Pour la première fois de ma vie, je n’ai pas de rentrée de scolaire. Et ça fait un bien fou ! Comme pour mon premier été à travailler non-stop, ça change un peu ma vision de l’avenir. Les choses peuvent bouger.
L’été à Paris. Les semaines ont passé à une vitesse d’un « road runner ». Me voilà en septembre. Le mois de ma naissance, de mon anniversaire donc. Le mois de l’été indien, de mes plus belles journées, de l’anniversaire de grands amis, le 12, Éloïse, le 13, Jean-Paul, le 20, Sophie, le 21, Fred, David, le 25, et moi, le 29.
Et aujourd’hui, le 2, nous sommes la Sainte Ingrid. Premier amour. Grosses cuisses convoitées. Perdues à jamais. Enlaçant un plus beau que moi à l’embouchure de la Garonne, pauvre celui qui est laid.
Septembre reste tout de même mon mois préféré. Ce soir, je rentrerai chez moi, je regarderai ma boîte à lettres, vide, et j’allumerai le poste de télé. J’attendrai la rediffusion de l’émission de Beig sur C+ bleu. J’écrirai un peu, comme toujours. De moins en moins depuis quelque temps, tant de choses en tête, et la conscience d’être lu, cela brise un peu mon élan. Je n’ai plus vraiment le flot spontané du début. Je me sens dans la peau de ces « petits hommes qui aiment écrire », pour reprendre une formule de Michaux.

Ce matin, je jette un coup d’œil sur l’émission de C+. Je ne suis pas surpris de la catastrophe, Nicolas Deuil et l’autre petite aux cernes jusqu’aux genoux sont encore moins drôles que Leymergie, c’est dire l’abysse du duo !
Pas de rythme, pas d’énergie (sur M6, y a le « Morning Live »), rien, rien de rien dans ce décor en carton. Les « télétubbies » étaient bien plus funky !
La chaîne devrait plutôt passer des séries, des cartoons que de casser son image (ce qu’il en reste) avec ce binôme de merde. Farrugia, si tu me lis.

La semaine s’annonce exaltante. Avec le train à prendre le matin, et puis le soir, forcément. Je dois manger avec Yann le midi ; il me conseille de lire l’article de Frédéric dans « Voici ». J’achète donc pour la première fois ce magazine. Quoi ! Jenifer est partie à la conquête de New York ! Et Barthez sort avec une petite qui ressemble à la petite Audray ! Trop de la balle ce truc !
Bon, Fred n’y va pas avec le dos la cuillère, et a la plume large et généreuse. Il encense le livre de Yann, avec un joli portrait en plus. Différent des propos de la veille de Viviant, dans le « Masque et la Plume ». D’ailleurs, je me demande d’où vient la légitimité, la crédibilité de ce petit farfelu ? J’ai jamais rien lu de bien de ce farfadet désagréable. Il a co-fondé la revue « NRV », et l’a plombé aussi. Bizarre comment ce type fait pour surfer sur la vague de la société du spectacle. Il connaît son Debord illustré, on ne peut pas lui retirer ça. D’ailleurs, dans un pamphlet contre les journaleux, Debord le cite comme exemple de sale bonhomme journalistique. Je me contredis là, non ?

Je retrouve Yann. Tout content, serein, le livre fait son chemin, enfin la promo. Il s’est fait cassé par Pliskin dans le Nouvel Obs et donc par Viviant. Technikart est moyennement sympa, le plaçant parmi ses amis. Mais vicelard, l’attaque sur son « manque d’humour » alors que Podium est un livre d’humour. Petite cuillère, en rugby, ça s’appelle.

Il me parle de mon journal en ligne, me demande si j’ai déjà pensé à le publier, je ne lui parle pas de l’idée de Nicolas Philippe (idée fugace d’un jour), si je ne pourrais pas le publier dans Tech par exemple. Jamais pensé, et cela ne m’intéresse pas pour ainsi dire. C’est bien mieux ce medium libre qu’est le Net.
Bon, c’est sympa de sa part de s’y intéresser. Ça m’enchante plus que de le publier en fait.
On parle de la revue, je le tiens informer de l’évolution du projet. Il trouve ça très bien le recentrage littéraire. On s’accorde sur le nom, Fred, Éric, Yann et moi, all right, sur un nom autre que le RAGE mort. Il faut que je le teste sur Régis aussi.
On discute d’un peu de tout, de sa mésaventure « Bodoï » (publié malgré lui), de son film, de son casting, d’un possible « Couscous », on évoque un tel, mais on ne s’accorde pas sur un nom précis. Enfin, Poelvoorde fera Bernard Frédéric, ça c’est sûr. Il m’apprend que Frédéric Lopez et son équipe suivront le tournage toutes les semaines dans l’émission du petit canut.
Tout ça est plus que cool !
Faire un long et refuser RDRG ! Si c’est pas royal ça !

Le train, retard au départ, s’arrête tout le temps, roule au pas, se pose en campagne, reste dans des gares. J’écoute un vieux brigand qui frime pour se taper une trentenaire toute fraîchement maman en lui sortant un monticule de conneries, du genre « Schumacher sur la voiture de Villeneuve, il serait nul aussi ». La femme, gentille, acquiesce, elle qui a assisté au week-end F1 de Magny-court.
J’arrive chez moi, nrv, vnr, et je suis bien trop naze pour aller faire du vtt comme je l’avais prévu. Je décide de mater l’émission de Beig ; dans le bus, j’avais eu un appel de Yann me disant qu’il s’en était bien sorti.
Bon, je veux voir. Je dois attendre 23h30, car mon magnétoscope a merdé.
Ce que j’écris à Beig après :

«
Titre : Ek-cellent

Je viens de voir ton émission sur C+bleu, impressionné (et pas seulement par Miss Boobs), Lambert, pétillant à souhait, toi, nickel. Grave bluffé !
Du rythme, ça passe tranquille (à l'inverse du gnangnan vu le matin avec Nicolas Deuil). C+ est sauvé !
C'est pas NPA, comme dit Gildas, mais je suis conquis !

Congratulations, ils disaient dans les vieux jeux d'arcade !
Congratulations Fred (en mode pro)

SM »

Vraiment, je suis surpris par la décontraction et le rythme assez soutenu du truc, et c’était la première. Et même sur le fond, ça passait bien. Et puis moi, dès qu’on marie le caca à Valérie Larbaud, ça me touche. Je suis un scatophile intellectuel. Ou un intellectuel scatophile. À lire, pour les bambins, un livre que m’avait offert Valérie, « Premier Amour » de Beckett, aux Éditions de Minuit.
Premier Amour, Ingrid Borel, Merde !