il compare donc Loana à Marilyn, quel est le pourcentage de chance qu'elle
finisse par sucer Chirac ?
Je ne me rendais pas compte de ce qu'est Europe 1. C'est très sérieux,
voire assez chiant. Les infos me font toujours chier.
Yann passe son texte sarcastique, drôle et intelligent (où il vanne
Drucker avec le coup de la chienne) entre un brave contrôleur de la DGCCRF
et un spécialiste de la pédale. C'est dur.
Mais il a assuré, même dans les bruitages, je suis épaté.
Sur Planète, un portrait sur Frank Sinatra.
J'aperçois une image, sur la scène du Cal Neva, Sinatra, Sammy
Davis Junior et Dean Martin.
Dino, de son vrai nom Dino Crocetti, est l'un des artistes du Music-Hall que
je préfère, "Drinking" est un must.
D'ailleurs l'écrivain "Rock and the Mafia" Nick Toshes sort
un livre sur Dino, ses débuts avec Jerry Lewis, Joey Levitch, ses amitiés
de la pègre, Mickey Cohen, "The Boss".
Sinatra, pour sa part, très ami de la pègre, comme tout le show-business
de l'époque, avait une préférence pour le grand Giancana,
le boss des routiers.
Je m'en fous des amitiés de Sinatra et Martin avec le milieu. Martin
a dynamité l'Amérique de son sarcasme, son goût pour l'autodestruction,
la dérision et le mauvais goût.
Il présage du King, il permet l'essor du Rock and Roll, enfin sorti de
sa spécificité du Blues.
Sinatra, Martin et Sammy Davis soutiennent Kennedy,
un autre gars de la mafia, mais pas le meilleur chanteur.
Donc, en 60, JFK est élu. Sammy appelle la Maison-Blanche pour la soirée
de victoire.
Sammy n'est pas de la partie à la "Party" du président.
La maison est blanche, Sammy !!
Voilà les années 60 dans le pays de ceux qui avaient vaincu les
nazis.
Les années 50, les "bus raciaux", les "piscines raciales",
les pancartes "No Niger, No Jewish", et pas seulement dans le South.
A Baltimore aussi, en fait partout.
Les prophéties (qui ont conduit au Rastafarisme
et à la négritude de Nkrumah) du GRAND Marcus Garvey n'avaient
suffi.
Son héritier spirituel, Martin Luther King, fut un vecteur nécessaire.
Mais c'est l'alliage MLK avec la violence de Malcom X qui fut le plus efficace.
Ce serait intéressant d'étudier le passage de la chrétienté
à l'islam de la population noire dans son combat des droits civiques.
En 1968, soit 23 ans après la victoire
sur l'Axe, les USA ont besoin comme dernier recours pour comprendre que les
lois raciales sont des lois iniques et inhumaines que l'on assassine MLK.
Qu'ils comprennent, je ne sais pas trop. Car au même moment, ils bombardent
le sud Vietnam.
Je pense que le Rock a joué un rôle majeur dans le combat de la
ségrégation des noirs ; le King utilisait les sons du Blues, en
les mêlant à l'ironie européenne, mais la musique et la
voix étaient noires.
Puis le Rock des riffs de Beck, Page, Clapton s'enracinent dans les riffs de
Robert Johnson, celui qui a vendu son âme au diable au carrefour des chemins
(voir le film des Coen, O'Brother
).
Tout vient de là, tout vient du Blues.
1967 est une année bien singulière,
Debord pond sa "Société", Guevara se fait plomber le
crâne, les USA surbombardent les jolies forêts du Vietnam.
Arthur Penn réalise "Bonnie & Clyde", les fameux bandits
des années 20.
Dans ce film admirable et novateur, la violence côtoie la gratuité
et l'ironie, avec le sourire constant de Warren Beatty et le visage angélique
de Faye Dunaway.
Mais ce film, qui retrace le destin de ces amours assassines, est plus qu'un
film "romantique", c'est une plaidoirie contre la société
ultra violente et inégalitaire des USA. C'est de la subversion atomique,
surtout la fin quand d'un buisson des milliers de balles assassinent les deux
amants aux sourires heureux, mais toujours inquiets.
Le film est censuré pour violence ! Alors que l'on faisait la guerre
du Vietnam !!
Je zappe et tombe sur Tony Soprano qui engueule
sa soeur. Dans quel état est la mafia américaine ?
Névrosée dans les "Sopranos" ; Jarmush, dans "Ghost
Dog", les imagine en train de mâter de vieux cartoons, quand faisant
partie de notre passé. La question reste posée.
Je lis l'excellent "papier" de Daniel
sur "Gladiator". Je n'ai pas vu le film, il y a beaucoup de gros films
que je n'ai pas vus.
- Independance Day
- Les Jurassick
- Wild Wild West
- Soldat Ryan
- Gladiator.
Et puis certainement plein d'autres. Pas vu "La vérité 2",
j'ai mis longtemps avant de voir les "Taxi". Le commissaire (Farcy)
et le général (Bouvet) sont excellents. Le chauffeur (Nacery)
bof, très bof.
J'avais envoyé un petit texte pour annoncer
la création du site.
"Etre écrivain, c'est avoir le regard du chat. Un regard qui va
partout.
Un regard indépendant, injuste et solitaire. Faut-il être fou,
désespéré pour rester seul à écrire. Encore
plus que de lire, la solitude de celui qui écrit est "bizarre".
On comprend celui qui lit, c'est pour "passer le temps", pour se "cultiver",
mais écrire, "pour quoi faire ?"
On écrit pour mieux voir, pour mieux se voir aussi. On écrit pour
sortir de la solitude, mais on n'en sort jamais.
"Ecrire", c'est danser, c'est peintre, c'est sculpter, c'est composer.
C'est une danse, une couleur, une musique.
Ce n'est pas un manifeste, ce n'est pas une réponse. Mes certitudes sont
pleines de doute. Je suis de cette "race" des "douteux".
J'ai créé un site, avec le plus de sincérité possible.
Sans simulacre, sans compromissions. Il y a du bon, du mauvais également.
Je tiens à l'équilibre.
Certains sont déjà venus, ont fait part de leurs impressions.
Je les remercie. Un site dont je suis fier, construit seul mais avec l'aide
et les suggestions d'un maître en la matière, Frédéric
Vignale, qui crée de magnifiques banderoles.
J'attends votre regard. "
Donc ce petit texte a suscité de bien
belles remarques, des pistes, des réflexions auxquelles je réponds
avec plaisir.
"La littérature, et toute création, est assez proche de la
schizophrénie.
Personnellement, j'écris pour passer le temps, parce qu'il ne fait pas
beau et que je suis seul dans mon loft. Je pense peu à me dédoubler,
mais je pense que c'est un processus automatique.
Il y a toujours une part de narcissisme à écrire. Le tout est
surtout une question de sensibilité, et d'humour, il est vrai.
Je ne peux concevoir d'écrire sans y prendre du plaisir, comme pour taper
la balle, il faut que j'éclate. C'est un passe-temps, il ne peut être
ennuyeux, ou, il faut faire autre chose."
Je suis assez content des conséquences
des textes, des perspectives de contact qu'ils envisagent.
Ils m'ont permis de lire de bien beaux messages, et d'y réfléchir.