Mon mois de février n’est pas un gruyère suisse. Je n’ai pas pu écrire tous les jours, privé d’ordinateur.
Mon Mac est une épave, et les types me réclament 650 euros. Avant, Orange me réclame 1000 euros.

Heureusement, entre les deux, le livre de Valérie. Je le reçois avec la plus belle des dédicaces, car elle parle d’amitié. De complicité. Et je me dois de l’appeler, même si je n’aime pas téléphoner. Une sorte de peur immuable de déranger, d’être rejeté. C’est assez bête, je le concède.

Au téléphone, on papote. Des sonneries. Elle répond. C’est Héloïse, une amie de Justine. Première fois. On, NOUS, y voit un signe. Le lendemain, je demande à Beig de filer mon manuscrit à la fille sévère qui avait descendu le petit égotiste de la dernière fois. C’est fait me répond-t-il.

Février fut un drôle de mois. Épris, toujours, de cristal, de biche. Un mois de fièvre. Mes yeux sont rouges, et chauds. Ma tête est lourde, pleine et fatiguée.

Le site de bordel est en ligne, déjà des textes reçus. Je les lirai ce soir dans le wagon. Je suis heureux et impatient. Valérie me rassure. Mes amis me rassurent. Je n’arrive pas à me prendre au bonheur. Au sérieux du bonheur. Qu’il est sérieusement envisageable que je sois heureux. Prochainement.

Je réponds à tous, à toutes. J’essaie d’aider mon prochain. Olivier est habillé en prêtre. Olivier a une tête ronde de chrétien. Il ne croit pas en dieu. Comme quoi, la physiologie me fait dire n’importe quoi.

Je suis morose, avec des reflets bleus. Je tente de rester à la surface de ce bordel. Je fais la planche, je ne sais pas nager.

Une lumière, la vigie, celle du port au loin, de l’embarquement pour Serendipe ?
Un message tendre, comme un fromage suisse, de Diane.

Je fonds le reste de l’après-midi. D’un Faune.