Lundi 1er octobre :

Idées simplistes sur la notion d'amitié.

"Parce que c'était lui, parce que c'était moi" écrit Montaigne dans ses "Essais".

Aristote, dans "Ethique à Nicomaque", et Cicéron dans "De l'amitié" ont évoqué les liens de l'amitié. Avec académisme, rigueur et théorisation.
Mais les mots de Montaigne pour La Boétie me touchent profondément plus que les traités des philosophes antiques.
L'amitié est un sentiment amoureux. Peut-être plus fort que le sentiment amoureux lié par le désir sexuel.
On tombe amoureux par une sorte de fatalité. Tandis que l'on devient ami, par la connaissance, par la complicité. Un lien durable se crée.
Il n'y a pas de calculs en amitié, pas de tentatives de séduction, pas de stratagèmes, pas de faux-semblants.
En Amour, il faut séduire, provoquer la réciprocité. Si celle-ci échoue, c'est la souffrance, le désespoir.
En amitié, cette situation n'existe pas car l'amitié n'est jamais désirée, elle apparaît de fait.

Récemment, Sophie me reprochait mon "nombrilisme". Sophie a de son côté une idée de l'amitié fortement éloignée de la mienne. Son amitié est temporaire, comme un travail. Une amitié qui s'arrêterait aux horaires de boulot et qui reprendrait ensuite.
Je ne suis pas pour l'amitié partielle !
J'ai une conception absolutiste de l'amitié, est-ce du nombrilisme ? Est-ce du "SaintJustisme" aigu ?
Ce que j'aime dans cette relation de l'ami à l'ami, c'est l'idée de confiance. Judicaël me fait part d'un sentiment, d'une idée, je lui fais confiance. Il me dit , "je ne sens pas ce type", je sais qu'il y a quelque chose de juste dans ses propos.
Mes vieux potes de l'enfance aussi ; on ne se voit plus trop, mais les goûts, les dégoûts sont communs. Il y a une écoute complice ; peut-être pas assez objective.
Mais c'est justement la subjectivité, l'injustice qui font la beauté de l'amitié.

Certains disent que les "vrais" amis sont ceux qui vous prêtent de l'argent (Alexandre Dumas fils). Ils associent l'amitié à un lien matériel.
Mais l'amitié est du domaine de l'immatériel. D'ailleurs, l'amitié reste malgré le temps, l'éloignement, la séparation. L'Amour n'y résiste jamais, il a besoin de s'ancrer dans la chair, le réel, le vécu.

L'ami reste et restera toujours l'ami tant que la complicité d'âme et l'injustice des décisions seront présentes.
On se dispute, on se sépare aussi en amitié. Mais un "ami" sera toujours un "ami" même si au présent, les choses font que la relation "physique" est interrompue. Un lien imprescriptible subsiste tout de même.
Fabien n'est plus dans les faits mon ami, celui que je fréquente. Mais il reste en moi, un ami.
Parce qu'il le fut de longues années, parce que je le fus de longues années.