Je bavarde un peu avec Yann. Entre deux bugs, nous parlons de Kafka, de Théophile Gautier.
Je suis dans K. Il est dans Théo.
Il m’envoie son texte sur " Kafka et les jeunes filles " paru dans " Elle ". Je dis oui.
Oui à Dora, Milena, Aurélia, Olivia, Houria… Nos jeunes filles à Nous.

Je trouve que Néo a un côté Théo, veste rouge, écriture fantastique, articles littéraires lumineux... Il y a un petit truc, non ? Qui serait le Baudelaire de ce néo-Théo ?
Reste-t-il des poètes ?

Je n’arrive pas à garder une connexion durable, tout ça est pénible. Notre conversation y disparaît. Gautier, Guitry, Péguy, Proust, Nerval, Kafka s’effacent sous mes incessants redémarrages.
Un message de Régis. Je suis heureux de son Nouvel An " modéré ", car c’est une nuit d’un homme amoureux, et fidèle.

Marre de cet outil informatique qui bégaie en ce premier jour de l’année ; pourquoi une telle liesse pour une journée qui succède à une autre ? Rien ne commence en janvier, ni l’école, ni la sortie littéraire. Alors, que se passe-t-il en janvier ?
Et pourquoi tant de labeur à faire la fête ? Feux d’artifices. Artifice.

Le truc redémarre. Il met du temps à tout vérifier. Sur Paris Première, Sardou chante ses ritournelles. J’aime bien Sardou. J’aime bien les ritournelles, en général. Même si cette journée fut celle de l’écoute du " Symphoman " de William Sheller.
Le documentaire parle de la bataille des anti-Sardou, et de la prise de position en faveur du chanteur d’Yves Montand. Ah ? L’acteur pro-soviétique au secours du chansonnier populaire !
Quelle valeur ? Montand est un imbécile. Si " Z " est génial, merci à Costa-Gavras.
Si " L’aveu " est génial, merci encore à Costa-Gavras. Et surtout merci à Claude Sautet.
Dans les familles bourgeoises du XIXe, des gouvernantes faisaient la lecture aux jeunes enfants. Elles lisaient par exemple Tolstoï, Flaubert, Hugo… Cela faisait-il d’elles des écrivains, des penseurs ? Certaines lisaient mieux, comprenaient intimement les propos de l’écrivain, mais elles lisaient simplement. C’est pareil pour les acteurs, ils ouvrent les lèvres, grimacent, certains mieux que d’autres. Certains dépassent les grimaces et sont de vrais esprits. Montand, nullement. Un branque. Un mime parlant talentueux. Rien de moins. Rien de mieux.
Je ne comprendrais jamais pourquoi l’acteur est celui qui défend le film dans les émissions consacrées au cinéma.

Aujourd’hui, il y a plusieurs choses que je ne capte pas. Mes grands-parents me gavent avec Bernadette Chirac, " première dame de France ". Putain, quelle légitimité a l’épouse d’un président dans une république démocratique ? Je n’en vois aucune, et lui contesterais le droit de loger dans les appartements de l’État. C’est une " liberté " individuelle de se présenter à une élection présidentielle, un choix à faire aussi. Même légalement, j’émets des doutes sur le statut d’une épouse du chef de l’exécutif dans notre constitution. ça me fait chier que sa chasse d’eau soit payée par l’argent publique.

Ce soir, je suis seul, toujours, et je vais me gaver, cela n’est pas coutume. J’avais préparé une fondue bourguignonne ce midi chez mes grands-parents. J’avais vu un peu " énorme ". Il me reste la moitié. J’attends le début du match Liverpool contre Newcastle, et je festoierai footbalistiquement.
Sauce béarnaise, tartare, bourguignonne et mayonnaise. Je suis déjà bien gras, mou, flasque. M’en fous.

Des nouvelles de ma douce circonflexe, seule aussi, elle pars quelques jours. C’est dommage, nous aurions pu être seuls tous les deux ces derniers jours.
Cela me fout le cafard comme ces chansons de Sheller. Encore plus. Tristesse se mêle aux regrets. Si j’avais appelé au lieu de me terrer dans mes songes et autres déceptions…