Les Copains d'abord :

On a les priorités que l'on mérite, moi, ce sont les potes.
Ce soir, c'est Rodolphe, c'est Pascal, c'est Sébastien. Dans l'ordre, puis en bande, à la terrasse d'un café, au bord du canal St Martin, au "Jemmapes" précisément.

Je rejoins Rodolphe à 19h devant le Mac Do de Répu, on marchouille jusqu'à vers chez "moi", on boit un verre dans un café en face du cirque d'Hiver.
Sur notre passage, on a croisé et salué et un peu discuté avec Charles Pépin, le bon samaritain de la rue des Francs-Bourgeois.
Une pression for me, un Casanis pour Rodolphe, y a pas, ok, un Ricard. On reste pas longtemps à ce café, parce que Rodolphe a vexé le serveur en se moquant d'une femme qui semble être l'une de ses amies et parce que les filles sont rares par ici. Je pose mes affaires au studio et on repart vers Répu. À la terrasse de la rencontre avec CP. Le petit gars n'est plus là, il est repartit avec son manuscrit, qu'il vient de finir, bientôt chez Flammarion. Que des beaux gosses chez le gros Sorin, Zeller et Pépin. Pas encore complètement fumé, ce vieux Hareng de Raphaël !
J'aime pas trop ce prénom depuis l'épisode Fanny et de son cabotin de petit copain. Mais bon, c'est un bon vendeur de livres et il a l'odorat précis (voir la marchandise "Houellebecq").

Je suis touché par la grâce, tandis que Rodolphe s'évertue de boire son Ricard triple triple doses, et que ma bière chaude s'évapore paisiblement. Euréka, on va aller boire du côté du canal, c'est tout de même mieux que ce quartier ignoble et bruyant.
Je finis ma pisse chaude et il laisse sa soupe à l'anis. On trottine vers le canal, dans l'idée de terrasser chez Abdel, le café que je cherchais en vain lors du rendez-vous avec "Sandy". J'ai de la suite dans les idées, de la persévérance. Et oui.
On terrasse donc, à l'ombre, dans ce café tranquille. Je pose un message à RC, pour qu'il nous rejoigne. Mais pas de réponses. Pascal débarque, lui, il habite tout à côté, à Belleville.
Un petit verre chacun, que je paie 10 euros, un peu arnaqué sur ce coup-là. On n'y peut rien.
Et on suit l'indigène du coin vers un Turc-Grec nickel, à nous le festin de grosses frites, de pain épais et de viandes grasses. Youpi !

Sébastien nous appelle, il vient d'acheter une nouvelle moto, plus de Triumph, une Ducati !
Il arrive, on a rendez-vous à un petit bar près du canal. Nous voilà repartis. Le motard est déjà là, ainsi que plein d'autres gens que nous ne connaissons pas. Un groupe de filles, peu de chances que l'on aborde. C'est pas notre spécialité. On s'installe dehors, à la fraîcheur du canal, au silence de la rue. Tout le monde a une chaise, sauf moi. Je préfère rester debout et gesticuler. C'est bien de gambader comme ça.

Vers minuit, le motard étoilé, argenté et comblé vroume jusqu'à chez lui. Pascal remonte à sa belle ville, et Rodolphe et moi, vers République, le métro pour l'un, une petite marche pour l'autre.
Il n'y a que nous, ce soir, à Paris, sur les trottoirs. Une étrange sensation. Un bien belle sensation aussi.