Samedi 3 novembre :
Damnation ! J'en ai marre de me lever à
midi chaque jour, d'émerger et de manquer la matinée.
Surtout qu'en ce moment, il fait un temps magnifique. Je pourrais petit-déjeuner
correctement, écrire un peu, mettre des idées en place, puis avant
de déjeuner, je ferais un tour de vélo, paisiblement.
Mais non ! Je me couche à quatre heures et loupe ainsi de bien belles
journées. C'est plus fort que moi, après avoir vu la rediffusion
d'un vieux film (Vie privée, Casablanca, La nuit américaine, Bernie),
je tombe inexorablement sur le journal de la nuit de l'équipe tv.
Je suis attiré par ce journal en boucle comme les compagnons d'Ulysse
par les enjôleuses sirènes. On pourrait l'appeler Himéropa
("douce voix"), la sirène qui est responsable de mes insomnies.
Mais son vrai nom est Isabelle Moreau. Elle co-présente un journal d'informations
sportives chaque soir, ou nuit. Je ne sais pas trop quand commence les multidiffusions.
Elle est trop mignonne, toujours un magnifique sourire. On a l'impression qu'elle
passe son temps à se marrer. Son sourire m'évoque celui de Nicholson
dans Batman. Cela peut paraître peu flatteur d'être comparé
au "Joker", mais elle a un si large sourire, un sourire sans fin.
Personnellement, je fonds, je suis hypnotisé par ce sourire. J'en éclate
de rire, de joie en y pensant, en écrivant ces mots et en la visualisant
dans ma petite tête cathodisée.
Cette bouche à joie, à rire, malicieuse, ensorceleuse n'est pas
le seul attrait de cette diseuse de résultats sportifs ; d'ailleurs je
commence à être un pro dans tous les sports. Himéropa a
une douce voix, un truc qui rend dingue, qui vous fait trépigner sur
votre canapé. Un petit son hypnotique, reposant et si plaisant. Les scores
du volley féminin deviennent une mélodie incomparable, je réécoute
le classement de la Ligue des Champions en oubliant le contenu et en me nourrissant
de sa voix.
Elle n'a pas seulement un sourire et une voix, elle possède un regard
"Tautouiesque" ou "Tautouien". Elle fait penser à
Audrey Tautou, dans sa façon de parler, un peu "patois", manquant
d'élégance "classique" mais si déroutant, si
captivant. Son regard est plein d'intelligence, de gentillesse comme celui d'Amélie
Poulain sur les affiches qui peuplent les murs de Paris.
C'est un pur bonheur cette "Isabelle Moreau", un peu comme Bardot
dans "le Mépris" ou Hayworth dans "Gilda". Je reste
fasciné. Il y a une captation de l'ordre de l'Art. Je ne peux m'empêcher
de la regarder. Au passage, je m'informe sur des sujets qui m'intéressent,
mais c'est vraiment secondaire.
La beauté est la seule vérité. Elle crée des émotions,
et pour ça, il n'y a pas de logique. Dans mes journées sombres,
d'un zapping, je passe de l'ubac à l'adret. Tout simplement, sans effort,
une radiation de joie dans la face.