Il est 20h34. Je reprends la rédaction de cette page quotidienne, ma relation avec l’autre, avec moi, peut-être une lectrice, une femme.
Il est 20h34, et j’écoute " Fanny Ardant et moi ". J’ai encore les doigts plissés, les bouts, par la vaisselle. Mes mains sentent le bon, le frais et le propre. J’ai lavé les verres, les assiettes, les couverts des trois derniers jours. D’une oreille, j’écoutais le commentaire du match du PSG. Mon portable est en évidence sur la planche à repasser, mon t-shirt bleu Diesel sèche encore. Rodolphe peut m’appeler, il a essayé à 18h59. J’étais alors dans le train, où j’ai rencontré Virginie, la jeune fille mignonne qui déglutit du Tex-Mex dans l’une des chroniques infâmes.
Nous avons discuté, je suis étonné de ma facilité à parler comme ça. Moi, le timide. Moi, le bégayeux. Elle a rougi en me voyant, m’a accueilli avec sourire et petite gêne agréable, pour mon ego. Elle ne semble avoir lu mes immondices. Tant mieux. Si, oui, le " prestige " de l’écrivain a joué en ma faveur ; même ignoble, cela reste de la " littérature ". Quelle mascarade ! Quelle imposture ! Tout ça est bien risible. Je suis la meilleure blague que je connaisse, la seule, l’unique que je n’oublie jamais.

Ce fut une journée mélancolique, nostalgique, " revival ". Ce midi, j’ai déjeuné avec Nathalie. En discutant ensemble, nous nous sommes aperçus que cela faisait presque trois ans que nous nous étions revus. Plus le même mec, mais le même appartement, tout près de Renée Le Cam ; j’ai eu la joie, encore, de recevoir des mails de mon Clinclin. Demain, n’oublions pas les FJ Ossang à la Cinémathèque, de Paris, me précise-t-il. Parce que j’étais déjà parti à Toulouse, je ne suis pas bien malin, souvent.
Avec Nathalie, on a fait du name-dropping briard : Stéphane Lairaudat, Cédric Lamy, Cyril Lejeau, Guillaume Godard, Rodolphe, Christine, Sophie, " Grungy ", Cynthia, Lionel, Sébastien Olivet, Parent, la Libé, Yann Calarnou, Yann " l’autre ", Fabien, enfin. Fabien qui n’a pas trop changé, hormis qu’il n’est plus mon meilleur ami effectif.

(Et Jean-Paul, mon vieux " Paul ", avec qui j’ai mangé des pizzas, mercredi soir, une " Berrichonne ". La veille, une " Auvergnate " avec ma mère, et ce midi une " quatre fromages " avec Nathalie.)

J’avais pris le bus avec le petit blond (adolescent de physique, de 24 ans), fan de " Fame " et de " Star War ", m’étais retrouvé entre deux filles, la " ? " de la veille, toujours aussi rigolote, et une petite de Touquin, au petit cul comme un chas d’une aiguille.
Les choses avaient bien commencé. Sur mon First Class, des mails de Loubna, en colère contre Cyril. Je prends la défense de mon petit Ness-Ness. Avec humour, pour ne pas froisser la Belle, qui semble bien réceptive à mes prouesses linguistiques, à défaut de linguales.
Vraiment, je suis lyrique, drôle, fin et brillant. Quelle déception, lorsqu’elle verra la bête ! Rostand n’était pas un fou.

Tiens Rodolphe bigophone, il est 20h50. Et aussi un mail de Cyril qui me dit qu’il a dîné avec " guigui godar + glanpine ". Rodolphe est à Paris ; je le sens triste. Mais que s’est-il passé dans sa vie ?

Je n’ai toujours pas rappelé Martin Page, j’ai honte. J’ai honte, mais je le ferai demain. Demain, vendredi, ce sera bien. Je sais que je verrai la belle danseuse pastel du bus, et que le midi, je terrasserai avec la pile énergétique de Bénédicte, ma douceur frénétique.
Vivement demain.

" Elle repense à ce film
Qui se passe à Deauville
C'est un peu décevant
Deauville sans Trintignant "
VD