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Hier soir, Cyril mapprend une nouvelle tragique, la mort dune
jeune fille. Pas nimporte laquelle. Une jeune élève
que nous avons connue. Une fille dune beauté rare, à
la " Monica Bellucci ".
Éloïse, comme le personnage de ce roman commencé
il y a si longtemps, et qui aurait dû être fini depuis des
mois déjà. Quel drame !
Dans mon roman, lhéroïne se prénomme Héloïse,
avec un " H " comme dans la nouvelle. Mais cest cette
jeune nymphe, de 17 ans, qui ma inspiré le destin tumultueux
de la jeune Héloïse.
Éloïse était atrocement belle, atrocement désirable,
atrocement naïve, bête et belle. Elle aimait les racailles,
même si Lolita, elle mavait déclaré sa flamme.
À moi, le jeune homme drôle et vieux que je représentais.
Elle sétait promise, et mavait conseillé,
voire ordonné, de méclater sexuellement jusquau
jour où elle pourrait être à moi. Amour bateau de
cours de récréation. Cela mamusait. Cela me rendait
un peu fier aussi. Elle était si belle. Elle était, malheureusement.
Morte, dans un accident de voiture. Avec une caillera certainement.
Une merde de branleur à la main de Fatima dans ta gueule de cul
en lair ! Denculeur de porc !
Japprends
la mort dune petite, que je citais lundi 2, que je me réjouissais
dappeler le 12, pour son anniversaire, et je ne réagis
pas. À la limite de la blague cynique, du genre de toute façon,
javais aucune chance. Mais quel connard !
À force de ne pas aimer, on perd tout sentiment de compassion
? La solitude rendrait-elle si insensible ?
Cyril nose pas prononcer le mot " mort ", ou ici, le
mot " morte ", elle est partie, me dit-il, la gorge serrée.
Mon ami, que me dis-tu ? Cela te fera peut-être finir le roman.
Le brûler ce torchon ! Je ne sais pas. Je comptais le dédier
aux deux (H)Éloïse de ma vie. Lune est morte, et lautre,
je ne la connais pas.
Je
narrive pas à ressentir un sentiment de tristesse ; et
même, je crains que la déception de ne pouvoir jamais la
baiser est plus fort, et unique, que le sentiment daccablement
naturel à lannonce dun tel malheur.
Je repense à ses grands yeux, amandes aux cils frétillants,
bruns bambi, miel Winnie, à sa grande bouche aux lèvres
épaisses comme les gommes fraises de mes cours élémentaires,
à ses pommettes timidement tachetées de rousseur forestière,
à ses longs doigts de joueuse de syrinx, à ses seins modelés
par Dieu lui-même, et à son cul coupé par Lucifer
en personne.
Elle est morte. Et bien plus encore, mes dernières illusions.
Où
sont mes larmes ?
Je pleure pourtant. Je pleure devant Benichou qui retrouve sa boîte
à enfance. Là, je pleure. Quel monstre étrange
suis-je ?
Où
sont mes larmes, ma douce Éloïse ?
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