Jeudi 4 octobre :
Une journée avec Yann Moix, Frédéric
Beigbeder, Alain Robbe-Grillet, Jean d'Ormesson, BHL, Salman Rushdie, Pierre
Assouline, Arnaud Viviant et des gros seins rebondis.
À la recherche de la rue Pierre Charron.
Je descends au RER Etoile. Je prends bien évidemment une mauvaise sortie,
le soleil m'aveugle rue Friedland. Je suis au pied de l'arc de Triomphe, à
l'autre bout de la plus fameuse avenue, une roue géante.
Je marche, devant Mac Do, devant Séphora, devant la FNAC, devant le Queen,
devant Virgin mais pas de rue Pierre Charron. Je regarde sur un plan sous un
arrêt de bus, je manque le passage de deux pervenches. Zut !
Le plan est incompréhensible. Je ne retrouve pas les mêmes noms
de rues sur les panneaux des rues que je croise.
J'aperçois un postier, je lui demande ma route. Il est 11h. La rue Pierre
Charron est de l'autre côté, en face le Virgin d'où je venais
justement.
Je ne me souviens plus du numéro, mais
bon, les cabarets ne sont pas légions dans cette rue. Je l'espère.
Je tourne en rond, rue Marbeuf, rue François 1er. Je retombe sur le cabaret,
il est 11h15. Comme prévu.
Je donne mon nom, sésame essentiel. Je confie mon sac à Félicie,
la fille du téléphone. Elle est moins jolie que sa voix avait
laissée présager.
Deux types hyper "hype" discutent. Ils se demandent sur quelle chaîne
passera l'émission. C'est un comble, c'est deux manches ne savent même
pas où ils se trouvent. La salle d'attente est pleine, cinq grand-mères
forment un fan-club à Jean d'Ormesson, deux relous font des bruits de
croassement, des petits gars ridicules font les cent pas, une belle brune avec
des grosses pêches. Pour ma part, je suis assis sur le bord de l'estrade,
le cul sur une vieille moquette rouge. D'ailleurs, la salle est rouge, tapisserie
rouge, moquette rouge, de grosses portes molletonnées en cuir noir par
contre.
Les spectateurs sont appelés à
descendre (la salle étant en sous-sol). Un type m'installe. Je suis assis
face à la scène, près du prompteur, en compagnie d'une
charmante métisse (qui avait été séparée
de son amie). Elle ne connaît pas l'émission, ni le genre, ni le
présentateur. Elle est venue voir un tournage. Ils sont plusieurs (la
majorité) à être venus "comme ça".
Robbe-Grillet est ronchon (trop de lumière
etc.), d'Ormesson a l'air espiègle. À première vue.
Mais Robbe-Grillet s'avère plus malin, plus charmant et charmeur que
le petit Jean. Il est impressionnant. Moi qui le trouvais chiant au lycée,
je crois que j'ai loupé quelque chose. Un type aussi fin ne peut pas
être un écrivain emmerdant.
J O : "Il y a des contradictions dans ton livre ?"
A RG : "Oui, peut-être"
"J'écris pour moi. Houellebecq écrit pour ses lecteur"
Brillant.
D'Ormesson se rattrape, charme une jolie brune
(celle avec des obus magnifiques) qui pose une question. Puis, il se retrouve
menotté à Estelle Dessange qui lit un passage "érotique"
de son livre. Il finit par baiser ses genoux, tel un vieux cabot.
Robbe-Grillet ne lit pas son passage au prompteur. Il lit son livre, avec un
peu de gêne, d'explications. C'est autre chose Robbe-Grillet.
Midi, de retour Rue François 1er.
Je retrouve, après quelques tribulations téléphoniques,
Yann. On mange ensemble. Je découvre encore un nouveau Yann, un type
sympa. Il m'offre le repas. Je lui revaudrai ça.
On parle de l'affreux Arnaud Viviant, sur le moment c'est anodin. Nous sommes
salués par un type de show-biz, Dominique l'agent de Marceau (drôle
! En mangeant ma quiche du soir, je le vois pour la first time au Burger Quiz).
Rushdie et BHL :
Salman se lève pour lire (en anglais). Il est près de moi. Il
ressemble à "Dilbert", petit, bedonnant, chemise blanche et
pantalon à pince. La tirette de sa braguette dépasse de son pantalon
à plis noir. Sa lèvre supérieure et intérieure est
collée à sa dentition.
BHL parle, j'aperçois un énorme postillon s'abattre sur sa manche
droite.
Devant moi, une jolie brune, énormes seins ronds, jolies jambes brillantes,
beaux yeux bleus ; une jolie blonde, très grande, super cul (elle se
caresse la cuisse gauche en posant sa question à Rushdie), magnifique
et plantureuse poitrine ; et aussi une Indienne à Wonderbra et une latine
très voluptueuse. Que des bombes !
Les bombes de la fatwa de Rushdie, les bombes des attentats pâtissier
de BHL. Terrible parallèle de l'intellectuel engagé.