Une journée à vive allure, comme dans un film avec Charlie Sheen ; fini la répétition avec Bill Murray, et la sublime Andy MacDowell.
J’ai vraiment une fâcheuse tendance à user du " sublime " à tout va, à tomber amoureux à toute rame, ou voir la femme idéale à chaque sortie d’escalator. Mais je pense sincèrement qu’il y a en vraiment autant, de femmes sublimes.

Je n’ai pas lâché mon livre, accroché à mes yeux, comme Olivia à mon cœur, comme la frustration à ma vie.
C’est trop bon. C’est Tébé. Je lis à l’arrêt (du bus), dans le bus, en marchant sur le parvis de Chessy, sous les vents de Gehry (bravo !), sur le quai ; je suis ce " Paul ".

Je me suis promis de contacter Martin, Nico et Philippe, d’envoyer des SMS gratuits par un serveur web à de jolies filles de mon répertoire que je suis trop couard à appeler en vrai.
J’ai pensé que je pourrais écrire à Rabéa, de ce fil arabesque, m’étendre jusqu’à " miss monde ", sa sœur, Dabéa. Rêve berbère. Harem de l’unique beauté, la gazelle sacrée, patati et patata.
Pour le moment, je suis adossé à un énorme pylône, de temple égyptien, lisant la vie d’un autre, qui est bien souvent moi.

Je pense à Hatchepsout, je pense que les frères couchaient avec leurs sœurs, au Nouvel Empire, que les princesses étaient baignées de lait et d’onguents, et que je suis bien déséspérement fils unique.
Je lève un instant mon nez, long, de mon petit livre blanc. J’aperçois un groupe de trois personnes, une petite métisse rigolote à lunettes carrées, un grand rigolo à lunettes rondes et une merveille à prénom Rabéa. Je ne suis pas vraiment sûr, car je suis bien trop myope pour être certain de moi.
Je cligne des yeux, je fais un clin d’œil quoi. Elle me répond, mais ne bouge pas de son cocon d’amis. C’est bien elle. C’est Cyril qui sera étonné de cette coïncidence.
J’y ai pensé la veille, et aussi avant de m’endormir. Oui demain j’enverrai un petit message à la belle Rabéa, et puis che sera sera…

Et là, elle est devant moi, et moi, bêta, je replonge dans mon livre. Le RER est en retard, il est 8h34, il devait partir à 8h24. Nous avions dix minutes données par ? pour discuter, et je joue les intellos-lecteurs. Misére. Misère. Bien plus que sexuelle. Tout est à refaire.

Le train pointe sa face de vers. Je suis la foule, nombreuse avec le retard. Je me retrouve à suivre la bande des trois, à suivre la reine. Je m’apprête à m’asseoir seul lorsqu’elle me propose de venir les rejoindre. La bande des quatre du RER. Je salue les deux autres, Benoît, descendant à Lognes, et ?, descendant à Vincennes. Rabéa, elle, s’arrêtera à Noisy-Champ. Elle est inscrite à la fac, en sociologie, mais avoue son envie d’arrêter, de faire un BTS, dans le commerce.
Mais qu’est-ce que cela veut dire “commerce” ? C’est quoi au juste ? La fille qui accueille le client, la vendeuse, la caissière, la chargée de clientèle, la chef de projet, c’est quoi bordel “faire du commerce” ?
Je tente de la motiver à faire un double cursur, BTS ok, et sociologie en contrôle final. MAIS elle n’a pas le temps, tiens Cyril, un point commun. C’est gagné, vieux.

Je me retrouve avec la gentille jeune fille étudiante à Créteil, en droit. Bien rigolote, on discute de tout et de rien, de Coulommiers, de Vaux, son quartier, de la côte qui monte à la forêt derrière, de l’arrêt de bus qui était loin, et déjà Vincennes.
Rabéa est vraiment une très jolie fille ; je préfère tout de même sa sœur, avec qui me dit-elle, elle s’est engueulée “grave”.

Coïncidences ou pas ? J’y ai pensé et hop la voilà. Mais j’y ai pensé souvent, et hop rien. Il y a plusieurs facteurs réels à ce rêve. C’est la rentrée des facs donc pour aller à la fac, on prend le RER. Mais elle était de mon côté, elle a choisit la gauche de l’escalator. Une chance sur deux.
Rien de magique. Elle est étudiante, prend le RER, et voilà, pas à chercher des explications ésotériques ou annonciatrices.

La journée est enjouée. Oui voilà, elle est enjouée. Je dois déjeuner avec Nathalie, jeudi, et terrasser avec Bénédicte, vendredi, j’ai rencontré Rabéa, et je me sens bien en ce mercredi.
L’après-midi est entrecoupée d’un appel d’Alain Soral (Bon anniversaire) pour me signaler le passage de son film sur C+, son anniversaire, et prendre des news de mes projets, d’un appel de Sylvain Monier (avec un ou deux “n”) qui me propose de déjeuner lundi midi, ne pouvant rester le soir, et un mail de Jaenada, tout pétant de forme, pour la revue. La journée est riche en bonnes nouvelles. Tout ça me plaît assez.